80 km/h ou 90 km/h : quels choix ont fait les départements de Franche-Comté ?

© Lionel Le Saux - maxPPP
© Lionel Le Saux - maxPPP

A heure où certains départements reviennent en arrière, faisons le bilan. Seul le Jura va repasser la vitesse à 90 km/h sur une partie du réseau départemental. 

Par Sophie Courageot

Dans le Doubs

Le département ne fera pas machine arrière. Il reste à une vitesse limitée à 80km/h sur les 3700 km de routes départementales.
La décision a été prise par l'exécutif départemental emmené par Christine Bouquin en consultation avec les maires et les associations de sécurité routière.
En 2019, 29 personnes sont mortes dans un accident de la route contre 37 selon l'année précédente. "Je ne peux m'empêcher de faire un lien avec cette limitation à 80 km/h"confie Christine Bouquin dans les colonnes de l'Est Républicain.
Le retour au 90 km/h aurait eu un coût financier important. Un budget estimé à 600.000 euros rien que pour le Doubs. 


Dans le Jura

Le département du Jura va ramener la vitesse à 90 km sur 400 km de routes départementales. Des routes les plus larges, où des travaux d'aménagement ont été réalisés.  
Le réseau des routes départementales compte 3.500 km de voies dans le Jura. Le Président Clément Pernot souhaite revenir à 90 km/h sur un maximum de routes.
Dans le Jura, le bilan de l'accidentologie est le suivant : En 2019, 14 personnes ont trouvé la mort, les accidents sont en baisse. Mais le nombre de morts augmente,  11 tués dans le Jura en 2018. 
 


En Haute-Saône

Dans ce département rural, où la fronde se fit entendre contre l'abaissement de la vitesse à 80 km/h, le conseil départemental n'envisage pas dans l'immédiat un retour à cette vitesse sur les routes secondaires.
En Haute-Saône, le département avait envisagé de repasser plus de 700 km de route aux 90 km/h. Mais il a appuyé sur la touche pause. La Haute-Saône veut se donner le temps de la réflexion : "Le président n'a pas changé d'avis. Ce n'est pas la priorité du moment pour le département", expliquait il y a quelques jours la communication d'Yves Krattinger (DVG), président du conseil départemental de Haute-Saône. Le département franc-comtois n'envisage donc pas un retour aux 90 km/h dans l'immédiat, mais observerait l'avancée de la mesure et l'évolution de la mortalité routière : "Une décision sera prise avant fin juin 2020."
 


Dans le Territoire de Belfort

Pas de retour à 90 km/h dans le plus petit département de France. Même si Florian Bouquet (LR) le Président y était favorable. "Les critères pour effectuer un retour en arrière sont trop contraignants. Il faudrait des tronçons d'au minimum 10 km de long et je n'en ai pas, des accotements de 4,5 m de haut et je n'en ai pas" déclare le président du Conseil départemental dans la presse. 

Quelles sont les conditions imposées pour un retour à 90 km/h

Pour relever la vitesse maximale à 90 km/h sur certaines routes, les élus locaux devront motiver leur décision et respecter certaines conditions fixées par une circulaire en date du 15 janvier 2020.
   

  • Les départements doivent solliciter un avis consultatif de la Commission départementale de sécurité routière (CDSR, composée de représentants de l'Etat, des élus locaux et d'associations).
  • Les tronçons de route concernés doivent faire "au moins 10 km".
  • Un avis systématiquement défavorable est donné " sur les tronçons où il y a "des arrêts de transports en commun", de la circulation d'engins agricoles et de riverains, ou "traversés de chemins de grande randonnée ou de véloroutes" (pistes cyclables de moyenne ou longue distance). 
  • Les élus qui souhaitent revenir aux 90 km/h devront par ailleurs transmettre au préfet un "projet d'arrêté motivé" et "basé sur une étude d'accidentalité" (fréquence des accidents) du tronçon concerné.
  • Les gestionnaires des voiries concernées (conseils départementaux, mairies parfois) devront financer et installer eux-mêmes les nouveaux panneaux signalant le relèvement à 90 km/h.

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