Côte d'Or : la tension monte avant la manifestation des chasseurs vendredi 18 octobre

On observe une recrudescence du nombre de sangliers dans une partie de la Bourgogne. Ceux-ci provoquent de nombreux dégâts, notamment dans les vignes et sur les routes.
On observe une recrudescence du nombre de sangliers dans une partie de la Bourgogne. Ceux-ci provoquent de nombreux dégâts, notamment dans les vignes et sur les routes.

La fédération départementale appelle ses 13500 adhérents à manifester vendredi 18 octobre 2013 à Dijon, pour demander l'annulation de l'arrêté préfectoral interdisant l'agrainage dans une grande partie de la Côte d'Or. Selon les chasseurs, cette interdiction favorise les dégâts des gibiers.

Par Eric Sicaud

Les chasseurs de Côte d'Or réclament avec force le rétablissement du droit d'agrainer dans le département... autrement dit de nourrir les sangliers sauvages.
Un arrêté préfectoral du 19 octobre 2012 interdit cette pratique, dans le but de limiter la population de sangliers qui sont notamment accusés de propager la tuberculose bovine. Avec la Dordogne, la Côte d'Or reste le département de France le plus touché par cette maladie et ce, depuis 11 ans.

Vive tension entre les chasseurs et le préfet


En annonçant la tenue de la manifestation, le président de la Fédération de Chasse, Pascal Sécula, avait vivement critiqué le préfet du département, en faisant état d'une "absence totale d'écoute". Lequel préfet, Pascal Mailhos, avait répondu, par voie de communiqué, que la rupture du dialogue avait été du fait des chasseurs. Avant qu'ils rompent les liens, une réunion était programmée chaque mois sur ce sujet, selon le représentant de l'Etat qui rappelle que son objectif est de "sauver la filière bovine en Bourgogne, filière agricole majeure dans l'économie locale et sur le territoire".

Des dégâts multipliés par deux


Mais, selon les chasseurs, cette interdiction d'agrainer a eu l'effet inverse. D'après leurs constatations, les sangliers qui ne sont plus nourris sortent des forêts pour chercher de la nourriture et occasionnent d'importants dégâts aux exploitations agricoles. D'après la fédération, la demande d'indemnisation des agriculteurs s'élève cette année à 7,2 millions d'euros contre 3 millions d'euros l'an dernier. Elle demande donc le retrait de l'arrêté préfectoral qui serait "une mauvaise décision administrative" dont "les chasseurs n'ont pas à assumer les conséquences financières".

Une demande "pas sérieuse"


Mais, les agriculteurs, eux aussi, se déclarent contre cette levée de l'interdiction d'agrainage; au printemps 2013, ils avaient manifesté pour dénoncer "une mauvaise gestion de la faune sauvage" par la fédération de chasse de Côte d'Or qui conduit à de gros dégâts sur les cultures et qui participe à la prolifération de la tuberculose bovine. Selon Jean-Pierre Fleury, le secrétaire général de la Fédération Nationale Bovine, la demande de Pascal Sécula ... "ce n'est pas sérieux". Il estime qu'il s'agit uniquement de favoriser les "grandes chasses" et d'assurer une présence importantes de gibiers pour des chasseurs extérieurs au département qui paient très cher pour s'adonner à leur passion pendant un week-end en Côte d'Or. 

La manifestation du 18 octobre s'annonce donc tendue... en attendant les réactions des politiques très silencieux sur le sujet. A noter que la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) s’est invitée dans la discussion et prend le parti des chasseurs.


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Conflit autour de la pratique de l'agrainage


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