Les hôpitaux alertent le Premier ministre sur l'épuisement des personnels

Le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, a écrit au Premier ministre Manuel Valls pour lui parler de l'épuisement des personnels de l'hôpital public aggravé par l’épidémie de grippe. Il lui demande aussi de mettre un frein à la fermeture de lits.


Pourquoi faut-il craindre des mouvements de protestions dans les hôpitaux ?

Dans un courrier daté du 11 mars 2015 adressé à Manuel Valls, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) fait référence à une note confidentielle du service central du renseignement territorial du ministère de l'Intérieur, datée du 5 mars.

Selon cette note, "quelques mouvements de protestions pourraient prendre corps" à l'hôpital en raison de tensions rencontrées dans les services d'urgences, saturés à cause de l'épidémie de grippe. Frédéric Valletoux confirme "le constat dressé par les services de renseignements". Le président de la Fédération hospitalière dénonce l'épuisement et l'exaspération des personnels.



Faut-il annuler les consignes de fermeture de lits ?

Il s'étonne que la fermeture de lits soit présentée comme "une priorité" par "certaines agences régionales de santé" (ARS) et comme "une solution miracle à l'amélioration de l'efficience" des hôpitaux.

Face à l'ampleur de l'épidémie de grippe, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait déclenché le mois dernier un plan d'urgence et réclamé la réouverture de lits dans les établissements de santé.

Les hôpitaux publics ont "plus que jamais" besoin du soutien et de "l'autorité" du Premier ministre, estime Frédéric Valletoux. Il demande à Manuel Valls "d'annuler les consignes adressées par (ses) services aux directeurs généraux des ARS pour accélérer la fermeture des lits".



En quoi consistent les "comportements parfois irresponsables des autres acteurs de santé" ?

Il dénonce également les "comportements parfois irresponsables des autres acteurs de santé", notamment les "menaces de grève des cliniques privées, mais surtout le désengagement quasi total des médecins libéraux de la permanence des soins".
"Les hôpitaux publics se retrouvent seuls pour répondre aux besoins de prise en charge de nos concitoyens", assure-t-il.

Le gouvernement prévoit un plan d'économies à hauteur de trois milliards d'euros pour les hôpitaux d'ici 2017.
Ce plan porte notamment sur le développement de la chirurgie ambulatoire (qui permet de sortir de l'hôpital juste après l'intervention) et la maîtrise de la masse salariale.