Confinement : examen du permis autorisé, mais cours de conduite interdits... La grogne des gérants d'auto-écoles

Passer le permis, c’est oui. Mais prendre une leçon de conduite, c’est non. Comment envoyer des élèves passer des examens dans ces conditions ? Les règles de ce deuxième confinement suscitent l'indignation d'une gérante d'auto-école de Cluny, en Saône-et-Loire.
Les examens au permis de conduire sont maintenus mais les leçons interdites durant le confinement... une décision qui inquiète les gérants d'auto-écoles et leurs élèves.
Les examens au permis de conduire sont maintenus mais les leçons interdites durant le confinement... une décision qui inquiète les gérants d'auto-écoles et leurs élèves. © Romy Ho-A-Chuck / France Télévisions
Paradoxe de ce deuxième confinement, les candidats au permis de conduire sont autorisés à passer leur examen. En revanche, pas de leçon de conduite, ni de cours de code.

Inconcevable pour Sylvie Mougin, déléguée syndicale de Union nationale des indépendants de la conduite (Unic) de Saône-et-Loire. Cette gérante d'une auto-école à Cluny a préféré braver les interdictions et continuer de former certains élèves. Tout en prenant bien sûr les précautions sanitaires nécéssaires.

Erwan Ouati doit passer le permis dans deux semaines. Et avec 12 H de conduite au compteur, il est encore loin des 20 H requises. "D’un point de vue ne serait-ce que légal je ne peux pas le passer. J’ai besoin de continuer à me former, de pouvoir apprendre. Surtout que le permis c’est purement une nécessité pour moi. Aujourd’hui je suis jeune diplômé donc que ce soit en termes de mobilité géographique ou de besoin professionnel, sans permis je ne peux pas travailler", estime le jeune homme. 
  

135 euros d'amende en cas de contrôle


À chaque cours de conduite, ils encourent une amende de 135 euros pour non-respect du confinement. "Moi je vais prendre le risque, évidemment je paierai à la place de mon élève, mais j’arrêterai tout. Je ne vais pas prendre le risque de payer 135 euros à chaque leçon…", indique Sylvie Mougin. "Mais le souci, c’est qu’on n’est pas en fermeture administrative et on n’aura le droit à aucune aide."

Lors du premier confinement au printemps, elle percevait une aide de 1 500 euros compenser la fermeture. Cette fois l’auto-école reste ouverte mais sans heures de conduite, elle n'engrange pas de revenus.
 

Les syndicats interpellent le Premier ministre


Dans un courrier au Premier ministre, les syndicats dénoncent une injustice. "Limiter le rôle des écoles de conduite à la seule présentation de leurs élèves à l'examen aura des conséquences économiques dévastatrices sur des entreprises déà durement frappés par la crise", indique le texte.

"C'est pourquoi nous vous demandons qu'en cas d'interdiction de dispenser les leçons de conduite, les écoles de conduite soient éligibles aux dispositifs de soutien destinés aux activités fermées administrativement, au titre d'une activité qui ne peut pas être exercée dans des conditions normales.

 

Le gouvernement a répondu qu’un protocole sanitaire est à l’étude pour autoriser la reprise des leçons de conduite.  
 
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