Météo en Bourgogne : "les pluies du mois de mai ont permis de revenir à des niveaux normaux" dans les nappes phréatiques

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Écrit par Yoann Etienne
Les nappes phréatiques ont souffert avec la sécheresse estivale.
Les nappes phréatiques ont souffert avec la sécheresse estivale. © Lionel VADAM - maxPPP

Grâce aux pluies importantes du mois de mai, les nappes phréatiques de Bourgogne ont retrouvé un niveau globalement normal. Une bonne nouvelle, même si la vigilance reste de mise avec le risque d'un été chaud et sec. Explications. 

 

Depuis quelques jours, le soleil et la chaleur sont de retour en Bourgogne. Un temps qui constraste avec la météo pluvieuse du mois de mai. Les cumuls de pluie sont 1,5 à 2 fois plus importants que la normale. 

"Contrairement aux mois de mars et avril qui avaient été plutôt secs, on a changé de régime au mois de mai", confirme François Lequeu, prévisionniste-conseil au centre de Dijon de Météo France. "La pluviométrie a été assez excédentaire sur l'ensemble de la Bourgogne. Sur le département de la Côte-d'Or par exemple, on a eu en cumul de 75 à 125 mm sur le mois de mai.

Un mal nécessaire pour permettre aux nappes phréatiques de retrouver des niveaux globalement normaux. "On ne peut pas dire que les nappes ont été bien rechargées, mais qu'elles sont revenues à des niveaux normaux alors que sur les mois précédents on était sur des niveaux bas, voire très bas," explique Clément Doney, hydrogéologue au bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). "Là, les niveaux actuels qu’on a retrouvé fin mai sont de l’ordre de la moyenne mensuelle du mois de mai sur ces 15 dernières années."

Un début de printemps très sec en Bourgogne 

Ce mois de mai (très) humide fait suite à trois mois plus secs en Bourgogne. Février, mars et avril ont été très nettement déficitaires en pluie. "On a pu voir que dès le mois de mars, les nappes commençaient déjà à baisser du fait d’une mauvaise recharge dûe au déficit de pluie que l’on a connu dès le mois de février" constate Clément Doney. 

Selon l'hydrogéologue, on n'est pas passé loin de problèmes au niveau des eaux souterraines. "Si on n’avait pas eu ces pluies-là, on aurait entamé la période estivale dans de mauvaises conditions. On aurait connu un problème au niveau des nappes."

Mais avec un mois de janvier et un mois de mai excédentaires, la situation est pratiquement conforme aux normales depuis le début de l'année. 

Les pluies estivales peu efficaces

Cependant, Clément Doney explique qu'à la fin du printemps et au début de l'été, les pluies sont nettement moins efficaces sur le rechargement des nappes phréatiques. "Il n’y a qu’une infime partie des pluies qui vont réussir à venir jusqu'à la nappe. Cela va être très peu efficace" explique l'hydrogéologue. "Les pluies orageuses ont tendance à ruisseler. Au niveau des nappes, elles vont avoir peu d’effets."

Une vigilance accrue sur le risque de sécheresse 

Même si les nappes se sont rechargées, il faut quand même faire preuve de vigilance prévient Clément Doney. "Ce n’est pas parce qu’on est revenu à des niveaux moyens aujourd’hui qu’il ne faut pas faire attention." En Bourgogne, les nappes phréatiques réagissent rapidement aux variations climatiques aux pluies et aux sécheresses. "Si dans les mois prochains, on retombe sur des sécheresses, cela pourrait avoir des conséquences."

Début mai, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), établissement public qui surveille notamment le niveau des nappes phréatiques, pointait dans ses prévisions saisonnières pour mai à juillet un risque de sécheresse fort voire très fort en Bourgogne-Franche Comté. Selon la carte publiée qu'il a publié début mai 2021, seul le nord et l'ouest de l'Yonne ne sont pas menacés par un risque de sécheresse cet été dans notre région. "Dans des zones comme le massif crayeux du nord et de l'ouest de l'Yonne, on a des réservoirs plus importants qui réagissent moins aux variations climatiques. Là, on est dans des conditions qui sont meilleures."

Dans d'autres zones où les nappes phréatiques ont des réservoirs plus réduits, des réserves plus faibles comme l’Auxois, le Châtillonais ou certaines secteurs dans la Nièvre, font l'objet d'une surveillance renforcée. 

Cependant, les pluies du mois de mai n’étaient pas prises en compte. "Reste à savoir comment va évoluer le climat dans les mois qui viennent, on ne sait pas. Il faut donc rester vigilant."

 

Du côté de Météo France, on s'attend pour l'heure à un mois de juin et un mois de juillet un peu plus secs que la moyenne, mais rien de comparable à l'été dernier selon les dernières prévisions.  

 

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