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Alstom à Belfort : la fin d'une aventure industrielle

La motrice TGV 001 était partie en restauration / © France 3 Franche-Comté
La motrice TGV 001 était partie en restauration / © France 3 Franche-Comté

Alstom a donné le statut de ville industrielle à Belfort, avant son arrivée vers 1879, c'était une simple ville de garnison. Alstom, c'est aussi la fierté des Belfortains lors de la sortie de la motrice 001 du TGV en 1972. Une motrice qui trônait au dessus de l'A36 comme symbole de la ville.

Par Isabelle Brunnarius

Alstom a joué un rôle important dans le développement des industries du transport et de l’énergie en France. Cette histoire a été racontée par deux historiens de l’Université de Technologies de Belfort-Montbéliard (UTBM), Robert Belot et Pierre Lamard. 

L'ancêtre d'Alstom s'est installé à Belfort au lendemain de la guerre de 1870.  Craignant de passer sous la tutelle allemande après la défaite de 1870 et de perdre le marché français, l'ancêtre d'Alstom, la Société Alsacienne de Construction Mécanique, la SACM, installe à Belfort une antenne destinée au montage et à la finition de ses produits. 

Pour Pierre Lamard, "c'est le retour du chemin de fer en Alsace". D'ici deux ans, 400 des 480 postes belfortains doivent être transférés en Alsace sur le site de Reichshoffen. 

Le site belfortain va se développer avec la construction des locomotives à la fin du XIXe siècle et de la mécanique lourde. Dès 1888, la SACM sait que la construction électrique représente l'avenir. 

En 1913, le site de Belfort devient une entreprise française à part entière. A la veille de la déclaration de guerre de 1914, la SACM de Belfort emploie 5 191 ouvriers. Après la victoire de 1918, la SACM récupère les usines alsaciennes. 

Puis vient la diversification vers le marché de l'énergie. En 1928, la SACM et la Compagnie Française Thomson-Houston (CFTH), filiale française de General Electric, fusionnent une partie de leurs activités de génie électrique et de transport ferroviaire. Ils donnent comme nom à cette filiale commune : Als.Thom en référence aux débuts des noms des deux entreprises. Quatre ans plus tard, l'entreprise sera baptisé Alsthom, avec un h comme homme diront plus tard les salariés. L'entreprise perdra son “h” lors de son introduction en bourse en 1998 pour devenir Alstom.

La gloire industrielle d'Alstom est marquée par le record du monde de vitesse sur rail à 331 km/h décroché le 28 mars 1955 puis surtout par la mise au point avec la SNCF du TGV. Le prototype est présenté en 1971 et la version définitive électrique mise en service en 1981. Un nouveau record de vitesse sur rail est battu le 3 avril 2007 à 574,8 km/h !

Les branches énergie et transports ont longtemps été le poumon industriel de Belfort. En 1999, le groupe Alstom employait 113 700 personnes dans le monde dont 47 754 en France. Mais les difficultés surviennent lors de cette décennie 90. Les pertes financières s'accumulent. En 2015, l'activité énergie d'Alstom tombe entièrement dans le giron du géant américain General Electric, lui même installé à Belfort.

Alstom a désormais recentré son activité uniquement sur les transports. 8800 personnes travaillent sur les 12 sites français. En Europe, le groupe emploie 21 250 personnes. Il y a trois sites en Bourgogne Franche-Comté : Le Creusot (bogies), Ornans (moteurs) et Belfort qui fabrique des locomotives et des motrices. 

Alstom et Belfort, toute une histoire
Reportage France Info et Coralie Roland

 

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