Dernier jour pour les voeux Parcoursup : nos conseils aux lycéens pour moins avoir la pression

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À la veille de la clôture des voeux sur la plateforme Parcoursup, les élèves semblent pour la plupart avoir intégré le processus d'inscription pour les voeux post-bac. Mais c'est toujours un moment de tension, un moment important qu'il ne faut pas négliger.

La plateforme web Parcoursup, destinée à recueillir les voeux d'affectation des futurs étudiants de l'enseignement supérieur, génère toujours un moment de tension pour les élèves. Le dernier jour pour déposer ses voeux avant la clôture, c'est ce mardi 29 mars.

Une machine qui commence à être rôdée

Mis en place en 2018, le site web de Parcoursup avait fait grincer des dents parents d'élèves et lycéens lors de son premier déploiement. Des lenteurs de fonctionnement et l'opacité du système avaient été pointés du doigt.

Depuis, le site s'est amélioré, s'est enrichi d'informations complémentaires, et des sessions d'information régulières ont été délivrées dans les établissements à destination des parents et des élèves. Les professeurs principaux sont aussi présents en appui aux élèves de terminale pour compléter Parcoursup.

Comme témoigne Pierre (voir vidéo ci-dessous), élève de Terminale au Lycée Charles de Gaulle à Dijon (Côte-d'Or), l'inscription "est plutôt facile."

Un processus "anxiogène" ?

Laura de Winne est élue au conseil académique de la vie lycéenne. A l'écoute des lycéens, ce conseil se réunissait ce lundi 28 mars et Parcoursup était à l'ordre du jour. 

L'élue évoque effectivement une forme de "pression" sur les épaules des élèves de terminale, à lister les choix et parfois, selon les établissements "des manques dans l'information, qui se font en dernière minute".

La représentante lycéenne nuance le propos autour de Parcoursup et des lycéens : « Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui fait peur, je pense qu’ils ont hâte que ça se termine, qu’ils peuvent passer à autre chose et ne plus avoir cette pression derrière ‘est-ce que j’ai bien rempli mes vœux, est-ce que l’ai fait correctement ?’...et ce genre de choses. » 

Le danger, c'est d'être noyé par la masse d'informations

Didier Porthault

psychologue au Centre d'Information et d'Orientation (CIO)

Les Conseillers du Centre d'Information et d'Orientation (CIO) de Dijon sont en première ligne pour fournir les renseignements complémentaires aux familles. Souvent, les élèves sont accompagnés de leurs parents, et beaucoup d'informations leurs sont transmises. Mais comme le souligne Didier Porthault, psychologue de l'Éducation Nationale au CIO, "le danger, c'est d'être noyé par la masse d'informations, il faut prendre le temps de bien lire les fiches des différentes formations."

D'une façon générale, Parcoursup est un outil "qui semble rentré dans les moeurs maintenant" selon Didier Porthault.
"Ça reste une plateforme qui est complexe", mais le psychologue souligne "qu'il y a eu de la préparation dans les établissements, avec des réunions spécifiques pour les parents, puis pour les élèves. Les professeurs principaux reprennent le processus en classe avec les élèves."

Faire le plus de voeux possibles, ne pas s'auto-censurer

Cette année, avec 19521 formations proposées aux lycéens, le système va recenser environ 11 millions de voeux.

Tous les profils existent parmi les élèves : il y a les élèves qui anticipent plusieurs mois à l'avance, sont déjà documentés et savent où ils veulent aller. D'autres élèves plus hésitants sont perdus en milieu d'année, et il y a toujours des "choix de dernière minute, où des lycéens se précipitent la veille de la clôture."


Le conseil est de faire le plus de voeux possibles, et ne pas s'auto-censurer. 

Néanmoins, les élèves qui viennent au CIO ne sont parfois que guidés par une idée de métier, "ce qui n'est pas indispensable", souligne Didier Porthault. "On doit se positionner avec la poursuite d'études. On le voit pour les classes préparatoires, la décision de faire une classe prépa n'est pas évidente. Il y a une forme d'attente d'exigence qui rend les lycéens anxieux, alors que certaines prépas sont peu connues, par exemple pour les bacs technologiques."

Devant l'incertitude et l'anxiété de certains choix, les conseillers d'orientation vont rassurer les lycéens "sur les couples de spécialités choisis, par rapport aux formations envisagées. Nous sommes là pour rappeler les statistiques de taux de réussite aux élèves."

De plus, des efforts ont été faits sur la transparence du système. Sur la plateforme Parcoursup, des rapports sur la commission d'examen des voeux sont maintenant publiés, et d'une façon générale, davantage d'informations ont été données aux familles.

Comment bien remplir ses voeux ?

Le psychologue du CIO donne comme conseil d'appliquer deux stratégies  : "une ambitieuse et une prudente". Il faut en premier lieu formuler les choix que l'on veut vraiment, mais aussi prévoir au moins des solutions de repli, en cas de refus sur un choix. 

Autre conseil : ne pas hésiter à rajouter des compétences ou des expériences extra-scolaires, "elles sont attendues notamment dans les formations très sélectives, où certaines compétences pourraient faire la différence." 

Un autre point évoqué par le conseiller, l'année de césure, qui permet de suspendre l'inscription à un établissement pendant un an, sans qu'elle ne devienne caduque. "C'est intéressant pour éventuellement faire une formation à l'étranger, ou tout simplement acquérir une expérience de la vie, mais bénéficier au retour de la place dans une formation."