Grand Dijon : après 23 samedis de grève des bus et tramways, le conflit continue à Divia

Publié le Mis à jour le
Écrit par B.L.
Divia - le réseau de transport du Grand Dijon - compte 102 bus hybrides sur un parc de 180 véhicules. C'est la plus importante flotte de ce type pour un réseau de transport français.
Divia - le réseau de transport du Grand Dijon - compte 102 bus hybrides sur un parc de 180 véhicules. C'est la plus importante flotte de ce type pour un réseau de transport français.

La CGT et FO ont refusé le protocole d'accord proposé par la direction du groupe Keolis. Les centrales syndicales l'ont annoncé jeudi 24 octobre 2013 dans la soirée via un communiqué de presse.

Dans ce communiqué de presse, la CGT explique sa position : "Keolis a eu comme stratégie le pourrissement d’un conflit qui aurait pu être géré dès le départ. Il est quand même sidérant que la direction générale KEOLIS FRANCE n’intervienne qu’au bout de 23 semaines de conflit pour en plus faire des propositions qu’elle sait d’avance inappropriées et insuffisantes."



Quand cette grève a-t-elle débuté ?

Le mouvement a débuté samedi 18 mai 2013. Le préavis est déposé jusqu'en mars 2014. Les salariés demandent une revalorisation des salaires le samedi. Les commerçants de Dijon ont à plusieurs reprises dénoncé cette grève des conducteurs du réseau Divia, car "une partie de la clientèle connaît des difficultés pour se rendre en centre-ville". La société Kéolis estime que cela représente 15 000 voyageurs de moins chaque samedi. Outre la perte de recettes, la direction évoque aussi les "reversements à la collectivité, des mesures de dédommagement des abonnés et de futures actions pour regagner la confiance de tous  les clients. "Le coût de ces mesures est évalué à plus de 250 000 euros", indique Kéolis. "Quand la Direction de Keolis annonce un impact « très défavorable à l’économie de l’entreprise » (perte de recettes etc..), cette dernière est surtout inquiète des remontées aux actionnaires qui pourraient être touchées.", rétorque la CGT.

Que propose l'accord de sortie de grève ? 

La direction a proposé un accord de sortie de conflit prévoyant :
  • Le versement d’une prime exceptionnelle d’intéressement de 250 euros bruts par salarié (225 euros en net) soit une augmentation de 3,4% des salaires nets pour l’année 2013. La CGT et FO restent sur leur revendication originelle, à savoir 1 heure de récupération par samedi travaillé. Cela équivaut à une compensation de 3 jours dans l'année. Une solution plus pérenne qu'une prime exceptionnelle, selon les syndicats.
  • L’embauche d’ici la fin du 1er trimestre 2014 de 12 conducteurs afin de réduire le nombre de samedis travaillés par agent et permettant aux conducteurs d’obtenir plus facilement les repos qu’ils souhaitent. Sur ce point, la CGT dit s'en réjouir mais, selon elle,  "cela ne correspond qu’aux futurs départs de l’entreprise, aux démissions et à un sous effectif chronique qui depuis quelques années pose des problèmes organisationnels dans l’entreprise et génère des conditions de travail compliquées. Cela ne pourra donc pas régler la problématique des conditions de travail, notamment celles des samedis et ne répond aucunement à la question posée par les salariés."

Quand la grève va-t-elle s'arrêter ? 

"Avec cette mesure, l’entreprise se met en sureffectif et participe, dans le contexte économique actuel (menaces de suppressions d’emploi  dans plusieurs entreprises locales), à réduire l’impact de la crise dans l’agglomération dijonnaise", affirme la direction de Kéolis.
L’accord remis par la direction aux représentants des organisations syndicales était proposé à la signature jusqu'au jeudi 24 octobre, 20h. La CGT a fait connaître son désaccord. Les responsables de Kéolis annoncent qu'ils tiendront une conférence de presse vendredi 25 octobre dans la matinée.

Le reportage d'Anne Berger et Daniel Waxin avec:
  • Valérie Le Pottier, directrice des Ressources Humaines Kéolys Dijon
  • Frédéric Pissot, délégué syndical CGT




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