VIDEO. «Garder une trace positive de la tragédie» des soignants du CHU de Dijon rendent hommage à leurs patients

C’est l’idée d’un infirmier qui est devenu le projet d’une quarantaine de soignants du service de maladies infectieuses du CHU de Dijon. Ils ont tourné un clip pour rendre hommage aux patients disparus lors de la crise du coronavirus.

Au mois de février dernier, le service des maladies infectieuses du CHU de Dijon a été l’un des premiers à accueillir des patients testés positifs au coronavirus. A ce moment, personne n’imagine encore l’impact qu’aura l’épidémie en Bourgogne et dans le monde. Le service qui compte habituellement 20 lits en accueillera jusqu’à 46. Début avril, au plus fort de la crise, le service perdra une dizaine de patients chaque jour.

« C’est énorme. Emotionnellement, ça a été compliqué », explique Nicolas Bariatti. Il est infirmier au sein du service de maladies infectieuses du CHU. « Je n’ai pas choisi ce métier pour m’occuper gens qui décèdent. » C’est lui qui a eu l’idée de la vidéo.
 

« L’idée était de garder une trace positive de la tragédie que l’on a traversée »



Pourtant, au sein du service, l’épidémie a resserré les liens. « Entre collègues, il y a eu un élan de solidarité, ça nous a rapprochés. Il y avait de l’entraide, de la compassion. Il y avait des jours plus difficiles que d’autres quand il y a eu beaucoup de décès. Mais on était à l’écoute des collègues, des familles et des patients. » C’est cet esprit que les soignants ont voulu faire perdurer. « L’idée était de garder une trace positive de la tragédie que l’on a traversée » explique Nicolas Bariatti.  

Sa collègue infirmière, Pauline Poinsot ajoute : « la crise a montré la capacité d’un service à se serrer les coudes et à rester solidaire tout au long de la crise. On a aussi beaucoup travaillé avec d’autres services. C’était un bel effort de tous les services parce que c’était la crise. » Au total, ils sont une quarantaine à apparaitre dans la vidéo, personnels hospitaliers, aide-soignant(e)s et infirmier(e)s.

 

La chanson du collectif "Et demain ?" 


Pour réaliser ce clip, les personnels soignants du CHU ont repris la chanson du collectif "Et Demain?". La version originale a été enregistrée par un collectif de 300 personnalités au profit de la fondation Hopitaux de Paris-Hôpitaux de France. « Rapidement, je me suis dit qu’il fallait créer quelque-chose sur une chanson a la fois émouvante, criante de vérité mais qui donne aussi espoir. Les paroles de cette chanson nous ont touchés, explique l’infirmier, Nicolas Bariatti. S’aimer encore, danser encore. Il fallait garder espoir. »
 

« Il a fallu en arriver là pour nous rassembler. Prendre conscience de l'importance, de l'humanité. Ce combat c'est le monde entier qui doit le mener, Car y a pas de couleur ni de religion pour être confiner"

Collectif "Et Demain ?"


Au départ pourtant, la vidéo devait restée sur un groupe privé. Ce n’est que début juillet qu’elle est rendue publique. Ce 8 juillet, elle compte près de 4 000 vues. « J’étais sollicité par des collègues qui voulaient la rendre publique. On voulait tous garder un côté positif de cette tragédie" explique Nicolas Barietti.  De son coté, Pauline Poinsot souligne le lien tissé entre les soignants et les patients atteints du Covid-19. "L’idée de la publier c’était peut-être asussi pour rendre un hommage aux patients qui sont passés dans notre service et qui auraient pu se reconnatre dans les paroles. On pense aussi aux personnes décédées dans le services pour lesquelles on voulait laisser une trace."
 
La clip a été réalisé dans les ailes du CHU qui ne recevaient plus de patients, une fois la vague retombée. C'est pour cette raison que les soignants ne portent pas tous un masque. 

Depuis quelques semaines, le service des maladies infectieuses du CHU de Dijon ne compte plus de patients testés positifs au coronavirus. Pour les soignants, le clip a peut-être permis de tourner une page. Mais ils savent qu'il n'en ont sans doute pas fini avec l'épidémie. "On se remet peu à peu. On est assez fatigué. On craint surtout une deuxième vague" reconnait Nicolas Barietti.

"Et demain on fera quoi? On recommencera, l'homme est comme ça" dit la chanson. Au Chu de Dijon, les soignants veulent croirent que les hommes peuvent changer. 

 
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