Dijon : les Jardins de l'Engrenage évacués par la police, six interpellations

Les forces de l'ordre sont intervenues tôt ce mardi 20 avril pour évacuer les Jardins de l'Engrenage, avenue de Langres à Dijon (Côte-d'Or) où doit être construit un immeuble.

En début d'après-midi, forces de l'ordre comme opposants étaient toujours sur place.
En début d'après-midi, forces de l'ordre comme opposants étaient toujours sur place. © Valentin Chatelier / France Télévisions

Une dizaine de personnes ont été évacuées ce mardi 20 avril au matin par les forces de l'ordre aux Jardins de l'Engrenage, avenue de Langres à Dijon. Il a été fait usage de gaz lacrymogènes.

L'intervention policière, débutée à 7h du matin, fait suite à une décision de justice autorisant l'expulsion des occupants de cette parcelle, où est prévue la construction d'un immeuble d'habitation, baptisé "Garden State". Un escadron de gendarmerie mobile de 55 hommes a été déployé avec des effectifs de la police nationale. Dans le même temps, des tractopelles ont entamé le déblaiement du terrain.

© Valentin Chatelier / France Télévisions

Depuis juin 2019, un collectif citoyen qui s'oppose à la construction d'un ensemble immobilier de 307 logements occupe le jardin et la maison qui s'y trouve. Les bulldozers et des policiers avaient déjà tenté en juillet 2020 d'expulser les occupants, sans succès.

"C'est une décision d'évacuation qui a été prise en application de deux décisions de justice. La première du 4 novembre 2020 et la seconde du 19 mars, nous a précisé Danyl Afsoud, le directeur de cabinet du préfet de Côte-d'Or qui s'est rendu sur place. L'opération qui est conduite vise à reprendre la possession des terrains qui sont occupés illégalement et pas de la maison qui est située sur les terrains en question et pour laquelle les occupants ont encore un délai de six mois pour quitter les lieux."

Six interpellations

Le trafic du tramway a été interrompu toute la matinée dans le secteur. Il n'a pu reprendre qu'en début d'après-midi. L'opération de police a donné lieu à six interpellations, "suite à des attroupements ou des manœuvres visant à contraindre l’action des forces de l’ordre", selon un communiqué de la préfecture.

"Je me suis réveillée ce matin avec une huissière de justice qui toquait à la porte des Jardins de l'Engrenage. Elle est arrivée avec les forces de l'ordre me demandant s'il fallait qu'on retire les meubles, ou s'ils devaient s'en charger", a raconté Clémentine*, qui dormait sur place la nuit dernière. "La journée a un peu évolué depuis, mais ils sont toujours là. Ils veulent raser le tilleul qui est en plein milieu du terrain après avoir rasé toute la bande potagère, tout le jardin collectif."

Les jardins étaient expulsables, ça on le savait. Mais la maison ne l'est pas [...] On reste là de toute façon.

Clémentine*, occupante de la maison

"Je suis en colère, nous a confié un riverain. Je ne comprends pas notre maire qui dit qu'il veut une capitale verte européenne. Une capitale verte européenne avec des bulldozers qui détruisent des légumes".

François Rebsamen réagit

Dans un communiqué transmis en début d'après-midi, le maire PS de Dijon François Rebsamen répond que "l’acte de construction, lorsqu’il est équilibré, nécessaire et respectueux de l’environnement, est vital". Pour Dijon, pour toutes celles et tous ceux qui ont besoin d’un toit. 9 500 demandes de logements sont toujours en attente dans la métropole."

La ville continuera à préserver les terres agricoles en évitant l’étalement urbain.

François Rebsamen, maire PS de Dijon

Il ajoute que le projet, "initié par la ville de Dijon et confié à l’entreprise Ghitti", comptera, une fois les travaux achevés, "8 500 m² de jardins publics et des jardins familiaux, représentant 62 % de surface totale végétalisée". "Très rapidement, à la suite de cette évacuation, l’aménagement du parc arboré et des jardins familiaux souhaité par les habitants va être engagé", poursuit-il.

* Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressée

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