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Chute des ventes de tabac : les buralistes se préparent à changer d'activité

La vente de cigarettes n'est plus la seule activité des bureaux de tabac / © Caroline Jouret
La vente de cigarettes n'est plus la seule activité des bureaux de tabac / © Caroline Jouret

L'avenir des buralistes va évoluer, en prévision de la baisse des ventes de tabac. A cet effet, l'Etat (entre autres) accompagne la transformation des buralistes, pour les préparer à devenir une nouvelle forme de commerce de proximité.

Par F.L. (avec AFP)

La fin d'un monopole, sur fond de hausse des prix
25 000 buralistes sont implantés en France. Depuis la forte hausse du prix du tabac en mars, les ventes ont chuté de près de 20%.
Ce fort recul est intervenu juste après la hausse d'un euro du prix du paquet au 1er mars, une augmentation des prix qui va se poursuivre jusqu'en 2020. Le paquet à 10 euros est une réalité.
Le recul des ventes est une tendance amorcée depuis des mois mais qui s'est accentuée depuis le début de l'année 2018. En février, les ventes de cigarettes avaient enregistré une baisse de 4,42%, et de 2% en janvier.
En 2017, elles ont reculé de 1,48% en volume, un an après l'entrée en vigueur du paquet neutre en France. 
La traditionnelle "carotte" d'un bureau de tabac / © Fabien1309
La traditionnelle "carotte" d'un bureau de tabac / © Fabien1309

Un exemple, en Saône-et-Loire
Ils étaient 320 buralistes il y a 10 ans, maintenant ils sont 298 bureaux de tabac. 
En fait, 3 à 4 bureaux de tabac ferment par an. Difficulté supplémentaire, si la commune où se trouve le bureau de tabac qui ferme fait moins de 3000 habitants, sa disparition est définitive.

Une diversification de l'activité nécessaire, selon la Confédération des Buralistes
Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, a déclaré à l'AFP «Si l'on ne s'adapte pas, on sera balayé»
Dans un contexte de lutte antitabac qui ne peut que faire plonger les ventes dans le réseau légal, même s'il risque de faire exploser le marché parallèle, le patron des buralistes est bien décidé à accélérer la diversification de l'activité de ses ouailles.
Ces dernières vont ainsi vendre de plus en plus de cigarettes électroniques et autres systèmes de tabac à chauffer (chicha), réputés moins nocifs que les cigarettes classiques.
«Nous voulons aussi vendre chargeurs de portables, boissons et produits de snacking, confie Philippe Coy. Nous avons 10 millions de clients. C'est un atout pour ne pas laisser le commerce de proximité aux grands groupes de distribution.»
La vente de boissons chaudes ou froides, de snacking, de confiserie fait partie des pistes envisagées pour la diversification de l'activité des buralistes.

Une transformation accompagnée par trois accords
Pour financer cette transformation, la confédération a signé vendredi 2 février 2018 trois accords, avec l'État, la FDJ et Logista, le distributeur intermédiaire entre les industriels du tabac et les buralistes.
  1. L'État a ainsi créé un fonds de 20 millions d'euros par an sur 2018-2021 afin de financer la transformation de 8000 bureaux de tabac. Il s'engage aussi à une «remise transitoire» pour les buralistes dont l'activité tabac chuterait de plus de 15 % en valeur après la hausse des prix.
  2. La FDJ, de son côté, va augmenter la rémunération des détaillants sur les jeux de grattage et de tirage et moduler leur commission sur les paris sportifs. De plus, elle va supprimer le loyer exigé sur les mobiliers de présentation et rémunérer les actions promotionnelles.
  3. Logista, enfin, va permettre aux buralistes d'alléger leur trésorerie en augmentant son délai de paiement.
Le reportage de Caroline Jouret et Marianne Cazaux
Intervenants :
  • Sophie Lejeune, Secrétaire général de la Confédération des Buralistes
  • Thierry Mozzo, Buraliste
  • Laurent Maquart, Président départemental (71) de la Confédération des buralistes
Les buralistes préparent leur reconversion
Les buralistes se préparent à leur reconversion professionnelle, d'ici 2021, ils doivent se transformer en commerces de proximité

 

Un accord avec l'Etat pour la transformation du métier de buraliste

Le gouvernement et la confédération des buralistes ont signé vendredi 2 février un protocole d'accord pour aider à réduire la dépendance de ces derniers aux ventes de tabac, dont le gouvernement tente de réduire la consommation.
Ce nouveau protocole, qui s'étale sur la période 2018-2021, représente une enveloppe d'environ 100 millions d'euros, venant s'ajouter aux 68 millions d'euros d'un précédent protocole d'accord (2017-2021) signé avec le gouvernement en 2016 pour soutenir les buralistes. 
"L'objectif prioritaire de ce nouveau protocole est d'accompagner les buralistes dans la transformation profonde de leur métier, passant du modèle de débitant de tabac à celui de nouveau commerçant de proximité. Il prévoit à ce titre la création d'un fonds temporaire de transformation des buralistes destiné à permettre la mutation de la profession vers une moindre dépendance à l'activité de vente de tabac", écrivait le ministère des Comptes publics dans un communiqué.

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