Les intermittents du spectacle occupent le Grand Théâtre de Dijon pour exprimer leurs inquiétudes

Le théâtre de Dijon est le 40ème à être occupé symboliquement en France. Les manifestants réclament notamment certaines garanties sociales.

Le mouvement regroupe 50 à 60 personnes qui se relaient quotidiennement.
Le mouvement regroupe 50 à 60 personnes qui se relaient quotidiennement. © Fabienne Acosta

Les intermittents du spectacle remettent ça. 11 jours après s’être réunis place de la Libération à Dijon, les acteurs du monde de la culture se rassemblent à nouveau, mais cette fois-ci devant le Grand Théâtre de la ville. Une assemblée générale a été ainsi organisée ce lundi dès 14h00 par la Coordination des Interluttants et Précaires (CIP) Bourgogne et le Syndicat Français des Artistes-Interprètes (SFA) Bourgogne CGT Spectacle.

Le 4 mars dernier, 250 à 300 personnes avaient ainsi manifesté, réclamant notamment la réouverture des lieux culturels. Le jour même, des intermittents décidaient d’occuper le théâtre de l’Odéon à Paris. Depuis, le mouvement s’est étendu sur tous les territoires. "On a décidé de suivre le mouvement national pour venir occuper ce lieu. Ça s'est plutôt bien passé", décrit Agnès Billard, membre du CIP de Bourgogne.

Ce lundi, 40 établissements culturels sont occupés, en comptant le Grand Théâtre de Dijon. La mobilisation du jour concerne les acteurs du secteur de la culture, mais également ceux de l’évènementiel, de l’hôtellerie et tous les salariés en contrat-court, les étudiants précaires, les intérimaires ou les saisonniers.

 

Demande de garanties sociales

Si l’assemblée générale appelle, comme le 4 mars, à une réouverture des lieux de culture, elle entend surtout obtenir des garanties sur le plan social. Avec une demande prioritaire : abroger la réforme d’assurance chômage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain. "Ce sont avant-tout des revendications sociales qui s'élargissent à tous les précaires. La réouverture des lieux de culture est une revendication, mais ce n'est pas notre revendication principale", affirme Agnès Billard.

Privés de scène, les intermittents occupent le théâtre pour garantir leurs droits.
Privés de scène, les intermittents occupent le théâtre pour garantir leurs droits. © Fabienne Acosta

Le mouvement réclame également la prolongation des droits à l’assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et de l’audiovisuel au-delà du 31 Août 2021. Et ce, au minimum un an après la reprise de l’activité culturelle.

Des thématiques qui ont été abordées tout au long de cette assemblée générale à travers des témoignages et des prises de parole. Thibault Daquin s'est d'ailleurs exprimé ce lundi après-midi. Ce chanteur dijonnais a affirmé que la culture résisterait, mais a confié craindre qu'elle devienne gratuite à terme, entraînant alors de lourdes pertes et des dégâts collatéraux.

"Il faut considérer le travail des arts comme un vrai travail. On a besoin d'avoir une forme de sécurité, avec un salaire pour vivre comme n'importe qui. Si on avait un vrai salaire, il n'y aurait pas de problème quant au respect du confinement. Le problème, c'est qu'on a un statut très précaire, donc quand il y a une crise, on trinque".

 

François Rebsamen présent

Venu suivre le mouvement, François Rebsamen a affirmé son soutien aux manifestants présents. "C'est un vrai sujet pour notre société de voir le monde de la culture à l'arrêt et sans perspective, explique le maire de Dijon. On veut que la culture rouvre, qu'ils aient une date, qu'ils puissent retravailler, recréer, et qu'ils puissent continuer à vivre de leur travail".

 

Une occupation de nuit

Dans le prolongement de ce mouvement, le Grand Théâtre de Dijon sera également occupé chaque nuit. Dès ce soir, ce sont 20 personnes qui dormiront ainsi sur place. "Il y a déjà énormément d'inscrits. On va s'installer, et être en lien avec les autres lieux occupés avec des conférences en visio et des réunions zoom. On va essayer de faire en sorte qu'il y ait une prise de parole une fois par jour pour s'exprimer sur les sujets sociaux", détaille Agnès Billard.

On ne craint pas la durée du mouvement. On est dans l'inconnu mais on est motivés.

Agnès Billard, membre du CIP Bourgogne

Le mouvement n'a pour l'instant aucune date de fin. "On va se relayer, explique la chargée de production. On craint finalement plus le moment où les revendications seront entendues et où on va nous apporter des réponses". Dans la région, le théâtre de la ville de Besançon est également occupé par des intermittents du spectacle depuis plusieurs jours.

Les intermittents du spectacle occupent le Grand Théâtre de Dijon pour exprimer leurs inquiétudes

 

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