10 conseils pour débuter et se mettre à la pêche à la mouche dans les rivières de Franche-Comté... ou ailleurs

Qui n'a pas rêvé de se prendre pour Brad Pitt dans le magnifique film de Robert Redford "Et au milieu coule une rivière" ? Avant d'enfiler les cuissardes, voici quelques conseils pour les débutants. 

Pêcheur à la mouche
Pêcheur à la mouche © Clément Lavaux

Parce que nous non plus, on n'y connait pas grand chose en pêche à la mouche, nous avons sollicité deux spécialistes de la discipline, le moniteur et guide de pêche Yves Faillenet et le passionné Clément Lavaux, membre d'un club de moucheurs. Leurs terrains de jeu favoris ? Le Doubs franco-suisse, la Loue, quand elle n'est pas mal en point, le Dessoubre, les Vosges Saônoises, et bien d'autres rivières de Franche-Comté. 

1 - Ne pas se lancer seul 

La pêche à la mouche est une des pêches les plus difficiles, les plus exigentes. Premier conseil donc, ne pas se lancer seul. "Vous risquez de prendre de mauvaises habitudes" explique Yves Faillenet, "ou de rentrer dépité et découragé" complète Clément Lavaux. Mieux vaut donc prendre quelques heures de cours avec un moniteur guide de pêche ou se rapprocher d'un club de moucheur.

Pour débuter à la mouche, les conseils des spécialistes sont précieux
Pour débuter à la mouche, les conseils des spécialistes sont précieux © Clément Lavaux

2 - S'équiper

Aujourd'hui, il existe des équipements dédiés dont la fourchette de prix varie entre 100 et 1000 euros. Yves Faillenet conseille pour les plus jeunes une canne de 8 pieds et une soie de 4, et pour les plus grands une canne de 9 pieds et une soie de 5. La soie permet de propulser la mouche à l'endroit souhaité, enfin de tenter de la propulser à l'endroit choisi. Il vous faut aussi une épuisette, un panel de 30 à 50 mouches (on verra tout à l'heure pouquoi). N'oubliez pas non plus, bottes, chapeaux, lunettes...

3 - Choisir et observer le milieu

Pour les débutants, mieux vaut une rivière classique, pas trop encombrée, où il sera plus facile de pêcher. Ensuite, inutile de vous précipiter. Nos deux spécialistes s'accordent parfaitement sur ce point : "il faut avant tout savoir observer le milieu". "Une des premières choses quand on arrive c'est observer quels sont les poissons présents, et quels sont les insectes aquatiques qui se trouvent sur les lieux et qu'ils mangent". "On cherche à tromper l'ennemi, explique Clément Lavaux, si on ne sait pas ce que le poisson mange, on ne prendra rien. Il faut aussi observer les variations au fil de la journée, des saisons". 

Poisson en train de giber un insecte aquatique
Poisson en train de giber un insecte aquatique © Clément Lavaux

4 - Adapter ses mouches

Les poissons ne sont pas fine bouche et mangent toute une variété d'insectes, de larves aquatiques. Ils s'adaptent même à l'état des cours d'eau et peuvent changer leur alimentation en cas de dégradation du milieu. Une fois que vous avez identifié leur repas, il faut trouver la mouche la plus adaptée. Il existe des mouches sèches, des noyées ou encore des nymphes. C'est pour cette raison qu'Yves Faillenet conseille de prendre entre 30 et 50 mouches avec soi. 

Les mouches s'achètent auprès des professionnels, mais le mieux c'est encore de fabriquer ses propres mouches, il existe nombre de tutos sur internet, mais attention, il faudra vous armer de patience surtout au début ! 

Un exemple de boite de mouches variées
Un exemple de boite de mouches variées © Clément Lavaux

5 - laisser les poissons s'aimer 

Cela parait idiot mais pour pouvoir pêcher, il faut qu'il y ait.....des poissons ! Or, le début de printemps c'est aussi la saison des amours dans les rivières. Pas question de marcher dans les frayères (sorte de nids d'amour) et encore moins de prélever des poissons en train de ...enfin vous voyez ! Si les prélèvements sont trop nombreux,  il n'y aura pas de bébés truites, ombres, brochets ou sandres et vous pourrez ranger votre canne et vos mouches au placard. On en revient à l'importance de connaître le milieu et celle d'être bien conseillé lorsque l'on débute. 

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6 - Adopter le bon geste

Ah le lancer de mouche...C'est tout un art, un geste à la fois, doux, précis et fluide. Pour Yves Faillenet, l'erreur est de croire que le geste vient du poignet. "Il faut travailler avec l'avant-bras, l'épaule et le dos, c'est aussi ce qui va permettre de progresser". Et avant de lancer, il faut choisir sa cible. Car le poisson n'est pas si bête. "Ils peuvent nous voir, il faut savoir s'approcher", pour le moniteur guide de pêche,"c'est la plus belle des disciplines, tout se fait en douceur, on voit le poisson prendre la mouche" (au sens littéral pour le coup, pas figuré) contrairement par exemple à la pêche au leurre qui est plus tactile. 

Tout est dans le geste, dans le lancer
Tout est dans le geste, dans le lancer © Clément Lavaux

7 - Etre patient et tenace 

Autant le dire, si vous êtes de la catégorie des "tout, tout de suite" et que vous comptiez emmener le barbecue pour assurer les grillades, oubliez la pêche à la mouche ! C'est une discpline qui met les nerfs à rude épreuve, le temps d'observation, le choix du matériel, la traque du poisson...c'est un jeu de patience et de ténacité. Mais ne vous découragez pas, la victoire n'en sera que plus belle. 

8 - Ecourter la bataille

Ça y'est ! Vous avez enfin un poisson au bout de la ligne ! Bravo à vous, mais n'oubliez pas celui qui est pris au piège au bout de la ligne, "pensez à ne pas prolonger le combat et ramener rapidement votre prise", insiste Clément Lavaux. Attention donc au concours de photo qui se prolonge en dehors de l'eau si vous souhaiter le relâcher. Certains poissons ne se remettent pas de la bataille et trépassent malgré le retour à l'eau. 

Truite fario venant d'être pêchée
Truite fario venant d'être pêchée © Clément Lavaux

9 - Ouvrir le champ des possibles, ne pas être monomaniaque

Nous en parlons régulièrement, l'état des rivières se dégradent, les cours d'eau autrefois mythiques sont victimes de pollutions diverses et les poissons sont les premiers à en souffrir. Dans ces conditions, truites et ombres sont moins nombreux, plus difficiles à attraper. Mais il n'y a pas que la truite dans la vie ! Il faut savoir varier les plaisirs. On peut prendre de nombreux poissons à la mouche, y compris des grandes espèces comme les brochets, les silures. "Il faut  adapter son matériel, explique Yves Faillenet, on utilise un streamer, cela ressemble alors plus à la pêche au leurre". "Plutôt que de rentrer bredouille, certains s'éclatent avec ces autres espèces, il ne faut pas être monomaniaque" confirme Clément Lavaux. 

Pêcheur à la mouche
Pêcheur à la mouche © Clément Lavaux

 

10 - Profiter la journée même si l'on est capot

On ne gagne pas à tous les coups ! L'adage est vrai aussi pour les sessions de pêche, et nombre de pêcheurs le savent, on rentre parfois capot de sa journée, c'est à dire sans avoir fait une touche, sans avoir attraper un poisson. N'en soyez pas abattu ou découragé pour autant, à la pêche à la mouche c'est le métier qui rentre. Et surtout n'oubliez pas de profiter de la nature qui vous entoure, de cette journée passée en plein air, les pieds dans l'eau. C'est aussi ça l'aventure du moucheur.

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