Le congrès des maires s’ouvre dans un climat morose avant les élections de 2014

Le 96e congrès de l’Association des maires de France (AMF) se tient à Paris du lundi 18 au jeudi 21 novembre 2013 (images d'archives)
Le 96e congrès de l’Association des maires de France (AMF) se tient à Paris du lundi 18 au jeudi 21 novembre 2013 (images d'archives)

Le 96e congrès de l’Association des maires de France (AMF) se tient à Paris du lundi 18 au jeudi 21 novembre 2013. L’ambiance s'annonce morose, voire frondeuse comme un peu partout en France.

Par B.L. avec l'AFP

Le congrès des maires fait-il toujours recette ?

Sur les 36 769 maires de France, plus de 11 000 maires assisteront au congrès qui a lieu Porte de Versailles. Ce sera le dernier avant les élections municipales de mars 2014. François Hollande était venu l'an dernier. Cette fois, c’est le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault qui fera le déplacement. Une dizaine de ministres sont également attendus.

Selon l'Association des maires de France, environ les deux tiers des élus en place devraient briguer un nouveau mandat. Le climat n’est pas au beau fixe, car les maires n'échappent pas au désamour qui touche à peu près tous les hommes politiques. La confiance à leur égard a reculé de huit points en trois ans (2009-2012), selon une enquête du Cevipof (Science Po) il y a un an. Ils restent toutefois les élus préférés des Français, 57% continuant de leur faire confiance d'après cette étude.


Pourquoi de nombreux maires jettent-ils l'éponge ?

Ceux qui seront réélus savent que le travail qui les attend est difficile : il y a une "véritable lourdeur du mandat" qui est accentuée chaque année un peu plus par "la charge de travail et de responsabilité des maires". D’où un certain "degré de lassitude" observé chez nombre d’entre eux, reconnaît l’AMF.

"On n'a pas acheté un stock de bonnets rouges", rassure André Rossinot (UDI), secrétaire général. Il n'empêche, les motifs de grogne ne manquent pas. Il y a, par exemple, les rythmes scolaires : même si le mouvement est ultra-minoritaire, quelques dizaines de maires de l'opposition ont promis qu'ils n'appliqueraient pas la réforme à la rentrée 2014. C’est une menace de sédition rarissime chez des élus de la République.


L'Etat fait-il les poches aux communes et intercommunalités ?

Sur le plan financier, la situation ne s’arrange pas. Les dotations avaient été gelées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Avec François Hollande, les marges de manoeuvre continuent à se réduire pour les communes et les intercommunalités (communautés de communes, d'agglomération, communautés urbaines). En 2014, puis à nouveau en 2015, elles recevront 840 millions d'euros en moins.

"Nous comprenons" que les collectivités ne soient pas exonérées des efforts, admet Jacques Pélissard, président de l'AMF. Sauf que, rien que pour 2014, deux milliards de charges nouvelles grèveront leur budget. Des charges induites par des décisions de l'Etat central (revalorisation de salaires de fonctionnaires territoriaux, hausse de cotisations, rythmes scolaires...).

Il y a toutefois des motifs de satisfaction, et même une avancée "historique" selon l'AMF. L’Agence France locale va voir le jour en 2014. Première banque propriété à 100% des collectivités locales, elle offrira aux élus un accès complémentaire au crédit pour investir, à des taux avantageux. Autrement dit, une vraie bouffée d'oxygène par ces temps de vaches maigres.

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