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Mark Van Nierop, surnommé "le dentiste de l'horreur", mis en examen et incarcéré à Orléans

L'ancien dentiste de Château-Chinon a été extradé, ce jeudi 15 janvier, des Pays-Bas vers la France. Il aurait été récupéré dès sa descente de l'avion par des gendarmes de la Nièvre. Il a été mis en examen et incarcéré à Orléans.
Mark Van Nierop, le dentiste mutilateur de Château-Chinon.
Mark Van Nierop, le dentiste mutilateur de Château-Chinon. © France 3 Bourgogne

Mark Van Nierop a été mis en examen hier soir pour des faits concernant de nouvelles victimes, car il avait déjà été mis en examen en 2013 à Nevers. Une centaine de victimes connues à ce jour. Il a été mis en détention hier soir à Orléans-Saran, pour éviter toute nouvelle fuite à l'étranger, mais aussi pour assurer un suivi psychiatrique dans une unité spéciale de la prison. Mark Van Nierop, suicidaire, a en effet tenté à plusieurs reprises dernièrement aux Pays-Bas de mettre fin à ses jours.


Le "dentiste de l'horreur", un Néerlandais de 50 ans soupçonné d'avoir mutilé des dizaines de patients quand il exerçait en Bourgogne, également surnommé par les médias le "dentiste boucher", a été extradé, jeudi 15 janvier, par les Pays-Bas et était en route pour Bourges ce jeudi après-midi, a-t-on indiqué au parquet de Bourges. L'homme s'opposait à son extradition, assurant souffrir de "problèmes psychologiques" dont des "problématiques d'identité sexuelle et tendances suicidaires" nécessitant un traitement particulier disponible, selon lui, uniquement aux Pays-Bas. Mais la justice néerlandaise avait confirmé peu avant Noël dernier son feu vert à l'extradition.

Le soulagement des victimes


Nicole Martin, la présidente du Collectif des victimes, se dit "très heureuse, soulagée. J'ai beaucoup pleuré hier, de joie et d'angoisse, mais aujourd'hui, je ne me sens pas très bien. C'est la fin d'un long combat. Au début et pendant longtemps, on ne nous a pas cru. On est reconnue comme victime. Maintenant, le Morvan et la Nièvre méritent de vrais docteurs, plus jamais ça !".

Que lui reproche-t-on?

Certains des 2.800 patients du dentiste ont souffert, après ses soins, de troubles allant "d'un début de septicémie à l'infarctus, en passant par toutes sortes de problèmes dentaires", selon le collectif de victimes. Les médias néerlandais ont également fait état de dents saines arrachées sans raisons valables ou de facturations abusives.

Recruté par un chasseur de tête néerlandais, Mark van Nierop s'était installé en novembre 2008 à Château-Chinon, dans la Nièvre, la région étant un "désert médical". "Il était très disponible au départ et il pouvait vous accorder un rendez-vous du jour pour le lendemain à 7H30 le matin", a témoigné Gérard Martin, le mari d'une victime. Une autre victime, Christelle Jacquet, s'était rendue en 2010 dans le cabinet de Mark van Nierop pour une visite de contrôle. "Il m'a abîmé neuf dents saines et j'en ai perdu trois", raconte cette mère de famille qui affirme souffrir depuis d'une "paralysie faciale à vie" et de dégâts sur sa gencive, qui mettent "l'os à vif". Avant de se faire oublier et de s'installer en France, le dentiste était poursuivi aux Pays-Bas pour des faits similaires.

Le dentiste rattrapé par son passé et la justice

Le dentiste de 50 ans a été mis en examen en mai 2013 par la justice française après le dépôt de plaintes de dizaines de patients. Il avait été suspendu et placé sous contrôle judiciaire. En infraction de son contrôle judiciaire, il s'était enfui au Canada en décembre 2013. La justice française avait alors lancé un mandat d'arrêt international et le dentiste avait été interpellé début septembre. Lors de son arrestation, il avait affirmé avoir tué sa seconde épouse en 2006 aux Pays-Bas et avait donc été extradé vers son pays d'origine. Selon l'agence de presse néerlandaise ANP, la justice néerlandaise enquête toujours sur l'affaire et une décision sur d'éventuelles poursuites n'a pas encore été prise.


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