Affaire Grégory : Murielle Bolle fixée le 19 février sur sa garde à vue de 1984

Murielle Bolle en octobre 2018. / © ARNAUD DUMONTIER/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Murielle Bolle en octobre 2018. / © ARNAUD DUMONTIER/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Saisie par Murielle Bolle, qui cherche à faire annuler sa garde à vue de 1984, la Cour de cassation se prononcera le 19 février.

Par M. F. avec AFP

Les avocats de Murielle Bolle, personnage clé de l'affaire Grégory, étaient devant la Cour de cassation ce mardi 22 janvier 2019. Ils ont demandé aux hauts magistrats d'annuler la garde à vue de 1984 de leur cliente. 

À cette époque, Murielle Bolle était âgée de 15 ans. Sa garde à vue s'est déroulée dans des conditions non conformes à la Constitution, selon une récente décision du Conseil constitutionnel.

Le 16 novembre, les "Sages" ont en effet censuré plusieurs dispositions de l'ordonnance de 1945 sur "l'enfance délinquante", qui régissait alors le traitement judiciaire des mineurs, telle que rédigée à l'époque. La loi ne prévoyait ni présence d'un avocat, ni notification du droit de se taire.

En conséquence, la justice devrait logiquement rayer du dossier toute mention de ces procès-verbaux cruciaux dans cette affaire vieille de 34 ans, l'une des plus célèbres énigmes criminelles françaises. Cela affaiblirait encore un dossier déjà miné par d'innombrables errements, sans toutefois mettre un terme à l'enquête.
 
© France 3
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Volte-face

Placée en garde à vue début novembre 1984, quelques jours après la mort de Grégory Villemin, quatre ans, retrouvé dans une rivière des Vosges le 16 octobre 1984, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir enlevé Grégory en sa présence.

Elle avait ensuite répété ses propos devant le juge d'instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. Aujourd'hui encore, cette volte-face reste au coeur de l'enquête.

L'affaire Grégory a connu un rebondissement spectaculaire en juin 2017 avec les mises en examen de Murielle Bolle et du couple Jacob à la Cour d'appel de Dijon, grand-oncle et grand-tante de Grégory, pour le rapt mortel de l'enfant. Annulées ensuite pour des questions de procédure, ces mises en examen pourraient être de nouveau, ordonnées une fois les recours de Murielle Bolle purgés.

L'accusation privilégie désormais la thèse d'un "acte collectif" avec Bernard Laroche. Ce dernier a été abattu par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, en 1985.
 

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