Dijon : un collectif lance une pétition pour sauver la chapelle Saint-Louis de la destruction

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Écrit par Auberi Verne avec Guillaume Desmalles et Christophe Gaillard

Samedi 18 décembre, une centaine de personnes s'est réunie devant la chapelle Saint-Louis à Dijon, pour protester contre sa destruction. Le lieu de culte a été acheté par un promoteur immobilier qui veut construire un immeuble d'habitations.

"Indignation." Voilà le sentiment ressenti par les riverains lorsqu'ils ont appris que la chapelle Saint-Louis, située près du parc de la Colombière à Dijon, serait vendue à un promoteur immobilier pour laisser place à un immeuble d'habitations.

Samedi 18 décembre, une centaine d'entre eux s'est réunie pour protester contre la destruction du lieu de culte. Une pétition et un collectif pour la sauvegarde de la chapelle Saint-Louis ont même été lancés.

"C'est sans doute un peu un combat de David contre Goliath", avance Bernard Mény, président du collectif. "Mais on est assez nombreux pour réfléchir à des solutions. Notre action peut renforcer cette idée que rien n'est impossible."

La municipalité soutient les habitants

Plusieurs élus étaient présents lors de la manifestation. Parmi eux, Pierre Pribetich, adjoint au maire de Dijon chargé de l'urbanisme. Devant les riverains, il a affirmé le soutien de la municipalité.

"Je peux vous assurer que nous allons essayer de trouver une solution", a-t-il indiqué. "Nous allons réfléchir à une manière de sauver la situation. La mairie sera plus que vigilante."

Ces déclarations ont été accueillies avec enthousiasme par les personnes présentes. "Je suis venue en me disant que c'était perdu, mais là j'ai un peu d'espoir", lance une riveraine.

"On a de l'espoir parce que Monsieur Pribetich était là pour nous soutenir", précise de son côté Bernard Mény. "La mairie va prendre le dossier à bras le corps maintenant, en compagnie de notre collectif. On va réfléchir à toutes les solutions pour que la chapelle ne soit pas détruite et qu'on puisse en faire une autre utilisation."

La vente des biens de l'Église, un phénomène national

La vente de la chapelle Saint-Louis n'est pas un cas isolé. Suite à la publication du rapport Sauvé, la Conférence des évêques de France avait en effet annoncé en novembre dernier qu'elle se séparerait de biens mobiliers et immobiliers pour indemniser les victimes de pédocriminalité.

Seuls les bâtiments construits après 1905, année où été actée la séparation de l'Église et de l'État, sont concernés. Les édifices antérieurs à cette date appartiennent normalement aux communes ou à l'État. La chapelle Saint-Louis était quant à elle la propriété du diocèse de Dijon.

"La situation est extrêmement complexe", avoue Pierre Pribetich. "La chapelle n'était pas classée, ce qui complique les choses. Maintenant, le nouveau propriétaire demande que ses droits, notamment ses droits de bâtir, soient respectés. Néanmoins, c'est une forme de destruction d'un univers aussi bien paysager que symbolique qui se met en place. Nous avons des pistes, mais nous ne pouvons rien garantir."

Parmi ces pistes, le financement participatif, qui permettrait aux riverains de racheter le bâtiment. La possibilité de transformer la chapelle en centre culturel ou médiathèque plutôt que de la détruire, a également été évoquée.