Affaire Cahuzac : Pierre Moscovici s'explique

Publié le Mis à jour le
Écrit par Catherine Eme-Ziri
Sur le perron d'Elysée le 25 août 2012, Pierre Moscovici et François Hollande
Sur le perron d'Elysée le 25 août 2012, Pierre Moscovici et François Hollande © BERTRAND LANGLOIS / AFP

Le ministre de l'Economie, et élu du Pays de Montbéliard, est mis en cause dans l'affaire Cahuzac. Voici l'interview qu'il a donnée à l'AFP en tout début d'après-midi.

Après les aveux de Jérôme Cahuzac hier, Pierre Moscovic est maintenant mis en cause. Certains lui reprochent d'avoir été au courant des comptes de l'ancien ministre du budget et de l'avoir couvert. Voir l'article sur notre site.

Voici la dépêche AFP suite à l'entretien que Pierre Moscovici a donné à nos confrères :

"Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici affirme, dans un entretien accordé mercredi à l'AFP, n'avoir "jamais eu la volonté de blanchir ou d'innocenter Jérôme Cahuzac", et assure avoir tout fait pour faire surgir la vérité.

QUESTION - Vous étiez à la fois le ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac et le responsable de l'administration fiscale. Pourquoi lui avez vous fait confiance?

RÉPONSE - Nous avons été aussi, l'administration fiscale et moi-même, victimes de ce mensonge. Cela suscite ma colère et ma stupéfaction mais ne saurait en aucun cas susciter la suspicion. Pas une fois, pas dix fois, mais beaucoup plus que ça Jérôme Cahuzac a nié, en me regardant les yeux dans les yeux, avoir eu un compte à l'étranger. Oui, j'ai fait confiance. Dans une situation comme celle-là, il faut d'abord respecter strictement la présomption d'innocence et les procédures. Dès lors qu'il est avéré qu'il s'agissait d'un mensonge, ce que j'ai découvert hier (mardi) en même temps que tout le monde, je constate que ma confiance a été abusée.

Q - Vous avez demandé l'assistance administrative des autorités suisses, et leur réponse, telle qu'elle a filtré dans les médias, semblait blanchir Jérôme Cahuzac. N'avez-vous pas utilisé l'administration pour l'innocenter?
R - Je n'ai jamais eu la volonté de blanchir ou d'innocenter Jérôme Cahuzac. J'ai entrepris toutes les démarches que je pouvais faire et qu'il fallait faire pour contribuer à établir la vérité. Rien de plus, rien de moins. Dès les premières révélations, le directeur général des finances publiques, Bruno Bézard, nous a proposé de dresser une muraille de Chine autour du ministre délégué au Budget pour éviter tout conflit d'intérêt, et dès le 10 décembre j'ai repris personnellement la main sur ce dossier. L'administation fiscale a été exemplaire, transparente, volontaire et diligente. Tous les éléments ont été transmis à la police judiciaire, y compris l'intégralité du dossier fiscal de Jérôme Cahuzac sur vingt ans.
Aux autorités suisses, nous avons posé la question la plus large possible, permettant de remonter le plus loin possible dans le temps, à savoir si Jérôme Cahuzac ou ses ayants droit économiques avaient eu un compte chez UBS entre 2006 et 2013. La réponse, reçue le 31 janvier, était négative et elle a été transmise instantanément à la justice.

Q - Certains demandent votre démission. Pouvez-vous rester au gouvernement alors que vous avez personnellement géré ce dossier?
R - Pourquoi je démissionnerais? Non, je ne vais pas démissionner alors que j'ai fait tout ce que je pouvais et devais faire. A aucun moment je n'ai su qu'il était coupable."







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