Bac 2020 : contrôle continu, harmonisation des résultats... les élèves ont-ils été surnotés ?

L’examen perturbé par l’épidémie de coronavirus, c’est sur la base du contrôle continu que les élèves ont été notés. Un jury d'harmonisation des résultats veille à ce que les établissements ne "surnotent" leurs futurs bacheliers.

ILLUSTRATION. Dans un contexte sanitaire inédit, les futurs bacheliers s'inquiètent d'un diplôme "sans valeur" et d'une forme de surnotation de la part de leurs enseignants.
ILLUSTRATION. Dans un contexte sanitaire inédit, les futurs bacheliers s'inquiètent d'un diplôme "sans valeur" et d'une forme de surnotation de la part de leurs enseignants. © Josselin CLAIR / MaxPPP
En Bourgogne, 15 941 élèves de terminale découvriront dans quelques heures les résultats du Bac. Alors que les épreuves finales ont été supprimées de l’examen du baccalauréat à cause de la crise sanitaire, le ministère de l’Education Nationale a fait du contrôle continu la règle pour cette année.

Comment ont été notés les terminales ?

Dans un communiqué, l’académie de Dijon précise les modalités d’évaluation : les notes des épreuves anticipées et des épreuves facultatives passées avant le confinement comptent toujours, ainsi que les résultats du premier et du deuxième trimestres de l’année de terminale. Aucune note attribuée pendant la fermeture administrative des lycées n’a pu être prise en compte dans le cadre du contrôle continu.

Des jurys d’examen se sont ensuite réunis pour réévaluer et harmoniser les notes. L’académie de Dijon a demandé aux enseignants de considérer les appréciations ainsi que les efforts qui auraient été fournis par les élèves pendant le confinement. « Chaque enseignant étant libre de sa notation, les jurys sont là pour vérifier qu’il n’y a pas d’écarts entre les notes rentrées et les résultats habituels des établissements » précise Pierre Giezek, responsable syndical FSU en Saône-et-Loire. Les jurys ont en effet reçu des indicateurs de résultats et des taux de réussite sur les trois dernières sessions pour chaque établissement. Un moyen pour les jurys de vérifier que les notes correspondent aux résultats habituels et qu’aucun élève n’a été surnoté ou sous-noté, ou qu'aucun lycée ne cherche à gonfler ses statistiques.

Des écarts de notes entre établissements privés et publics ?

« Si nous constatons un écart, nous nous chargeons de remonter les notes » explique Pierre Giezek. Un exercice « très compliqué » selon le responsable syndical. Les jurys ont passé en revue davantage de dossiers. « Nous avons essayé d’harmoniser les notes pour ceux qui étaient juste en dessous de 8 ou de 10, mais aussi pour ceux qui étaient proches des mentions » ajoute Olivier Thiebaut du syndicat SNES 89. « Avant même les réunions de jury, on nous a fait remonter des notes différentes d’un établissement à un autre… Nous avons eu l’impression qu’avec les élèves du privé, il y avait eu davantage de surnotations. »

Lors des sessions d’harmonisation des résultats, « aucune note n’est remontée au-delà de deux points par matière. Evidemment, nous devons être capables d’apporter des éléments tangibles liés au comportement de l’élève, son assiduité ou ses efforts pour justifier la nouvelle note » précise Olivier Thiebaut. Nos confrères de Franceinfo précisent que le ministère de l'Education nationale a assuré qu'un "contrôle administratif" pourrait "être mis en place" s'il constate "des pratiques inadaptées".

Un bac "donné" et sans "aucune valeur" ?

Le bac sera-t-il donc « donné » cette année comme il est coutume de l’entendre ? Alors qu'il a été réformé et que la promo 2020 est la dernière à passer l’examen sous sa forme traditionnelle, beaucoup d’élèves s’inquiètent que leur diplôme leur soit « donné » et qu’il n’ait « aucune valeur ».

Pierre Gezek refuse de remettre en cause la légitimité du bac édition 2020, « car ce serait mettre un sacré coup à ces jeunes qui n’ont rien demandé […] Tous les acteurs du système ont dû s’adapter à cette période exceptionnelle, même les élèves ! » Olivier Thiebaut ajoute que « le bac ne sera pas plus donné cette année qu’une autre. En outre, le contrôle continu joue généralement en défaveur des élèves. » Les deux enseignants rapportent la déception des élèves et leurs inquiétudes face à ce type d’évaluation, « puisque certains d’entre eux comptaient mettre un coup de collier au troisième trimestre », avant que l'épidémie de coronavirus ne vienne les freiner dans leur élan. Des épreuves terminales auraient permis aux élèves de "se rattraper."

Les deux enseignants prévoient « comme chaque année, des heureuses et des mauvaises surprises pour cette promo » qui restera malheureusement dans les annales, non pas comme la dernière promo à passer le bac traditionnel, mais plutôt comme la promo Covid.
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