Dijon : L'arbitre dit ne pas avoir entendu de cris de singe contre Mario Balotelli

Mario Balotelli ( à droite) parle avec l'arbitre et montre une tribune. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Mario Balotelli ( à droite) parle avec l'arbitre et montre une tribune. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

L’arbitre du match Dijon-Nice, qui a eu lieu samedi, est mis en cause. Il a donné un carton jaune à Mario Balotelli alors que le joueur niçois disait être victime de cris racistes. Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a porté plainte.

Par B.L. avec AFP

Dijon a reçu l’OGC Nice dans le cadre de la 25e journée de Ligue 1 samedi 10 février 2018. Les Dijonnais l’ont emporté 3-2 sur leur pelouse du stade Gaston-Gérard.

Mais la rencontre a été marquée par la décision de l’arbitre Nicolas Rainville de refuser un but à Mario Balotelli. L’attaquant niçois a écopé d'un carton jaune après des gestes d'énervement à l'encontre du public. Il a ensuite indiqué à l'arbitre avoir été victime de cris racistes.

Le dossier sera examiné par la commission de discipline" de la Ligue de football professionnel jeudi 15 février.




L’arbitre dit "ne pas avoir entendu d'insultes ou de cris"


"Si j'avais entendu "des cris de singes" comme indiqué dans la demande de l'OGC Nice, je n'aurais à aucun moment adressé un avertissement à M. Mario Balotelli. Je peux comprendre une telle réaction d'un joueur touché par ce genre d'insultes", affirme Nicolas Rainville dans un communiqué du syndicat des arbitres du football d'élite (SAFE) publié mercredi 14 février 2018.





Plusieurs associations montent au créneau 


Deux associations, SOS Racisme et Sportitude France ont lancé un appel à témoins "auprès des personnes dans la tribune d'où seraient parties les insultes afin d'en retrouver les auteurs". Elles manifestent leur "incompréhension sur le silence, voire l'indifférence de la direction de Dijon" qu'elles appellent à condamner les faits dénoncés par Balotelli s'ils sont avérés.

De son côté, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a mis en cause l'arbitre et a porté plainte contre lui. Cette décision est contestée par le Syndicat des Arbitres du Football d’Elite qui se "réserve le droit d’engager une nouvelle action en justice pour rétablir l’arbitre dans son bon droit".




L’affaire fait parler aussi d’elle à l’international


L'organisation britannique Kick It Out, qui lutte contre les discriminations, se dit "choquée" par ce carton jaune infligé à l'international italien alors qu'il souhaitait "attirer l'attention de l'arbitre sur des cris racistes".
Kick It Out  dit attendre "une réponse forte" des instances du football français.

Mario Balotelli, dont les parents sont originaires du Ghana, avait déjà été victime de cris racistes lors d'un déplacement de Nice à Bastia le 20 janvier 2017. La commission de discipline de la Ligue avait infligé au club corse un retrait d'un point avec sursis et la fermeture d'une de ses tribunes pour trois matches.







La réaction du syndicat des arbitres du football d'élite (SAFE)

Le SAFE et les arbitres dénoncent toute forme de discrimination et soutiennent la lutte contre le racisme. Raillés de toutes parts, bafoués, dénigrés, insultés et parfois frappés, les arbitres sont souvent eux-mêmes mis au ban de la société. Le SAFE et les arbitres sont donc des acteurs engagés qui défendent les valeurs de partage, de mixité, de cohésion et de tolérance véhiculées par le football. Ils sont les garants sur les terrains du respect des règles, de la protection des acteurs et de l’image du Football.

Aujourd’hui, le SAFE prend connaissance de l’action intentée par le CRAN à l’encontre de M. Nicolas RAINVILLE. Rappel des faits : Dijon FCO - OGC Nice du 10 février 2018, en Ligue 1, l’arbitre avertit M. Mario BALOTELLI pour un comportement qu'il juge alors provocateur envers le public (gestes). Dans la foulée, le joueur explique son attitude à l'arbitre ; celui-ci saisit immédiatement le délégué pour une intervention auprès du public, conformément aux dispositions prévues par la LFP. A l’issue de la rencontre, l'arbitre a rédigé un rapport auprès des instances pour relater les circonstances de cet avertissement et seules celles-ci jugeront de la sanction infligée à M. Mario BALOTELLI.

En tout état de cause, jamais l'arbitre n'a entendu ces insultes. M. Nicolas RAINVILLE souhaite apporter ces précisions : « Je confirme ne pas avoir entendu d’insultes ou de cris émis par la tribune. Si j'avais entendu "des cris de singes" comme indiqué dans la demande de l’OGC Nice, je n'aurais à aucun moment adressé un avertissement à M. Mario BALOTELLI. Je peux comprendre une telle réaction d'un joueur touché par ce genre d'insultes ».

Alors de quoi l'arbitre est-il coupable ici ? De quoi est-il complice ?

Qu'aujourd'hui le CRAN attaque un arbitre en le traitant de « complice du racisme » et soutienne qu'il « mérite d'être traîné devant les tribunaux et de recevoir une sanction exemplaire » est proprement scandaleux et infamant. Désigner l'arbitre comme « le coupable » est preuve d'une mauvaise foi qui dépasse l'entendement ; c'est une accusation insupportable et diffamatoire, d'une malhonnêteté intellectuelle inqualifiable.

Par là-même, les auteurs d'un tel procédé cynique déshonorent la cause juste et noble qu'ils servent. Le SAFE se réserve le droit d’engager une nouvelle action en justice pour rétablir l’arbitre dans son bon droit.

Enfin, Le Syndicat des Arbitres du Football d’Elite tient à apporter son total soutien au joueur de l’OGC Nice, M. Mario BALOTELLI, et condamne fermement les insultes racistes dont il aurait été victime. Le racisme n’a pas sa place dans la société et dans le football en particulier basé sur des valeurs de mixité, d’universalité et de fraternité.

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