Dijon : des syndicats demandent l'armement de la police municipale

Ce mardi 20 octobre, François Rebsamen, le maire de Dijon doit annoncer l'acte II de la tranquillité publique. Parmi les questions en suspens, l'armement ou non de la police municipale. Une décision déjà prise à Chenôve et très attendue par les syndicats de policiers municipaux.

© Damien Boutillet
" Si telle est la décision du maire de Dijon ça serait très bien. Depuis le temps qu'on le demande ". Jean-Christophe Duhamel est policier municipal, il est aussi le secrétaire général adjoint du SDPM, le syndicat de défense des policiers municipaux. Depuis " toujours ", son syndicat milite en faveur du port d'armes létales pour les policiers municipaux. Pour lui, c'est une question de " logique ". 

" Beaucoup de citoyens ne comprennent pas que la police municipale ne soit pas armée, explique-t-il, À partir du moment où un agent porte un uniforme, qu'il est sur la voie publique, il doit porter une arme létale de catégorie B".

Du côté de l'autre principal syndicat, le SNPM, l'avis est le même. Les policiers municipaux doivent être armés, pour leur sécurité et pour celles des citoyens qu'ils doivent protéger.

Yves Bergerat, le président du syndicat national de la police municipale, expose : " Je n’arrive pas à concevoir qu’un policier dans la rue ne soit pas armé. On travaille 24h/24 sur la voie publique et on est souvent les primo-intervenants. On fait le même travail que les gendarmes et la police nationale sauf que nous, on n'est pas armé. Comment voulez-vous protéger des citoyens si vous n'avez pas de quoi vous protéger vous même ? " interroge l'agent.
 

C'est comme si on demandait à un charpentier de faire un toit avec des clous mais sans marteau.


Sur son compte facebook officiel, le syndicat FO PM se montre encore du même avis. Ce vendredi 16 octobre, après l'attaque terroriste survenue à Conflans-Saint-Honorine, il écrit : " Une fois de plus les policiers municipaux sont primo-intervenants. Nous apportons notre soutien aux collègues, qui une fois de plus, interviennent sans armes létales. Il est grand temps de réagir, l'obscurantisme ne choisit pas la couleur de son uniforme. Nous revendiquons l'armement généralisé pour les polices municipales. " 

 

À propos de cette attaque, Jean-Christophe Duhamel ajoute : " À Conflans-Sainte-Honorine, les primo-arrivants étaient des policiers municipaux, ils n'étaient pas armés et se sont retrouvés en joue face à l'assaillant. Les armes de catégorie B et D, non létales, ne suffisent pas, ce sont des armes intermédiaires. " 

Sur le sujet, Yves Bergerat est du même avis tranché : " Quand on voit l'actualité de ces trois dernières semaines on ne doit même pas se poser de questions ! "

Dijon après Chenôve ? 

A Dijon, la municipalité a mis en place en 2015 l'acte I de sa politique de tranquillité publique. 30 policiers municipaux avaient été recrutés, équipés en pistolets à impulsion éléctriques et leur présence avait été étendue de 7h15 à 1h00. A l'époque, François Rebsamen avait rejeté la possibilité d'armer ces agents estimant "prématuré et déplacé de transformer la police municipale en police nationale bis". "Elle n’en a pas les moyens, pas les capacités, pas la formation" avait-il ajouté.

Pour l'heure, à Dijon, les 70 policiers municipaux possèdent des armes de catégorie B non létale (pistolet à impulsion électrique et gaz lacrymogène) et de catégorie D (bâton téléscopique). Mais pas d'arme létale. 

Lors du débat d'entre-deux-tours des dernières élections municipales, François Rebsamen avait défendu son bilan en terme de sécurité :  " Nous avons recruté des policiers municipaux (...) qui disposent d’un certain nombre de moyens, des armes de catégorie B et de catégorie D. Pour, jusqu’à 1h du matin, apporter de la tranquillité. " Son adversaire et aujourd'hui premier opposant, Emmanuel Bichot, quant à lui, avait fait part de son souhait " d'armer la police municipale ". 

Il y a moins d'un mois, un autre élu socialiste de la métropole de Dijon, le maire de Chenôve, a franchi le pas en armant sa police municipale. "En raison de l'extension de l'amplitude horaire, pour que les policiers municipaux puissent assurer leurs missions dans des conditions acceptables, qu'ils puissent se protéger le cas échéant, il est important que ces agents puissent disposer d'un armement létal, de catégorie B. C'est-à-dire des armes à feu et des armes de poing." avait justifié Thierry Falconnet. 
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