VIDÉO. Rentrée 2019 : que pensent les élèves des nouveautés du lycée et du bac ?

Flavie, Louis, Lou et Salomé, élèves au lycée Clos Maire de Beaune en Côte-d'Or. / © Valentin Chatelier / France 3 Bourgogne
Flavie, Louis, Lou et Salomé, élèves au lycée Clos Maire de Beaune en Côte-d'Or. / © Valentin Chatelier / France 3 Bourgogne

Le lycée change en cette rentrée 2019-2020. Les séries L, ES et S disparaissent et sont remplacées par des enseignements de spécialité. Le bac aussi commence sa mue. Nous avons interrogé des élèves de première à Beaune sur ces nouveautés.

Par M. F. avec AFP

1. Des spécialités en première

En classe de première générale, les séries littéraire (L), économique et social (ES) et scientifique (S) dans la voie générale sont supprimées en cette rentrée 2019-2020. À la place, les élèves ont dû choisir trois spécialités (parmi une liste de 12), qui seront ramenées à deux en terminale.

"On est perdus. Là, on a pris des options sans savoir vraiment comment ça va se passer", confie Flavie, qui entre en première au lycée Clos Maire, à Beaune, en Côte-d'Or. "On a pris nos options en seconde. En seconde, tu ne penses pas trop à ton bac, à plus tard, et là il faut se mettre tout de suite dedans".

La jeune femme a sélectionné les spécialités mathématiques, sciences de la vie et de la Terre (SVT) et sciences économiques et sociales (SES). Un choix dicté par l'orientation qu'elle compte prendre. "Pour faire infirmière, il fallait prendre maths et SVT. Et SES, c'était pour changer de voie professionnelle", explique-t-elle.
 
© Ministère de l'Éducation nationale
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2. Quelles sont les spécialités les plus demandées ? 

Selon les chiffres du ministère de l'Education, 26,1 % des élèves ont pris la combinaison maths-physique-SVT, reproduisant ainsi l'ancienne série scientifique.

La deuxième combinaison la plus demandée (par 6,8 %) associe l'histoire-géographie, les mathématiques et les sciences économiques. La troisième (6,5 % des élèves) combine l'histoire-géo, les langues et les sciences économiques.
 
"Avec cette réforme, nous avons voulu donner plus de choix aux lycéens et leur permettre d'approfondir davantage", a souligné ce lundi 2 septembre le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer sur France Info. Les élèves de première suivront aussi un enseignement en tronc commun, et des options s'ils le souhaitent.

"Les choix de matières sont beaucoup plus difficiles parce qu'on est sur un bac qui est beaucoup plus spécialisé, confie Louis qui a choisi des matières scientifiques comme la majorité des élèves. On ne choisit pas qu'une filière qui va être générale. On choisit vraiment une filière où on se spécialise. Il faut réfléchir plus qu'avant au post-bac et prendre ses matières en fonction du supérieur."

La carte des enseignements de spécialité dans les lycées publics et privés de l'académie de Dijon
source : ac-dijon.fr
 

3. Comment est organisé le nouveau bac ?

Le bac nouvelle formule consistera en quatre épreuves écrites : le français en première, deux épreuves dites de spécialité au mois de mars en terminale, et la philo en juin. Un grand oral, d'une durée de 20 minutes, se déroulera également en juin.

Les quatre épreuves écrites et le grand oral pèseront pour 60 % de la moyenne du bac. Le reste s'appuiera (pour 30 %) sur "des épreuves communes" (en histoire-géographie, langues vivantes, enseignement scientifique et la spécialité suivie uniquement en première), que les élèves passeront en première et en terminale.

Les sujets seront tirés d'une banque nationale de sujets tandis que les copies seront anonymisées et corrigées par d'autres professeurs que ceux de l'élève. L'organisation relèvera des établissements. Les 10 % restants de la note du bac seront apportés par les bulletins scolaires. "On souhaite qu'il y ait moins de bachotage dans le futur et plus de travail en continu", a rappelé le ministre Jean-Michel Blanquer ce lundi.

"Je trouve ça mieux, parce que si on se concentre vraiment et qu'on travaille bien, on a beaucoup plus de chances d'avoir le bac", explique Lou, lycéenne au lycée Clos Maire de Beaune. Un constat que partage Louis, scolarisé dans le même établissement. "Je pense qu'on sera beaucoup plus prêts pour les examens écrits à la fin, détaille-t-il. Ça oblige à avoir un bon niveau et à travailler tout au long de l'année."

Il y a des gens qui peuvent stresser au moment de l'examen écrit ou de ne pas être dans un bon jour. Le contrôle continu récompense vraiment ceux qui travaillent tout au long de l'année.
Louis, élève de première à Beaune

 
© Ministère de l'Éducation nationale
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4. Une réforme décriée

Contestée par un certain nombre d'enseignants, la réforme a provoqué en juin dernier une grève inédite des correcteurs du bac. La semaine dernière, Jean-Michel Blanquer a annoncé que des "comités de suivi" seraient mis en place pour tenir compte des difficultés éventuelles et décider d'aménagements. "Nous avons jusqu'à la fin du mois d'octobre pour décider des modalités exactes" du grand oral, a-t-il par exemple souligné ce lundi.

La réforme du bac nécessitait de revoir les programmes de seconde et première. Les précédents dataient de 2010. En histoire-géographie par exemple, les nouveaux programmes favorisent une approche "plus chronologique". Pour ceux qui ont choisi la spécialité mathématique - discipline absente du tronc commun - les programmes sont particulièrement exigeants. En français, le programme prévoit l'étude de douze oeuvres, et sera renouvelé par moitié tous les ans. De nouveaux manuels scolaires ont dû être édités pour intégrer ces changements.

"Cette réforme n'est pas totalement négative. Finalement, elle m'arrange", avoue Salomé qui aimerait avoir un métier en lien avec le dessin. Elle a privilégié la SVT, les arts ainsi que humanités, littérature et philosophie. "Je sais que ça va me fermer des portes. Mais je sais qu'il y en a d'autres qui sont ouvertes. Donc autant essayer", explique-t-elle.
 

On est les cobayes cette année. On ne sait pas vraiment comment ça va se passer. Les professeurs sont dans le flou, les élèves sont dans le flou. C'est normal qu'on soit tous perturbés. C'est positif pour moi mais je comprends que pour certains ce soit très négatif.
Salomé, élève de première à Beaune

 

 

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