Les agriculteurs de la Confédération paysanne, opposés au CETA veulent convaincre les élus du Jura de rejeter le texte

A l'image, de gauche à droite : Danielle Brulebois, députée LRM du Jura, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, Marie-Christine Chauvin, sénatrice Les Républicains du Jura. / © Mary Sohier - France Télévisions
A l'image, de gauche à droite : Danielle Brulebois, députée LRM du Jura, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, Marie-Christine Chauvin, sénatrice Les Républicains du Jura. / © Mary Sohier - France Télévisions

Des agriculteurs et militants du syndicat minoritaire la Confédération Paysanne, invitent ce lundi des parlementaires du Jura à une ferme ouverte à Desnes. Une réunion en petit comité pour débattre du CETA, accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada.
 

Par Lucie Thiery

Les agriculteurs craignent l'arrivée sur le marché français de viande bovine produite au Canada dans des conditions sanitaires, environnementales différentes. "On met en concurrence une agriculture française avec un élevage de viande bovine à base d'herbage contre une agriculture canadienne à base de maïs et soja. Ces deux productions seront dans une concurrence déloyale". explique Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne et producteur de lait à comté dans le Jura. Le danger selon eux : voir un recul des exigences sanitaires et environnementales dans l'agriculture.

Le CETA supprime les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre l'UE et le Canada. Il élargit l'accès de l'agriculture canadienne au marché européen mais il permet également une plus grande coopération réglementaire entre les deux zones.
 

 

Le risque d'une guerre des prix au détriment des normes sanitaires et environnementales


Seules deux femmes, deux élues du Jura ont répondu présentes à l'invitation du syndicat minoritaire la Confédération paysanne. Marie-Christine Chauvin, sénatrice Les Républicains et Danielle Brulebois, députée La République en Marche, se sont rendues à Desnes (Jura), dans une ferme AOP à Comté pour écouter les agriculteurs.

"Nous les avons invitées pour qu'elles entendent nos arguments et pour qu'elles se reconnectent à l'agriculture afin de mesurer les craintes des paysans" précise la Confédération Paysanne. Pour le syndicat agricole, cet accord de libre-échange ouvre la boîte de Pandore. "Le CETA provoquera une guerre des prix qui tirera l'agriculture vers le bas".

 


En face, les partisans du CETA citent le rapport de la commission Schubert (la commission indépendante qui a rendu son rapport à Emmanuel Macron en septembre 2017) et sa conclusion. " En effet, depuis la présentation de l'accord aux états de l'UE en 2016 et sa ratification par l'Assemblée nationale en juillet 2019, le texte a évolué. 
"Il vaut mieux un accord, qu'aucun accord du tout" rétorque la députée LREM Danielle Brulebois. "Nous avons obtenu de cet accord qu'il reconnaisse 42 AOP françaises, dont celle du Comté et du vin du Jura", se défend l'élue. 
 

 

42 AOP reconnues par le Ceta dont celle du Comté


Le reportage de Mary Sohier et Laurent Brocard
Reportage : Les agriculteurs de la Confédération paysanne, opposés au CETA veulent convaincre les élus du Jura
Intervenants : Nicolas Girod, agriculteurs en Comté et porte-parole de la Confédération Paysanne, Danielle Brulebois députée LREM de la 1ère circonscription du Jura et Marie-Christine Chauvin sénatrice du Jura Les Républicains.


Voté le 23 juillet dernier à l'Assemblée nationale, le controversé accord de libre échange entre l'Union Européenne et le Canada (CETA), avait été approuvé par les députés à 266 voix contre 213.
Elle est l'une des deux seules parlementaires franc-comtoises à avoir approuvé le texte, la députée LREM Danielle Brulebois (1ere circonscription du Jura), contrairement à d'autres, a suivi le vote de son parti. Les autres élus du Jura au contraire se sont prononcés contre, il s'agit de Jean-Marie Sermier (LR, 3eme circonscription du Jura), Marie-Christine Dalloz (LR, 2eme circonscription du Jura). 

Entré en partie en vigueur après avoir été approuvé par le Parlement européen en février 2017, le CETA doit ensuite être validé par toutes les assemblées nationales et régionales d'Europe.
Le projet de ratification est envoyé au Sénat, où il devrait être examiné d’ici à la fin de l’année. En cas de vote positif, le texte du CETA sera définitivement ratifié par la France, mais en cas de vote négatif, il reviendra à l’Assemblée, qui aura le dernier mot.


 

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