Dijon : que sont devenus les 11 demandeurs d'asile placés en rétention administrative ?

Les demandeurs d'asile, expulsés de l'ancienne CPAM, à Chenôve, lundi 9 septembre. / © FTV
Les demandeurs d'asile, expulsés de l'ancienne CPAM, à Chenôve, lundi 9 septembre. / © FTV

Les anciens locaux de la CPAM de Chenôve étaient occupés par des demandeurs d'asile. Ils ont été expulsés lundi 9 septembre par les forces de l'ordre. 11 d'autres eux seraient placés en rétention administrative et les associations de soutien sont sans nouvelles d'eux ce mercredi 11 septembre.
 

Par F.L.

Placés en Centre de Rétention Administrative
Selon le collectif de soutien aux migrants, et plus précisément par des bénévoles à SOS Refoulement Dijon, nous apprenous que la préfecture a refusé de communiquer la liste des personnes aux associations.
Néanmoins, des éléments leur ont permis de savoir que :
  • 4 personnes sont incarcérées au CRA de Metz (1 ivoirien et 3 tchadiens)
  • 3 personnes sont placées au CRA de Strasbourg 
  • 4 personnes ont été libérées (dont un mineur)
Les Centres de Rétention Administrative ne sont pas des prisons, ce sont des endroits qui permettent de garder sous contrôle de police des migrants, dans l'attente de la régularisation de leur situation administrative, ou alors dans l'attente de leur expulsion du territoire.
Selon la Ligue des Droits de l'Homme de Metz, "les témoignages de ceux qui sont autorisés à pénétrer dans ces centres évoquent régulièrement des conditions de vie très pénibles, que ce soit au niveau de la liberté d’aller et venir ou de la promiscuité."

C'est l'association humanitaire de l'Ordre de Malte qui peut intervenir auprès des migrants dans les Centres de Rétention.


Procédure "Dublin"
Dans l'attente de leur sort, les demandeurs d'asile ne peuvent être retenus plus de 90 jours.
Les demandeurs d'asile peuvent faire soit l'objet d'un retour suivant la procédure "Dublin" (cf. encadré), qui peut les renvoyer en Italie ou Allemagne.

Soit les demandeurs d'asile sont déboutés de leur demande de droit d'asile, et retournent dans leur pays d'origine (dans un délai maximum de rétention de 90 jours), et pour cela les autorités doivent obtenir un laisser-passer et un accord consulaire. Cette démarche de renvoi dans le pays n'a pas le temps d'aboutir, et les demandeurs d'asile sont libérés du centre de rétention.

Le collectif de soutien aux migrants effectue ce mercredi 11 septembre les vérifications auprès des autorités pour pouvoir apporter leur aide dans leur démarche de demande d'asile.


Une manifestation de soutien est organisée

Le collectif de soutien aux migrants a décidé de se rendre à l'inauguration du mail Georges Guynemer, qui a lieu ce mercredi à 18h, à l'angle des rues Dr Bertillon et Ernest Champeaux.

Cette cérémonie se déroule dans le cadre des commémorations du 75e anniversaire de la Libération de Dijon. Les associations veulent profiter de la présence des nombreux élus sur place pour se faire entendre.

 

Qu'est-ce que la "procédure Dublin" ?
La procédure Dublin , selon la Ligue des Droits de l'Homme, s'applique aux demandeurs d’asile arrivant principalement dans les États à la frontière sud de l’Union Européenne (Italie, Grèce, Espagne, Bulgarie…) :
leurs empreintes y sont prises de façon plus ou moins forcée, ils sont automatiquement soumis à ce règlement. L’Europe a fait le choix de répondre à la “crise migratoire” en créant une véritable crise de l’accueil.

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