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Dijon : deux témoignages à charge contre le médecin accusé de viol par une patiente

La cour d'assises de Côte-D'or, ce vendredi 10 mai 2019 / © Manon Millet/France 3 Bourgogne
La cour d'assises de Côte-D'or, ce vendredi 10 mai 2019 / © Manon Millet/France 3 Bourgogne

Un médecin d'Auxonne comparaît devant la cour d'assises de Côte-d'Or depuis jeudi 9 mai 2019. Il est accusé d'avoir violé une des ses patientes aujourd'hui âgée de 72 ans. Pour le deuxième jour du procès, deux femmes ont témoigné à la barre contre le praticien.

Par Manon Millet

Le procès d'un médecin accusé de viol par une de ses patientes, débuté jeudi 9 mai, se poursuit à la cour d'assises de Côte-d'Or. Le médecin généraliste Michel Fabre, âgé de 69 ans, est accusé d'avoir violé, à plusieurs reprises, une de ses clientes handicapée. Les faits se seraient déroulés en 2013 à Auxonne. Le deuxième jour du procès est marqué par le témoignage de deux femmes qui déclarent avoir été victimes du comportement inapproprié du médecin.
  

Une ancienne patiente accuse le médecin de comportements déplacés

Ce vendredi 10 mai, pour le deuxième jour du procès, une ancienne patiente du docteur Fabre se présente à la barre. En 2005, cette habitante de la ville d'Auxonne a cet homme comme médecin traitant. Elle vient d'accoucher et se rend à une visite médicale post-partum

Elle s'allonge sur la table d'examen, le Dr Fabre commence une palpation des seins.

"Il a posé ses mains sur ma poitrine pour chercher une tumeur. Tout en m'auscultant, il a dit qu'il adorait les femmes à la poitrine développée," relate-t-elle. "Il s'est penché pour m'embrasser, je l'ai repoussé."

L'auscultation prend fin immédiatement. Le praticien s'enferme dans le silence. Gisèle se rhabille, paye la consulation et s'en va. Troublée, elle en parle à une dizaine de femmes qui ont également Michel Fabre comme médecin traitant. Elles sont surprises et disent n'avoir jamais été victimes d'un tel comportement.

Néanmoins, elles notent toutes que Michel Fabre leur demande de se déshabiller complètement lors des consultations.  

Quelques temps plus tard, Gisèle se rend à la Sécurité sociale pour changer de médecin traitant. 

Interrogé sur la déclaration de son ancienne patiente, la réponse de Michel Fabre est hésitante. "Je ne m'en souviens pas, c'est possible. Elle m'a peut-être souri. C'était une maladresse."


 

Une ex-secrétaire médicale déclare avoir subi des attouchements durant plusieurs années 

Joëlle a travaillé en qualité de secrétaire médicale pendant dix-huit ans aux côtés de Michel Fabre. En 2007, après quinze ans de collaboration sans incident, Michel Fabre change de comportement. 

"Quand il passait près de moi, il caressait mon dos, mes fesses. Il prenait mes seins entre ses mains."

À chaque fois, elle le repousse et se met en colère. Il cesse ses agissements durant une semaine ou deux et recommence. Elle estime avoir subi ces attouchements pendant deux à trois ans.

"Un jour, il a prétexté avoir besoin d'essayer un nouvel appareil médical, un électro-cardiogramme. Il a utilisé l'appareil sur ma poitrine. J'étais en soutien-gorge. Ensuite, il a touché mes seins et m'a embrassée."

Cette fois, elle le menace de porter plainte. Michel Fabre cesse alors tout comportement transgressif. Pendant un temps. Il tente une nouvelle fois, alors qu'elle se trouve dans son bureau. 

"Je suis une victime. Je n'ai pas provoqué le docteur. Je n'ai pas porté plainte car je n'avais pas de preuves et je me disais que ma parole ne ferait pas le poids contre celle d'un médecin."

Le président de la cour d'assises demande à Joëlle pourquoi elle n'a pas cessé de travailler pour le docteur Fabre. "J'aurais bien voulu démissionner mais j'étais proche de la retraite, je n'aurais pas pu retrouver un travail."

À l'issue du témoignage de l'ancienne secrétaire médicale, Michel Fabre reconnaît les faits. Il estime avoir été attiré, physiquement et sentimentalement, par Joëlle. "Je regrette beaucoup."

 
© Manon Millet/France 3 Bourgogne
© Manon Millet/France 3 Bourgogne


L'avocat de la défense s'exprime

L'avocat Randall Schwerdorffer, qui a défendu Jonathann Daval, estime ce procès passionnant.

Pour lui, il s'inscrit dans l'ère post Weinstein. "Imaginez une femme amoureuse de son médecin qui entreprend une relation avec lui, cela voudrait dire qu'elle a été abusée et conduirait le praticien à une mort professionnelle. On est aux confins de la folie de la morale ambiante."


Le verdict est attendu lundi 13 mai

Lundi 13 mai, la cour d'assises rendra son verdict. 

Plus d'informations à venir. 
 


 

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