Stations de ski : ouvertes en Suisse, fermées en Allemagne... Que prévoient nos voisins pour Noël ?

L'Autriche veut garder ses pistes ouvertes pour Noël quand l'Allemagne veut interdire les séjours au ski jusqu'au 10 janvier au sein de l'Union européenne. A quelques semaines des vacances, les pays européens se déchirent sur l'ouverture des stations face à la crise sanitaire.
Une skieuse portant un masque chirurgical sur les pistes de la station de Verbier, en Suisse, le 15 novembre 2020.
Une skieuse portant un masque chirurgical sur les pistes de la station de Verbier, en Suisse, le 15 novembre 2020. © FABRICE COFFRINI / AFP
Une coordination européenne sur l'ouverture des stations de ski ne semble pas à l'ordre du jour. D'un pays à un autre, les décisions divergent du tout au tout. Emmanuel Macron a tranché mardi 24 novembre concernant l'ouverture des remontées mécaniques en France.

"Une concertation a été engagée par le gouvernement avec les élus locaux et les professionnels mais il me semble toutefois impossible d'envisager une ouverture pour les fêtes", a déclaré le chef de l'Etat, s'attirant les foudres d'une partie des acteurs de la montagne. Mais tous les pays européens ne sont pas de cet avis.

L'Allemagne, qui a fermé ses remontées mécaniques, plaide pour une interdiction des séjours au ski jusqu'au 10 janvier au sein de l'Union européenne. Une proposition saluée par Paris. "Je crois que la position exprimée par Mme Merkel est une position de sagesse", a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, interrogé par l'AFP.

Autriche, Suisse, Italie... Quelle est la situation chez nos voisins ? France 3 Alpes fait le point, pays par pays.

 

Pistes grandes ouvertes en Suisse


A quelques encablures des domaines skiable français, où les remontées mécaniques devraient rester fermées jusqu'au 20 janvier, les stations suisses ont ouvert leurs portes normalement. Elles misent sur le renforcement des mesures sanitaires et sur la soif d'évasion des citadins suisses.

"Le port du masque est obligatoire partout. Sauf sur les pistes, afin de profiter du grand air"résumait l'ancien champion olympique de ski Didier Défago, président des Remontées mécaniques du canton du Valais. Les restaurants sont fermés mais les pistes prises d'assaut en ce début de saison.
 
Tout ne se déroule pas toujours parfaitement, et une photo de skieurs agglutinés dans une file d'attente à Zermatt en novembre avait choqué et forcé la police à s'en mêler. Mais certains veulent y croire. "On observe une très bonne discipline. Nous avons deux, trois agents en plus pour rappeler les règles, mais globalement cela se passe très bien", déclare le directeur général de Téléverbier, Laurent Vaucher, auprès de France Bleu Pays de Savoie. Face à la cacophonie européenne, le Suisse pourrait bien attirer des voisins frustrés de descente chez eux.

 

Hésitations en Italie


Alors que l'Italie fait face à la seconde vague épidémique, l'avenir des stations de ski n'est pas tranché. "Il n'est pas possible de permettre des vacances sur la neige, on ne peut pas se le permettre", a déclaré le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, lundi 23 novembre. Concernant les remontées mécaniques, "le problème de protocole sanitaire est une chose mais tout ce qui tourne autour des vacances au sport d'hiver est incontrôlable", a-t-il estimé.

Les régions des Dolomites et du Val d'Aoste sont classées rouges par les autorités sanitaires italiennes. Mais les professionnels du secteur continuent d'espérer une réouverture, mettant en avant un protocole sanitaire qui prévoit notamment des jauges de skieurs par domaine. La décision officielle sera prise le 4 décembre.

 

L'Allemagne mise sur la prudence


Les skieurs ne pourront pas profiter des pistes bavaroises à Noël. "Les vacances ne doivent pas conduire à nouveau à un revers. Il ne devrait y avoir ni grandes fêtes ni voyages de vacances. Cela serait trop dangereux", a estimé le président de la région Markus Söder sur Twitter.

Les autorités s'inquiètent toutefois de voir une partie de la population migrer vers l'Autriche voisine qui prévoit d'ouvrir ses domaines. Pour cette raison, la chancelière Angela Merkel a invité les Allemands à ne pas partir à l'étranger durant les vacances de Noël. Et la Bavière rappelle qu'une quarantaine de 10 jours est obligatoire au retour pour ceux qui s'y risqueraient.

Dans le même temps, Berlin plaide pour une interdiction des vacances au ski jusqu'au 10 janvier au sein de l'Union européenne. "Je vais être honnête avec vous, ce ne sera probablement pas facile, mais nous allons essayer", a reconnu la chancelière, cette compétence relevant des gouvernements.

 

L'Autriche veut y croire


Bien que l'Autriche soit à nouveau confinée jusqu'au 7 décembre, ses remontées mécaniques prévoient de redémarrer à temps pour Noël. Et son gouvernement s'oppose fermement à une fermeture des stations européennes, mettant en garde contre des effets "désastreux" sur son économie.
 
"Nous vivons du tourisme non pas à 100%, mais à 110%", souligne auprès de l'AFP Andreas Steibl, responsable du tourisme de la station d'Ischgl, qui redoute le spectre d'une saison blanche. Chaque hiver, les pentes enneigées de la province du Tyrol attirent à elles seules plus de six millions de touristes. Et parmi eux, la moitié sont Allemands.

Les déclarations d'Angela Merkel sont donc particulièrement mal vues. Une prise de position "potentiellement fatale" pour Anna Griesser, responsable des relations publiques du domaine skiable sur le glacier du Pitztal.

 
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