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Dijon métropole : la politique en faveur des cyclistes est-elle au point mort ?

L’association Ensemble à Vélo dans l’agglomération dijonnaise (EVAD) est plutôt pessimiste sur la volonté de développer la pratique du vélo dans le Grand Dijon. Depuis des mois, elle interpelle en vain les responsables de l’agglomération.

Place de la République à Dijon, les emplacements destinés aux vélos sont investis par les voitures
Place de la République à Dijon, les emplacements destinés aux vélos sont investis par les voitures © EVAD

Pourquoi  EVAD critique l'action du Grand Dijon ?


« Il faut vraiment un changement de politique. La dernière enquête montre que le nombre de cyclistes a peu progressé. Seulement 4% des Dijonnais se déplacent à vélo aujourd’hui. Ça n’a que légèrement changé depuis 2009», déclare Christian Germain le co-président de l’association EVAD, qui demande un changement sur la politique menée en faveur du vélo. L’objectif du Grand Dijon était de passer à 10% de cycliste d’ici 2020, rappelle EVAD. 


Pour le coprésident, cela n’est pas acceptable car il y a urgence que les choses bougent : « La politique de la communauté d’agglomération du Grand Dijon  n’a pas changé depuis huit ans. On attend toujours le document de programmation qui devrait définir la politique cyclable en faveur de la marche et du vélo».


Selon le site Dijon métropole, il y aurait 234 km de voiries aménagées pour les vélos dans l’agglomération. A cela il faut ajouter 165 km de réseaux cohérents et 36 km de pistes pour les vélos disponible le long du tramway. Des chiffres qui ne satisfont pas Christian Germain : « c’est loin d’être suffisant malheureusement ».

Le Grand Dijon a tout de même mis en place des moyens pour laisser une plus grande place aux vélos mais cela ne suffit pas
Le Grand Dijon a tout de même mis en place des moyens pour laisser une plus grande place aux vélos mais cela ne suffit pas © Siren-Com

Des solutions existent-elles ?



Un problème politique donc, mais pas que : « certains usagers ne respectent pas suffisamment les places de parking destinés aux vélos. Derrière, il y a aussi un problème de choix politique : il faudrait une période de pédagogie de la part de la collectivité, et ensuite passer à une phase de verbalisation, de sanction».

Selon des chiffres communiqués par Evad, 56% des habitants du Grand Dijon considèrent qu’il faut réprimer sévèrement le stationnement interdit. Et pour 66% d’entre eux, le vélo c’est l’avenir. 

Pour permettre aux cyclistes de rouler dans de bonnes conditions, une mesure serait plus efficace que les autres pour Christian Germain. C'est celle de la zone 30 généralisée : « C’est la seule façon de faire de la place aux vélos » car l’un des freins récurrents pour les cyclistes c'est la peur des automobilistes et des mauvaises habitudes de conduite.

Il est certain qu’une vraie collaboration entre EVAD et le Dijon métropole serait aussi une des clés de la réussite. Une réunion de concertation devait se tenir, mais elle n'a jamais eu lieu : «La réunion a été programmée il y a six mois».

La tâche s’annonce donc difficile  mais il y a urgence selon Christian Germain : « C’est certain, il y a encore beaucoup de choses à faire. Mais nous en avons tous besoin : en matière de pollution de l’air, d’environnement et de santé.»
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