TEMOIGNAGE. Coronavirus : un maire de Haute-Savoie guéri raconte : "les soignants étaient habillés comme des cosmonautes

© DR (à gauche) - Fred Dugit/maxppp(à droite)
© DR (à gauche) - Fred Dugit/maxppp(à droite)

Testé positif au Covid-19, le maire sortant de Chêne-en-Sémine (Haute-Savoie) a dû rester en chambre isolée pendant une semaine. À présent guéri, il revient sur son expérience. 

Par Flore Caron

"Je suis vraiment content d'être guéri", déclare Paul Rannard, maire sortant de Chêne-en-Sémine, soulagé. L'élu a su le 3 mars qu'il était porteur du coronavirus et il a dû se rendre à l'hôpital sur-le-champ. À présent guéri, il nous raconte son expérience, qui n'a pas été des plus rassurantes. 

Pendant deux jours, le coronavirus a pris la forme d'une "grosse bronchite" selon Paul Rannard qui, par précaution a tout de même appelé le 15. "Mais on m'a dit que ce n'était pas la peine", raconte-t-il. C'est une fois les symptômes dissipés qu'il apprend que le maire de la Balme-de-Sillingy est positif. Ayant fréquenté ce dernier quelques jours auparavant, il rappelle alors le 15. Cette fois-ci, il effectue un prélèvement et le verdict tombe l'après-midi même : il est contaminé.  À partir de là, tout s'enchaîne très vite. 
 


"On m'a annoncé que j'étais positif et l'heure d'après l'ambulance était là, se souvient-il. Il est ensuite transporté à l'hôpital d'Annecy puis celui de Chambéry, le premier étant saturé. "Quand je suis arrivé, les soignants étaient habillés comme des cosmonautes", se rappelle Paul Rannard qui est passé en (presque) un claquement de doigt de son domicile à une chambre isolée de l'hôpital. Et il nous confie que "le soir, le moral n'était pas vraiment en haut".
 

"Je me demandais constamment à qui j'aurais pu passer le virus"

On lui explique dans un premier temps qu'il va devoir rester deux semaines. Alors, comme il se sent en forme, l'élu, en pleine campagne pour les municipales, travaille. "J'avais mon ordinateur, précise-t-il. Et mon téléphone sonnait sans arrêt. Tout le monde m'appelait pour prendre des nouvelles. Vraiment tout le monde. Et ça, ça soulage, ça fait plaisir." À l'hôpital, les soignants lui prennent régulièrement la température mais rien de plus puisque l'homme ne présente aucun symptôme. "J'étais très bien soigné", affirme-t-il. 

Néanmoins, il avoue avoir passé "quinze jours assez durs". "Que moi je sois testé positif, c'est une chose. Mais je me demandais constamment à qui j'aurais pu passer le virus. Surtout que, quand on est un élu, on est toujours par monts et par vaux." Et Paul Rannard s'inquiétait particulièrement pour son épouse. "Quand j'ai su qu'elle était négative, c'était un gros soulagement", se livre-t-il. 
 

"J'ai été confiné chez moi et c'est une très bonne chose"

Mais à l'hôpital, Paul Rannard ne se sent pas très à l'aise. "Moi, j'avais l'impression de prendre le place de quelqu'un." Il est en fait renvoyé au bout d'une semaine puisque, au vue de l'évolution de l'épidémie, la prise en charge à l'hôpital n'est plus systématique. "J'ai été confiné chez moi et c'est une très bonne chose."

À présent guéri, le maire se veut précautionneux. "Heureusement que j'étais en bonne santé, affirme-t-il. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Je trouve que le gouvernement a eu raison de confiner les Français mais moi j'aurais été encore plus loin. Il faut taper fort. Je regrette aujourd'hui qu'on ne soit pas dans un confinement total." 
 






 

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