Dijon : les réactions des étudiants face à "l'indemnité inflation"

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Écrit par François Latour
Les étudiants estiment "l'indemnité inflation" insuffisante
Les étudiants estiment "l'indemnité inflation" insuffisante © Rodolphe Augier - France Télévisions

Le Premier Ministre Jean Castex a annoncé jeudi soir 21 octobre le versement d'une prime de 100 euros pour 38 millions de Français, afin de préserver le pouvoir d'achat face à la hausse du prix de l'énergie et des carburants. Est-ce que cette prime sera suffisante pour subvenir aux besoins des étudiants ?

"L'indemnité inflation" a été décidée pour obtenir une réponse "simple et rapide" face à la hausse des prix de l'énergie. Les étudiants, sous certaines conditions, peuvent aussi en bénéficier : étudiants boursiers et étudiants fiscalement autonomes touchant moins de 2 000 euros.

Les étudiants restent sceptiques

Aujourd'hui sur le campus universitaire de Dijon, les étudiants étaient plutôt sceptiques quant à la portée du "chèque de 100 euros"

Un étudiant résidant hors de la Région, qui se déplace en voiture, argumente : "J'habite en Alsace, faire des allers/retours, ça revient cher. Une fois 100 euros c'est pas suffisant, c'est assez peu. Pour des questions de budget, je ne suis pas encore rentré chez moi depuis la rentrée."

Il semble que la mesure décidée par l'Exécutif demeure incomprise des étudiants. En effet, les 100 euros sont prévus pour compenser la hausse récente des coûts énergétiques, les étudiants voient plutôt une aide aux études à travers cette mesure, et par conséquent, sont plutôt déçus. 

Un étudiant déplore "je pense que juste 100 euros pour toutes nos études, c'est peu. Si c'était par an, ça serait bien !"

Une étudiante constate le poids des charges de logement :  "J'ai déjà le loyer, on m'a demandé une énorme facture pour des régulations d'énergie. J'ai été prise de court."

Une autre étudiante apprécie l'apport du chèque de 100 euros, surtout lorsqu'il faut combiner ses études avec une activité professionnelle : "C'est compliqué, je suis obligée de travailler à côté des études. C'est déjà extrêmement éprouvant mentalement, c'est très fatiguant. C'est difficile de joindre les deux bouts. C'est sûr qu'une aide, ça ne se refuse jamais, surtout quand on est étudiant. Travailler pendant ses études, c'est un petit peu mettre ses études de côté. Avoir le droit à des aides, ça permet de se concentrer sur le principal."

Une étudiante vivant au CROUS (résidence étudiante) elle aussi déplore l'effet instantané de la mesure. Elsa Berthou estime être incomprise : "merci le merveilleux chèque, en attendant, ça n'est pas durable dans le temps, c'est pas une solution au long terme, c'est occasionnel !"
De son point de vue, elle imagine que des mesures plus efficaces devraient être d'ordre collectif : "Même si c'est pas donné individuellement, peut-être qu'il aurait fallu donner au Crous, pour qu'ils puissent rénover, et vivre dans de bonnes conditions. Peut-être aussi faire plus de logements pour les étudiants. Actuellement, on est plus d'étudiants que l'année précédente, donc les places sont plus rares."

L'UNEF Bourgogne n'est pas convaincue

Du côté des syndicats étudiants, là aussi la mesure est accueillie avec fraîcheur. L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) Bourgogne déplore l'aspect "insuffisant" de la mesure étendue aux étudiants.
Clara Privé, présidente de l'Unef Bourgogne trouve la mesure clivante : "cette aide est largement insuffisante, puisqu'elle ne couvre que deux-tiers des étudiants. On laisse donc un tiers des étudiants de côté. Après la crise du Covid, et après tout ce qu'on a vécu ces dernières années avec l'inflation, l'ensemble des étudiants se trouve aujourd'hui précaire. Malheureusement, il y a un tiers d'étudiants qui ne va pas profiter de ces aides."

De plus, l'UNEF pointe du doigt "la vétusté du parc de logements étudiants, dans le privé comme dans le public". Clara Privé qualifie les logements de "passoires énergétiques."

Une indemnité versée à partir de décembre

La prime, défiscalisée, a précisé Matignon, sera versée en une seule fois automatiquement, dès fin décembre par les employeurs aux salariés, et entre janvier et février pour les autres catégories, comme les retraités ou indépendants, a précisé le Premier ministre.

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