Affaire Grégory : le parquet général s'oppose à la demande de remise en liberté de Murielle Bolle

À gauche, Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. À droite, Marie-Ange Laroche, veuve de ce dernier, en 2010. / © Vincent Lesage/MAXPPP et Auboiroux/MAXPPP
À gauche, Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. À droite, Marie-Ange Laroche, veuve de ce dernier, en 2010. / © Vincent Lesage/MAXPPP et Auboiroux/MAXPPP

Le parquet général s'oppose à la demande de remise en liberté de Murielle Bolle, témoin-clé de l'affaire Grégory aujourd'hui écroué, qui sera examinée vendredi 4 août par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, a-t-on appris mardi 1er août auprès du procureur général.

Par AFP

Le procureur général s'oppose à la demande de remise en liberté
"J'ai pris des réquisitions écrites pour m'opposer à la demande de remise en liberté, essentiellement pour les nécessités de l'enquête et l'efficacité des actes à venir", dans la mesure où Mme Bolle "a fait l'objet de pressions", a déclaré à l'AFP le procureur général Jean-Jacques Bosc.
Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire.
La justice se penche notamment sur la rétractation éclair il y a plus de 32 ans de Mme Bolle, alors adolescente, après un témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche pour le rapt de Grégory, 4 ans, retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Témoignage du cousin de Murielle Bolle
Si les enquêteurs considéraient déjà comme "établi" que Murielle Bolle avait été "malmenée" par sa famille, le témoignage récent d'un de ses cousins assure que le revirement dont elle a fait preuve serait dû à un véritable "lynchage" le soir du 5 novembre 1984.
Le cousin ajoute avoir reçu ce soir-là ses confidences: elle lui aurait avoué avoir bel et bien assisté à l'enlèvement. Mais Mme Bolle
campe depuis sur sa dernière version, expliquant que le témoignage précédent avait été fait sous la contrainte des gendarmes.

Confrontation entre le cousin et Murielle Bolle
Murielle Bolle a maintenu cette version vendredi dernier lors d'une confrontation avec ce fameux cousin, répétant qu'elle n'était pas dans la voiture de Bernard Laroche et n'a subi aucune violence de la part de sa famille.
Ses avocats, qui estiment que ce face à face "s'est très bien déroulé pour Murielle Bolle" et a mis à mal le témoignage du cousin, vont plaider vendredi sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, en mettant en avant une solution d'hébergement "extra-familiale".

Affaire relancée par la mise en examen en juin de deux membres de la famille de Grégory
A la mi-juin, l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, avait relancé spectaculairement ce dossier des plus énigmatiques.
Soupçonnés d'être les fameux "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.

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