Bourgogne : nouveau samedi de mobilisation des intermittents du spectacle et des précaires

Ce samedi 20 mars est à nouveau marqué par des mobilisations d'intermittents du spectacle, pour attirer l'attention sur l'aspect social du secteur. A Chalon-sur-Saône, Monéteau (Yonne) et Dijon, des espaces de discussion pour évoquer la précarité de leur statut.

Le Grand Théâtre de Dijon est occupé par les intermittents
Le Grand Théâtre de Dijon est occupé par les intermittents © FTV François Latour

A Dijon, les intermittents du spectacle occupent le Grand Théâtre depuis lundi 15 mars. Ce samedi 20 mars vers 14 heures, une manifestation de soutien s'est tenue, rassemblant 300 à 400 personnes.

Les slogans des intermittents lors de l'agora qui s'est tenue vers 14 heures samedi 20 mars
Les slogans des intermittents lors de l'agora qui s'est tenue vers 14 heures samedi 20 mars © FTV François Latour

Franck Halimi, comédien, membre de la Coordination Nationale des Intermittents et Précaires, et membre de la section de Bourgogne, rappelle le volet social de la mobilisation : "La norme devient le CDD et le CDDU (ndlr : CDD d'Usage) avec une précarité installée, qui arrange bien.".
De plus, l'auto-entreprenariat est dénoncé par les intermittents du spectacle et de l'emploi, car selon M.Halimi, il "ouvre la porte à la précarité."
Franck Halimi souhaite aussi apporter la précision suivante : "Notre mobilisation partait sur la question des droits sociaux, c'est la vraie question qui interroge maintenant. Ce n'est pas forcément la question de réouvrir les lieux culturels. Nous, on veut des droits sociaux ouverts au plus grand nombre, pour amortir cette crise sanitaire, pour le plus grand nombre.
On veut que l'année blanche soit élargie aux intermittents de l'emploi : ce sont les vacataires, les intérimaires, les cachetiers (hôtellerie, restauration par exemple) Ils n'ont aucune indemnisation, c'est une calamité."

M.Halimi rappelle que l'action des intermittents permet d'interpeler le gouvernement : "Nous ne jouons plus, nous luttons." 
Quant à la question de la réouverture des lieux culturels, elle apparait comme moins prioritaire que le volet social, porté par la Coordination.
Franck Halimi soulève la question suivante : "Si on nous accorde la réouverture des lieux, comment on peut tous s'en sortir ? Si au 31 août 2021 (ndlr : date butoir de l'année blanche pour les intermittents), ça s'arrête, il faut que tous les lieux culturels soient en état d'accueillir des spectacles pour nous permettre de travailler."

A Auxerre, le témoignage de Valentin, musicien du groupe "Danakil"

Cet après midi au Silex, salle de musiques actuelles (SMAC) sur la commune de Monéteau, c'est un rassemblement de nombreux sympathisants pour le spectacle vivant qui s'est effectué.
Le moment était un peu "festif", selon Valentin Andry, musicien du groupe "Danakil" et présent lors du rassemblement. De nombreuses prises de paroles se sont faites, avec des témoignages de professionnels du secteur.
Valentin joue dans un groupe de renommée nationale, et la plupart des concerts s'effectuent avec le public en "station debout". Pour l'heure, la seule règle est d'asseoir le public, avec une distance de deux mètres entre chaque rang. Pour Valentin, il y a une incohérence totale avec la réalité : "des concerts avec le public installé comme ça et on a le dernier rang qui est à 200 mètres de la scène, soit presque la longueur de deux terrains de football. Ca n'est pas possible !"

La voie souhaitée par les intermittents serait celle de la réouverture des lieux culturels, pour "expérimenter". Valentin déplore l'urgence pour trouver des solutions : "on ne peut pas rester comme ça ! Je n'ai pas de solution, certains maires sont volontaires, comme le maire de Joigny qui était présent , pour expérimenter des pratiques musicales."

Et pour conclure, Valentin regrette : "on ne peut pas laisser l'expression culturelle et artistique à l'arrêt comme ça. Il faut qu'on ait des perspectives !"

Le rassemblement à Monéteau près du "Silex" samedi après-midi 20 mars
Le rassemblement à Monéteau près du "Silex" samedi après-midi 20 mars © Valentin Andry

A Chalon-sur-Saône, un rassemblement à l'Espace des Arts "ouvert"

Nadège  fait partie du mouvement "Occupons l'Espace des Arts". Elle rappelle que l'action qui s'effectue à Chalon "s'inscrit dans le mouvement national initié le 8 mars, on s'inscrit dans la liberté de vie."
A Chalon, l'action est simple : "On a décidé d'inviter tout le monde à venir occuper : c'est appel massif à occuper l'espace. On ne demande pas de soutiens, c'est un espace qui est ouvert pour occuper. C'est l'Espace des Arts et des Autres. On investit un espace pour vivre, pour refaire de l'humain. Le propos politique est 'venez, échangez, discutez"

Nadège rappelle : "on nous empêche de vivre actuellement. C'est un appel à occuper un lieu pour remettre de la vie et de l'humain, c'est un appel philosophique."

Pour l'instant, c'est une occupation de jour qui s'effectue à l'Espace des Arts, un noyau de personnes se relaie pour maintenir la présence. Il y a une agora tous les jours à 14h et pique-nique à 12h30.
Le mouvement est contactable sur le lien suivant : https://www.facebook.com/occupationEspacedesarts

A l'intérieur de l'Espace des Arts, un cercle de discussion, samedi après-midi 20 mars
A l'intérieur de l'Espace des Arts, un cercle de discussion, samedi après-midi 20 mars © FTV Anthony Borlot

Une expérimentation avec un spectacle en streaming

Un spectacle humoristique, sans spectateurs, est proposé le temps du week-end des 20 et 21 mars à l'Espace des Arts. Intitulé "l'Humour du Risque", deux soirées tournées dans les conditions d'une émission de télé : https://www.espace-des-arts.com/saison/lhumour-du-risque

Le reportage d'Alexandre Baudrand et Anthony Borlot
Intervenants :

Chalon-sur-Saône : un spectacle sans spectateurs à l'Espace des Arts "l'Humour du risque"

 

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