Bourgogne-Franche-Comté : un budget régional 2020 axé sur le changement climatique

© Archives FTV
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Les élus du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté sont réunis en session vendredi 15 novembre. A l’ordre du jour : le débat d’orientations budgétaires 2020, avec un cap fixé sur la transition écologique.
 

Par B.L.

Comment faire face au réchauffement climatique ?

Le budget de la Région Bourgogne-Franche-Comté s’élève à environ 1,5 milliard.
Vendredi, les conseillers régionaux vont débattre des priorités budgétaires à mettre en œuvre en 2020. Parmi les principaux objectifs, il y a la bataille pour l’emploi et la lutte contre le réchauffement climatique.

"On ne peut plus laisser dire qu’on a le temps de faire", déclare Marie-Guite Dufay. "Aujourd’hui, une question s’impose à nous : comment, à travers les leviers qui sont les nôtres, peut-on pousser les choses, aller plus vite pour prendre en compte le réchauffement climatique ?"
 
Les prairies du Gaec Richeton à Chauvirey le châtel en Haute-Saône, touchées par la sécheresse de l'été 2019 / © Alexandre Lacroix-FDSEA 70
Les prairies du Gaec Richeton à Chauvirey le châtel en Haute-Saône, touchées par la sécheresse de l'été 2019 / © Alexandre Lacroix-FDSEA 70

 

Quelles sont les pistes d’action prioritaires ?

Face à l’urgence, la Région propose plusieurs pistes :

1-la première d’entre elles est la réhabilitation des logements pour améliorer leur efficacité énergétique.
"La rénovation du parc bâti des particuliers constitue le principal gisement d’économies d’énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre." Le programme EFFILOGIS est la mesure-clé de cette action.
L’arsenal de la Région comprend aussi entre autres la pose de panneaux solaires sur les toits des lycées.  


2-les mobilités :
parmi les actions lancées pour préserver l’environnement, il y a par exemple le renouvellement des rames ferroviaires. La Région a acheté des rames plus propres, qui utilisent l’hydrogène embarqué comme combustible et rejettent de la vapeur d’eau comme gaz d’échappement.

Citons encore l’expérimentation d’un système de covoiturage subventionné dans les zones peu denses. Objectif : améliorer les déplacements domicile-travail. Dans un premier temps, le système sera testé dans trois zones : le nord de la Côte-d’Or, la communauté de communes du Jovinien dans l’Yonne et la communauté de communes des Portes du Haut-Doubs.

3-la production d’énergie renouvelable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre :
en ayant recours notamment au bois-énergie, à la méthanisation, l’hydroélectricité, au solaire et à l’éolien.

 
© Mychèle Daniau pour L'AFP
© Mychèle Daniau pour L'AFP

 

Comment aider l’agriculture à affronter le changement climatique ?

"Les agriculteurs souffrent doublement", rappelle Marie-Guite Dufay : "malgré leur travail  les paysans n’arrivent pas à gagner correctement leur vie. De plus, ils doivent faire face aux aléas climatiques. Il faut donc les aider, les accompagner."

La présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté se dit en faveur du "verdissement total de la politique agricole". Mais, "je dis aussi que ce n’est pas l’exploitant qui est déjà endetté qui va pouvoir investir sur de nouvelles façons de produire."

La région a connu deux sécheresses terribles coup sur coup : celle de cette année et celle de 2018. "Tout le monde s’accorde à dire qu’on ne va pas tous les ans alimenter la trésorerie des exploitations agricoles avec de l’argent frais. Ce qu’il faut, ce sont des mesures structurelles pour que les paysans se dotent de bâtiments qui leur permettent de stocker du fourrage et de structures pour recueillir de l’eau de pluie. Il faut qu’on lance un plan agricole allant dans ce sens-là", explique Marie-Guite Dufay.

"Je pousse aussi beaucoup pour un plan photovoltaïque sur les exploitations agricoles. En effet, si toutes les grandes exploitations des éleveurs étaient recouvertes de panneaux solaires, cela leur assurerait au moins un tiers de leurs revenus. Actuellement, il y a des obstacles d’ordre réglementaire sur lesquels je suis en train de travailler avec les différents ministères concernés. Tous les agriculteurs de France pourraient en bénéficier", ajoute la présidente de la Région.

 

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