Déconfinement : la chasse au sanglier ouvre avec deux mois d'avance

Dès ce 1er juin, les chasseurs vont pouvoir arpenter les espaces naturels, fusil en main, à la chasse au grand gibier. La possibilité d'une ouverture anticipée existait pour certains départements, mais par décret. 7 départements de Bourgogne-Franche-Comté vont aller à la chasse.

© CC0 Domaine public

Les chasseurs impatients de ressortir

Pascal Sécula, président BFC de la Fédération Régionale de chasse, relativise cette ouverture de la chasse. Selon lui, il y avait une attente, mais aussi les chasseurs sont des gens raisonnables, qui peuvent aussi patienter !
"Comme tout le monde, on a respecté les règles de confinement. Les chasseurs aiment bien être dehors, hiver comme été, et cette ouverture de la chasse ils l'attendent ! On voit bien qu'il y a une motivation, elle est là, elle est entière et ça c'est plutôt réconfortant !"

Les sangliers et les chevreuils dans la ligne de mire

Le principe est de réguler la population de sangliers qui prolifèrent dans tout le pays et sont responsables de multiples dégâts. Mais aussi les chevreuils sont concernés, ils grignotent les bourgeons des vignes ou les pousses de blé.
30 millions d’euros sont dépensés, chaque année, par les chasseurs, en indemnisation et prévention sur les parcelles agricoles.

Le problème des sangliers

Pascal Sécula explique la problématique des sangliers :
"Sur la fin de saison de chasse qui était fin février, mi-mars de cette année, il y a eu de gros prélèvements. On a tous plus ou moins battu des records de prélèvements, tout le monde avait conscience qu'il fallait faire baisser la population de sangliers. On est en droit de penser qu'aujourd'hui, les populations de sangliers vont, ou bien sont en train de descendre. Il faut du temps pour que la faune sauvage diminue.
Il reste des points noirs, où il y a des concentrations de sangliers. Mais globalement on est en recul sur les populations de sangliers.
Et ça se traduit aussi par un volume des dégâts qui est en train de diminuer, ça se voit de façon sensible. On attend la fin de la récolte des céréales pour avoir une estimation des dégâts. On aura une récolte précoce cet été à cause du climat. Mais à mi-juillet on aura une impression plus concrète des dégâts."
Un sanglier en forêt des Ardennes, nov.2018. (photo d'illustration)
Un sanglier en forêt des Ardennes, nov.2018. (photo d'illustration) © BELPRESS/MAXPPP

Une réouverture pas uniquement pour réguler les populations de sangliers

Le président de la Fédération Régionale de chasse explique l'enjeu de la réouverture anticipée :
"La chasse du 1er juin, c'est une chasse d'approche et d'affût, ce n'est pas là qu'on réalise de gros tableaux. Elle permet au départ de chasser le chevreuil et d'effectuer des sélections, également pour le renard. Elle ne va pas résoudre le problème des sangliers.

Mais certains défenseurs de la nature s'opposent à la chasse d'été, comme par exemple le collectif "Nature Jura" qui a lancé une pétition contre l'ouverture anticipée de la chasse d'été.  

Pour l'ONF, les sangliers sont effectivement là

Du côte de l'Office National des Forêts, la vigilance sur les populations de sangliers en milieu forestier demeure active. 
Olivier Béné, responsable service appui travaux à l'ONF Bourgogne, nous a déclaré :
"Au niveau du confinement, on a constaté que les animaux ont réinvesti les milieux naturels. 
On avait une grosse crainte, au début de l'automne 2019, en forêts domaniales. On avait une population de sangliers qui avait fortement augmenté, car les conditions climatiques ont été favorables : hivers plus doux, et des précipitations après les saisons de sécheresse, qui sont intervenues au moment des semis, des dégâts plus importants. Les sangliers se sont précipités ce qu'il y a en surface, microfaune, vers de terre et plantes.
En fonction de cela, les objectifs de prélèvement avaient été augmentés, et les prélèvements ont suivi.
On avait demandé aux chasseurs sur les points noirs de faire des prélèvements de 10% du plan de chasse en sanglier dès début septembre. 
On va reconduire sur les lots domaniaux ces mêmes objectifs, pour la chasse à l'approche et éventuellement pour des battues début septembre 2020."

Les sangliers, une population de faune sauvage sous surveillance

Sur le nombre de sangliers en Côte d'Or, M. Béné de l'ONF fait le constat suivant :
"On a un niveau de population qui reste élevé, mais un peu moins que ce qu'on craignait. Pour les locataires de forêts domaniales la distribution des bracelets de chasse a bien commencé (29 mai)
La situation reste tendue atuour des sangliers. Les techiciens ONF sont sensibilisés sur la moindre indication de dégâts pour les signaler aux locataires de forêts domaniales, afin de faire des prélèvements à l'approche.
Pour les deux années précédentes, on a travaillé de concert avec les fédérations, avec le biais de "commissions dégâts", sous l'égide de la Préfecture et de la Direction Départementale des Territoires. Mais maintenant, ce sont les fédérations qui fixent les objectifs de chasse, pour maintenir l'équilibre des populations supportables par le milieu agricole et forestier."

La chasse, une activité réglementée

En France, la chasse est réglementée par des périodes d’ouverture et de fermeture différentes suivant chaque département et chaque espèce.
Par le biais d’un arrêté préfectoral, elle peut être autorisée de façon anticipée en fonction de certains besoins, à partir du 1er juin. Le projet de décret du 11 février 2020, qui a fait l’objet d’une consultation publique, vise à supprimer cette autorisation. 
Dans les faits, certains chasseurs vont pouvoir sortir les fusils juste avant l’été, au lieu d’août ou septembre, en fonction du département.
La Région Bourgogne-Franche-Comté est concernée par cette ouverture au 1er juin pour le grand gibier.

Le Covid a ralenti le processus administratif dans les fédérations

Du fait de la situation sanitaire, les prises de décisions ont été ralenties, et les assemblées générales de fédérations départementales n'ont pas pu se tenir. C'est là que sont prises les propositions de dates d'ouverture et de fermeture de la chasse, puis soumises au préfet, et sont prises les résolutions financières (montant des cotisations) dans chaque département.
Devant l'impossibilité de tenir les assemblées générales, il y a eu un décret récent qui a autorisé les conseils d'administration des fédérations départementales à se substituer aux assemblées générales, pour prendre les décisions budgétaires et les propositions d'ouverture de la chasse. Un léger retard administratif a entrâiné une ouverture légèrement retardée pour le seul département de la Saône-et-Loire le 7 juin.



 
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