2h40 avant d'avoir un taxi en sortie d'hôpital à Dijon, pourquoi autant d'attente ? On vous explique

Jean-Denis Armand, un retraité de Longvic (Côte-d'Or) a mené l'enquête, après avoir attendu 2h40 qu'un taxi vienne le récupérer à la sortie de l'hôpital privé de Dijon Bourgogne. Selon les éléments qu'il a glanés, certains chauffeurs refusent les courses de santé car moins bien rémunérées qu'un trajet normal.

C'est une mésaventure qui remonte au 23 septembre dernier. Jean-Denis Armand, un retraité qui vit à Longvic (Côte-d'Or) se rend à l'Hôpital Privé Dijon Bourgogne en taxi pour se faire opérer de l'épaule. Une fois l'intervention médicale terminée, il demande à l'accueil de la clinique de lui réserver un nouveau véhicule, auprès du même prestataire Taxis Dijon, pour rentrer chez lui. 

Sorti du service post-opératoire à 13h50, Jean-Denis Armand ne voit arriver son véhicule conventionné qu'à 16h30, soit 2h40 plus tard. Le retraité décide alors d'enquêter pour déterminer si d'autres personnes se sont retrouvées dans la même situation que lui. "Je me suis dit que c’était l’occasion de tirer la sonnette d’alarme pour éviter que cela continue", nous confie-t-il.

Des trajets de santé moins bien tarifés ?

Une amie lui raconte sa longue attente pour un taxi en début de soirée. Certains personnels soignants lui expliquent également que des chauffeurs refusent de prendre en charge certaines courses en sortie d'hôpital. "Ils m'ont dit : on commande des taxis mais ils ne viennent pas'".

La raison selon lui ? Une tarification moins avantageuse. L'Assurance maladie de Côte-d'Or signe chaque début d'année une convention avec les syndicats locaux de taxi. Mais celle-ci prévoit une rémunération qui peut parfois être moins importante pour les transports médicaux que pour les trajets normaux en fonction du nombre de kilomètres.

Le forfait peut être supérieur à un tarif au kilomètre et parfois inférieur, le montant a été déterminé avec la profession pour un équilibre d’ensemble.

Nadia Montandon, directrice adjointe de la CPAM de la Côte-d'Or

Par exemple, 18 euros pour acheminer un patient de Longvic (au sud de Dijon) jusqu'à la clinique Valmy (au nord de la ville). Contre 34 euros pour le même trajet pour des raisons qui ne sont pas médicales. Pour les communes plus éloignées de l'agglomération, la tarification s'élève à 23 euros. Une rencontre aura lieu entre les différentes acteurs en mars 2023 pour évoquer la question d'une évolution des tarifs selon nos informations.

"Il y a des chauffeurs peu scrupuleux et puis il y a des chauffeurs qui expliquent qu'il y a une convention et qui disent 'parfois on y gagne, parfois on y perd, mais il faut jouer le jeu'", affirme Jean-Denis Armand.

Contactée, l'Assurance Maladie de Côte-d'Or précise en effet que certains patients "rencontrent parfois des difficultés à trouver des taxis et des transporteurs sanitaires" mais précise : "ce n'est pas la majorité des cas. Nous travaillons depuis plusieurs années avec les représentants de ces professions, l'Agence régionale de Santé et les établissements pour trouver des solutions ensemble".

C’est quand même révoltant et choquant de voir qu’un problème de tarification fait que des patients sortant du bloc restent à attendre.

Jean-Denis Armand, retraité

Egalement contactée, l'entreprise Taxis Dijon n'a pas voulu commenter l'épisode. Elle explique simplement : "nous ne sommes pas les plus habilités à donner notre avis sur le transport sanitaire sur Dijon Métropole, Taxis Dijon étant un acteur mineur pour cette prestation sur notre territoire, prestation additionnelle à notre cœur de métier".

Un premier rendez-vous avorté car le client était absent ?

Cependant, Jean-Denis Armand nous a fait parvenir un mail que lui a adressé l'entreprise dijonnaise. Taxis Dijon lui explique que le transport de patients n'est pas son activité principale et que d'autres sociétés de transport, notamment ambulancières, sont disponibles pour ce type de trajets. "Vous pouvez avec un peu d’anticipation faire appel à d’autres sociétés de transports spécialisées", est-il écrit.

La société affirme également faire face à une "demande croissante de transports médicaux auxquels nous ne pouvons répondre systématiquement dans l'immédiat et avec réactivité. Malgré tout, nous tentons de répondre favorablement aux demandes de transports inopinés et aléatoires émanant de l’Hôpital Privé Dijon Bourgogne sans l’assurance d’une réactivité optimale et malheureusement avec parfois des délais d’attente trop longs".

Enfin, Taxis Dijon justifie le temps d'attente par la non-présence de Jean-Denis Armand au point de rendez-vous. Un premier taxi serait en effet venu récupérer le patient, qui aurait été absent. C'est donc un deuxième véhicule qui aurait été envoyé quelques heures plus tard. "J'ai été scrupuleux et je surveillais. Dès qu'un taxi arrivait, j'allais voir s'il n'était pas pour moi ! Je suis certain qu'il n'est pas venu", assure le retraité de son côté.

Parmi les solutions proposées par l'Assurance Maladie de Côte-d'Or pour réduire ces temps d'attente, la revalorisation de la course lorsqu'un taxi transporte deux ou trois patients lors d'un même trajet. Le dispositif est mis en place depuis juin dernier.

"Cela porte déjà ses fruits puisque par exemple l'année dernière, 100 enfants suivis dans des établissements de pédopsychiatrie ou médico-sociaux ne pouvaient accéder à leurs soins faute de solution de transports sur l’agglomération dijonnaise, contre 40 depuis", nous indique Nadia Montandon, directrice adjointe de la CPAM de la Côte-d'Or.

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