L'association L214 publie des images qu'elle juge choquantes d'un abattoir de chevaux dans le Jura

Peut-on tuer un cheval avec respect ? Non selon l'association L214. / © L214
Peut-on tuer un cheval avec respect ? Non selon l'association L214. / © L214

Les militants de l'association ont introduit des caméras dans le plus gros abattoir de chevaux en France situé dans le Jura, à Equevillon (39). Un établissement qui respecte les règles, précise l'association. Mais cette fois, L214 veut lancer un débat de fond sur l'éthique animale.

Par M.D et S.C

Des chevaux pendus par les sabots, étourdis et abattus. Ce sont les nouvelles images tournées par L214 dans un abattoir du Jura, à Equevillon, et diffusées par Konbini news. Des scènes "choquantes", selon l'association bien que les règles d'abattage soient respectées.

Contacté, l'établissement confirme qu'il respecte bien les règles sanitaires. Ce dernier a porté plainte après avoir découvert, dans ses locaux, des caméras posées par l'association de défense des animaux L214.
 
La triste fin des chevaux de course

De son côté, l'association de défense des animaux affirme avoir respecté la loi : "aucun de nos militants ne s'est introduit sur les lieux, nous nous appuyons sur des personnes en interne, que ce soit des employés ou des prestataires".

Dans cet abattoir sont tués différents chevaux chaque année : chevaux de trait pour la viande, et anciens chevaux de course. Cela fait partie de l'activité de l'abattoir jurassien.

 

Lancer un débat de fond


Si L214 reconnaît que l'établissement se conforme à la législation, l'association veut, cette fois, lancer un débat de fond sur le marché de la viande. "L'abattoir dit qu'il respecte les animaux, mais on constate quand même que les employés utilisent la force pour étourdir et abattre les bêtes. Alors on voudrait porter la question du respect et de l'éthique animale au coeur du débat public", affirme Sébastien Arsac, directeur des enquêtes.

Il est temps de passer à un questionnement plus global, selon l'association qui demande au président de la République de mettre en oeuvre "une politique volontariste et ambitieuse afin de réduire d'au moins 25 % d'ici 2025 le nombre d'animaux tués dans les abattoirs français".
 

Sébastien Arsac assure que, pour l'heure, le gouvernement "encourage la production de viande en ouvrant des marchés". Le membre de l'association préconise de baisser les subventions françaises et européennes dont profite la filière de la viande pour "encourager la végétalisation de notre alimentation, parce que cela répond à l'intérêt général en termes de santé publique et d'éthique".

Cette enquête est la onzième en trois ans de L214. L'association affirme qu'elle n'a jamais été condamnée suite à la diffusion de ses images.

 

La Confédération Paysanne apporte son soutien à l'abattoir de Champagnole

Le syndicat agricole a publié un communiqué au lendemain de la divulgation des images tournées par L214 : 

L214 vient de sortir une énième vidéo visant à choquer le public et à le rallier exclusivement à sa cause. Cette fois-ci, L214 ne s'encombre pas de discours sur l'amélioration des pratiques d'abattage et d'élevage, en montrant son vrai visage: en finir avec l'élevage et l'abattage tout court.
Abolir l'élevage paysan est pourtant une aberration écologique, socio-économique et éthique. Derrière ces images, le sensationnalisme recherché empêche le débat de société sur les bonnes pratiques d'élevage et d'abattage d'avancer concrètement en faveur du bien-être des éleveurs et de la bientraitance animale : baisse des cadences d'abattage, formation du personnel, abattage de proximité et à la ferme, élevage paysan, sortir de l'impératif de la rentabilité à tout prix, lutte contre l'industrialisation, recherche scientifique et éthologique, adaptation du matériel aux spécificités de chaque espèce, etc.
L'abattoir de Champagnole est un établissement exemplaire, conforme aux réglementations et attentif à la bientraitance animale.
Nous apportons notre soutien sans failles à cette structure de proximité, compétente, essentielle pour les éleveurs et incontournable pour la filière équine française.
Éluder la question de la fin de vie des chevaux n'est d'ailleurs pas la solution. La poursuite de la finalité alimentaire des équidés est pour nous souhaitable, sur le plan éthique, social et économique. Ces pays où le cheval n'est pas consommé se retrouvent dans des situations d'abandon d'animaux, ou de surpopulation avec abatage au tir à l’hélicoptère pour gérer les surpopulations dans les troupeaux semi-sauvages.
La disparition des espèces d'élevage, du tissu d'éleveurs et d'abattoirs de nos régions, comme le souhaite L214, serait une catastrophe.

 

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