Affaire Grégory : “immense déception“ et ”gâchis” selon les victimes

C'est "une immense déception" a déclaré l'avocat des époux Villemin après que le procureur de Dijon a révélé aujourd'hui que les dernières analyses n'apportaient aucun élément probant. L'avocat de Bernard Laroche parle, lui, de "gâchis judiciaire et humain"

Par M. Bessard avec AFP

C'est une "immense déception" pour Jean-Marie et Christine Villemin a déclaré mercredi leur avocat, Me Thierry Moser. "Immense déception pour les parents de Grégory dans la mesure où les chances de parvenir à la manifestation de la vérité s'éloignent", écrit l'avocat mulhousien dans un communiqué. "Le combat judiciaire est loin d'être terminé", car il reste selon lui "des pistes à creuser et des investigations à réaliser", a-t-il cependant ajouté. "Je ne souhaite pas en dire davantage sur la nature des diligences à réaliser dans les semaines à venir mais on peut supposer qu'un bilan définitif, dans un sens ou dans l'autre, pourrait être dressé à partir de l'automne 2013".

                 L'interview de Me Thierry Moser par nos confrères de France 3 Alsace

DMCloud:61295
Affaire Grégory : ITW de Me Moser
Après la conférénce de presse du procureur de Dijon déclarant que les dernières analyses ADN n'avaient apporté aucun élément probant, Thierry Moser, l'avocat des époux Villemin, fait part de "l'immense déception" de ses clients.


L'absence sur les scellés du dossier Grégory Villemin d'ADN de Bernard Laroche, un temps suspecté de l'assassinat l'enfant, "confirme à nouveau, s'il en était besoin, l'innocence" de ce cousin de la famille, assassiné par le père du petit Grégory, a dit l'avocat de la famille Laroche, Me Gérard Welzer. "La conférence de presse du procureur général de Dijon confirme à nouveau l'innocence de Bernard Laroche, s'il était besoin, puisque son ADN a été comparé aux ADN retrouvés, et ça n'est pas le sien", a l'avocat, qui a évoqué "un gâchis judiciaire et humain".
"Il y a eu trois victimes dans ce dossier. D'abord Grégory Villemin et sa famille, d'autant qu'on ne connaît pas les conditions de sa mort. Ensuite, Bernard Laroche: accusé à tort, emprisonné, libéré, puis assassiné. Enfin la justice, discréditée par les ratés de l'enquête", a dit Me Gérard Welzer. Pour l'avocat de la famille Laroche, "c'est un gâchis judiciaire, car aujourd'hui malheureusement, on ne connaît pas la vérité".  Me Welzer a toutefois voulu "rendre hommage au procureur général", le premier magistrat, "qui a rappelé qu'il ne fallait pas oublier la deuxième victime, à savoir Bernard Laroche".

Bernard Laroche, 29 ans, le cousin de Jean-Marie Villemin, avait été le premier suspect du meurtre de Grégory Villemin. Inculpé d'assassinat et incarcéré le 5 novembre 1984, notamment après les déclarations accablantes de sa belle-soeur, Muriel B., il avait toujours nié avoir participé à l'enlèvement et à l'assassinat de l'enfant. Après les rétractations de Muriel, il avait été remis en liberté en février 1985 par le juge d'instruction, contre l'avis du parquet, mais toujours inculpé d'assassinat. Il avait été tué un mois et demi plus tard d'un coup de carabine par Jean-Marie Villemin, le 29 mars 1985 à son domicile d'Aumontzey (Vosges).

Sur le même sujet

Les + Lus