"Quand on va à la montagne, on la respecte ! " Alexandra Debas, l'influenceuse aux 14 OOO followers, utilise ses réseaux pour rappeler les règles de bonne conduite

Interdiction de baignade, ne pas sortir des sentiers, éviter de nourrir les animaux sauvages... des règles que les randonneurs continuent d'ignorer aujourd'hui. Alexandra Debas, tente d'inverser la tendance avec les contenus qu'elle diffuse sur les réseaux sociaux.

« Je suis la première à dire que la nature est mon terrain de jeu, mais il y a terrain de jeu et terrain de jeu. Si ça veut dire faire du bruit, crier, courir hors des sentiers, etc. alors c’est non ». Alexandra Debas est suivi par près de 14 OOO personnes sur Instagram. Avec ses photos et ses vidéos, elle sensibilise à un tourisme plus durable.

« Quand on va en montagne, on n’est pas sur un terrain de foot à faire n'importe quoi. Il y a de la faune sauvage, donc on parle tranquillement, on ne chahute pas. Quand on vient en montagne, on respecte aussi l'environnement, dans tous les sens du terme », ajoute la jeune femme, photographe passionnée de montagne.

Interdiction de baignade, ne pas sortir des sentiers... beaucoup de règles ignorées 

Pas de baignade dans les lacs de montagnes, consulter la règlementation d’utilisation des drones, ne pas sortir des sentiers, … toutes ces règles, les randonneurs ne l’appliquent pas.

« Il y en a qui vont se laver dans un lac d'altitude, encore plus un lac qui est soumis à un régime glaciaire, c'est-à-dire qui a de la neige l'hiver », explique Alexandra Debas. « Ce sont des lacs qui sont très cycliques, avec des espèces qui sont très très fragiles, parce que justement, comme elles ont de la neige un grand moment de l'année et peu de temps pour dégeler, on retrouve des micro-organismes méga fragiles. La moindre chose que l’on puisse faire dedans, le fait de brasser la vase, le fait de marcher sur un site de reproduction aux abords du lac, même invisible soit-il, ça peut les bousiller », ajoute la jeune femme qui en a fait un post devenu viral sur LinkedIn.

Les micro-plastiques présents dans le maillot de bain, les substances que l’on retrouve dans la crème solaire, tous ces éléments nuisent à l’écosystème présent dans le lac. Ces comportements ont d’ailleurs une incidence sur l’absorption du surplus de carbone dans l’air, anéantie lorsque la vase empêche à la plante de se nourrir par la photosynthèse.

La créatrice de contenus alerte également sur les dangers de la surpopulation en montagne, notemment du fait de la diffusion d’images sur les réseaux sociaux, qui perpétuent de mauvais comportements. « Aujourd’hui, il y a encore des comptes hyper influents qui incitent à de mauvais comportements, comme la baignade en montagne, alors que les offices de tourisme s'arrachent les cheveux pour que ça cesse ».

Inverser le rôle des réseaux sociaux

La passionnée de sport outdoor a décidé de se consacrer à plein temps il y a maintenant un an à prendre le contrepied de ces contenus. « J'en apprends à chaque fois quand je discute avec des professionnels », confie la jeune femme qui souhaite partager ses connaissances.

D’infirmière, Alexandra Debas est passée ambassadrice Savoie Mont Blanc grâce aux différents tags présents sous ses vidéos postées en amateur, jusqu’à devenir éclaireur pour Auvergne Rhône-Alpes tourisme. Aujourd’hui, elle possède la certification influenceuse responsable, un diplôme qui identifie les créateurs de contenus pour leurs engagements éthiques et de transparence.

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La jeune aventurière s’est rendu il y a quelques mois au bord du lac de la Muselle, un endroit très fréquenté par les touristes en hiver, pour filmer l’envers du décor. « J'ai dit, 'regardez là, c'est beau, il est chouette mon emplacement', ensuite, j'ai fait un 360 et j’ai montré les 70 tentes qui étaient derrière moi ».

Un coup de poker qui a fonctionné, puisqu’il a dissuadé les bivouaqueurs, ceux-là même qu’elle voit uriner dans les lacs, donner à manger aux animaux ou laisser des déchets après leur passage, de se rendre sur le lieu.

« Il faut faire preuve de bon sens »

Se renseigner. C’est tout ce que l’influenceuse éco-responsable invite à faire. Elle le fait quotidiennement et a d’ailleurs découvert l’existence d’une autorisation de bivouac dans certains massifs. Un document que les randonneurs, après avoir dûment lu les bonnes pratiques en montagne inscrites dessus, doivent être capables de présenter lors d’un contrôle.

Car elle le constate, les jeunes sont de plus en plus nombreux à emprunter les sentiers montagneux… sur un coup de tête. « C’est justement ces jeunes-là qui viennent avec de la musique dans le sac à dos, qui n’ont pas forcément la bonne tenue. J’en ai vu en converse », explique Alexandra Debas, preuve que ces randonneurs ne se renseignent pas avant de partir en montagne.

« Il faut étudier le topo par rapport à notre forme physique. Il y en a qui se retrouvent à appeler le PGHM ou tout autre service pour aller les chercher parce qu'ils sont épuisés, parce qu'ils n'ont pas pris d'eau, parce qu'ils ont sous-estimé le dénivelé. »

Alexandra Debas

Influenceuse responsable

La jeune savoyarde a conscience que tout le monde n’a pas grandie à flanc de montagne comme elle. « Il faut aussi faire preuve de bon sens. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé mes habitudes depuis toujours. Quand je fais les choses en montagne, en nature, je ne me force pas à faire un acte différent d'un autre. Je ne me concentre pas à me dire, attention. En fait, ça me parait logique », renchérit-t-elle, un brin critique sur les gens se trouvant une bonne excuse pour contourner les règles.

En attendant plus d’engagement

Mais elle le précise, son objectif « n’est pas de culpabiliser les personnes, c'est vraiment de sensibiliser ». Pour pousser son bon sens et sa recherche d’informations encore plus loin, l’aventurière a passé son diplôme de pilote de drone. Alexandra Debas aimerait aujourd’hui, en plus de son label « Influence responsable », amener son travail encore plus loin dans l’engagement environnemental et projette de suivre une formation sur le métier d’influenceur environnemental en tant que tel.

En attendant, la jeune femme s’est lancé un nouveau défi. Elle a intégré le jury du festival Xplore organisé du 20 au 29 octobre dans le massif de la Tarentaise en Savoie. Aux côtés de 5 autres personnes, elle annoncera samedi 28 octobre quelles productions cinématographiques mettant en valeur la montagne et ses enjeux actuels ont conquis leur cœur.

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