Coronavirus Covid-19 : “la semaine prochaine s'annonce décisive”, que retenir de la conférence de presse de l'ARS ?

Un malade en réanimation. / © Vincent Isore - maxPPP
Un malade en réanimation. / © Vincent Isore - maxPPP

Ce vendredi 27 mars, l'Agence Régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté a fait un point sur l'épidémie de Covid-19. 690 personnes hospitalisées,  on compte 139 morts. Les capacités des lits de réanimation ne sont pas saturées à l'heure qu'il est. Des transferts de malades s'opèrent.

Par Sébastien Letard, Sophie Courageot

Le nombre de décès continue de s’accroitre en Bourgogne Franche-Comté

A ce jour, vendredi 27 mars, 690 patients sont hospitalisés. 185 sont en réanimation. Le nombre de morts augmente pour atteindre 139 décès. 431 personnes sont sorties des hôpitaux et sont en voie de guérison, a indiqué Pierre Pribille, directeur de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne Franche-Comté.
 


 

Le risque de saturation des lits en réanimation

On compte actuellement 185 malades hospitalisés en services de réanimation. « On reste sur une croissance linéaire et soutenue du nombre de patients graves » note Pierre Pribille. Chaque jour, ce sont entre 15 et 20 nouveaux patients qui sont accueillis dans ces services. Quand cette croissance va-t-elle s’infléchir ? « La réponse dépend du respect des mesures de confinement et des gestes barrière » répond le directeur général de l’ARS. « Mais la semaine prochaine sera décisive ».

A ce jour, il n’y a pas encore de situation de saturation note l’ARS. Ces dernières semaines, de nombreux services hospitaliers ont vu leur activité déprogrammée. Une centaine de lits supplémentaires a pu être réaffectée aux services de réanimation. Au total, la région en compte un peu plus de 280 actuellement « A ce jour, les hôpitaux ne sont pas saturés. Mais avec 185 malades en réanimation, on n’a plus que quelques jours avant de constater la saturation » explique Pierre Pribille. Il manque encore des respirateurs pour atteindre la capacité de 300 lits de réanimation, objectif dans la région.
 

La solidarité s’organise entre hôpitaux, cliniques et avec la Suisse voisine

Pour faire face à l’afflux de malades, la solidarité intra régionale est en place. Une cellule inter CHU coordonne les transferts de malades pour soulager certains sites et ne pas risquer la saturation. Trois transferts ont eu lieu vers l’hôpital de Chalon sur Saône, trois autres vers Nevers. Trois autres vers la Suisse voisine dans le cadre d’une entraide entre médecins et services qui ont l’habitude de travailler ensemble, a précisé le directeur de l’ARS. « Nous sommes en train d’activer d’autres scénarios avec d’autres régions françaises si la situation venait à s’aggraver » explique-t-il « De plus en plus, nous allons être amenés à opérer des transferts. Il en va de notre capacité à donner accès à tous les patients qui en auraient besoin à un lit en réanimation » ajoute Pierre Pribille.


La gestion des masques 

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’être en rupture » avance l’ARS pour expliquer l’imposition de quotas très stricts aux personnels soignants. L’agence régionale de santé reconnait néanmoins que la gestion peut se faire à flux tendus.

Dans la région, une première livraison de 600 000 masques type FFP2 a été faite notamment pour les médecins généralistes. Ils sont distribués par les pharmacies ce qui permet un quotas de 18 masques par semaine et par médecin.

Dans les hôpitaux, les EHPAD et es établissements médicaux sociaux, c’est l’ARS qui gère directement le stock. Une première livraison de 750 000 masques a eu lieu. Une seconde livraison de 1.5 millions de masques est attendue.

Concernant les dons des particuliers, des entreprises et des collectivités, l’ARS parle « d’une véritable troisième filière d’approvisionnement ». Plusieurs centaines de milliers de masques ont déjà été collectés selon l’ARS. Cela représente un apport «pas du tout négligeable pour compléter des dotations parfois pas suffisantes, notamment dans certains Ehpad » qui connaissent un nombre important de cas de coronavirus, reconnait Pierre Pribille.

En Côte d’Or, ce sont par exemple 11 000 masques qui ont été collectées par les gendarmeries auprès des mairies. L’ARS et l’Etat ont mis en place une plate-forme contributive en ligne pour permettre aux entreprises capables de produire du matériel médical de se faire connaître. 

 

Les tests de dépistage augmentent en nombre

L’Agence régionale de santé a donné l’autorisation à certains laboratoires privés à pratiquer des tests de dépistage du Covid-19. «On a besoin d’augmenter notre capacité à faire ces tests, mais il restent réservés pour l’instant aux soignants… Notre priorité est de protéger les soignants » a répété lors de la conférence de presse, le directeur de l’ARS. Le scénario d’un dépistage généralisé n’est à ce jour pas celui privilégié par les autorités sanitaires en France.
 

Les hôpitaux de Dijon et Besançon participent à des recherches sur les traitements

Pierre Pribille confirme que les deux grands CHRU de la région participent au programme Discovery. « On a des soignants qui sont mobilisés aussi sur ce front de la recherche. Cinq traitements (dont la chloroquine, ndlr) vont être testés lors d’essais cliniques sur plusieurs centaines de patients, à l’échelle de plusieurs établissements… On ne peut pas se permettre de passer à côté d’une chance. Ces études doivent être robustes » a précisé le directeur de l’ARS.


 

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