Agences de voyage Thomas Cook : que deviennent les enseignes en Bourgogne ?

Le groupe Thomas Cook, pour sa partie française, est repris par 11 voyagistes, mais uniquement la moitié des 685 emplois sont repris. / © FTV
Le groupe Thomas Cook, pour sa partie française, est repris par 11 voyagistes, mais uniquement la moitié des 685 emplois sont repris. / © FTV

Onze repreneurs vont se partager le voyagiste Thomas Cook France, emporté par la faillite retentissante de sa maison mère britannique, dont
la moitié des 685 emplois dans l'Hexagone seront sauvegardés, selon un jugement rendu jeudi 28 novembre.

Par F.L.

Six agences en Bourgogne
Le voyagiste Thomas Cook possède six agences en Bourgogne (agences franchisées exclues)
Toutes n'ont pas été reprises d'après le jugement rendu jeudi 28 novembre au tribunal de commerce de Nanterre.

Côte-d'Or
Dijon :
l'agence n'a pas souhaité répondre à notre sollicitation
Beaune : agence reprise par le groupe Salaün (2 CDI, 1 CDD)

Yonne
Auxerre :
agence qui n'a pas été reprise
Sens : agence reprise par le groupe Salaün

Nièvre
Nevers :
 l'agence n'est pas reprise. Un salarié était employé. A noter aussi que les agences centre France de Giens et Montargis (Loiret) ne sont pas reprises non plus.

Saône-et-Loire
Montceau-les-Mines :
agence reprise par le groupe Salaün. 3 emplois à temps plein.

Un salarié témoigne
Au moment de la faillite, aucune information n'aurait été donnée aux salariés du groupe Thomas Cook. 

"On a appris la faillite dans la presse, rien dans l'intranet d'entreprise. C'est sur les réseaux sociaux et sur les médias qu'on l'a appris."

Ce même salarié estime la perte dommageable, car "Thomas Cook est composé de bons éléments. Ce que le groupe a peut-être raté, c'est le virage du numérique, et les lourdes dettes générées au Royaume-Uni ont précipité Thomas Cook France."


La reprise du groupe a suscité des convoitises
"Aucune offre globale" n'avait été reçue, a rappelé le tribunal de commerce de Nanterre chargé de la procédure de redressement judiciaire, dans son jugement consulté par l'AFP.
Le tribunal a relevé que "la notoriété du groupe" a suscité l'intérêt de nombreux autres voyagistes.

"Afin de sauver et pérenniser un maximum d'emplois, le tribunal a jugé en faveur de la reprise par divers repreneurs de 149 agences, et d'une partie de l'activité 'groupes' pour 25 collaborateurs, soit un total de 347 postes repris", a indiqué le voyagiste dans un communiqué transmis à l'AFP.
Il déplore que "malgré tous les efforts entrepris par les administrateurs judiciaires et le management, 25 agences et l'essentiel des collaborateurs rattachés au siège ne sont pas repris".
    
Au total, un peu plus d'un million d'euros sont mis sur la table par les onze repreneurs.
Le principal est un consortium regroupant initialement six entreprises : Havas Voyages (groupe Marietton), Salaün Holidays, Karavel/Promovacances, Le Vacon, Sainte-Claire et Esprit de Voyage, auxquelles se sont greffés trois autres acteurs dans le cadre d'une offre améliorée. Ensemble, ils vont récupérer 141 points de vente.

L'agence "Jet Tours" boudée
"Nous avions construit la plus grande offre en termes de reprise du personnel. Nous sommes satisfaits", a commenté auprès de l'AFP Alain de Mendonça, président du groupe Karavel/Promovacances, qui détient les marques Fram et Promovacances.
A elle seule, sa société reprend "une quinzaine d'agences" dans des zones géographiques où elle n'était pas présente, ainsi que l'activité "groupes", soit essentiellement les ventes aux comités d'entreprise. 
Concernant l'avenir des agences reprises, le tribunal estime dans son jugement que "l'ensemble des candidats a une bonne  connaissance du secteur d'activité de Thomas Cook, étant eux-mêmes des professionnels du secteur".
Quant à Jet Tours, soit l'activité de tour-opérateur de Thomas Cook France, son sort fera l'objet d'un jugement ultérieur: la seule proposition de reprise de l'activité était portée par l'équipe managériale, qui a été finalement retirée faute de financement.
Seule la "marque" Jet Tours, sans ses actifs et ses salariés, a suscité une proposition de reprise portée par un groupement d'intérêt économique (GIE).
A fin septembre 2019, Thomas Cook France revendiquait un chiffre d'affaires ("brut consolidé") de 750 millions d'euros, se répartissant entre 380 millions pour son réseau de distribution, et 370 millions pour son activité de tour-opérateur via la marque Jet Tours.
Mais selon ses comptes déposés au greffe, consultés par l'AFP, la filiale française enchaîne également depuis des années les pertes nettes: -26 millions pour l'exercice clos en septembre 2018, -30 millions en 2017, -21 millions en 2016.

Rappel des faits
Thomas Cook France s'était déclaré en cessation de paiement il y a deux mois. Un groupe qui emploie 685 salariés en CDI et détient 174 agences de voyage en propre - sans compter 247 autres points de vente franchisés qui n'étaient pas concernés par la procédure.
Le coût du naufrage de Thomas Cook France est estimé à 45 millions d'euros - entre les rapatriements des voyageurs en vacances au moment de la faillite de la maison mère et la prise en charge des séjours déjà vendus jusqu'en 2022 - par la caisse de garantie des agences de voyage (APST).
Début novembre, le groupe chinois Fosun -  premier actionnaire du voyagiste britannique au moment de sa faillite, à hauteur de près de 18% - avait annoncé le rachat du nom "Thomas Cook" pour 13 millions d'euros.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus