Gilets jaunes : Jean-Philippe Morel, l’avocat de l’Arc de Triomphe

Le procès du saccage de l’Arc de Triomphe débute ce lundi 22 mars 2021 à Paris. L’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera l’association "Halte au pillage du patrimoine archéologique" (HAPPAH), l’une des parties civiles.

Jean-Philippe Morel, avocat dijonnais
Jean-Philippe Morel, avocat dijonnais © DR

Quel plus beau combat pour un avocat dijonnais que de défendre l'oeuvre du sculpteur François Rude !

Jean-Philippe Morel n’a pas hésité lorsqu’on lui a proposé d'être l’avocat de l’association "Halte au pillage du patrimoine archéologique" (HAPPAH) dans le procès du saccage de l’Arc de Triomphe. L’association s’est portée partie civile suite aux dégradations commises lors de l’Acte 3 des gilets jaunes le 1er décembre 2018. Parmi les victimes du courroux des manifestants : le moulage en plâtre de la statue de Marianne « le Génie de la patrie » de François Rude, retrouvée brisée. 

Le procès se tiendra du 22 au 27 mars 2021 devant le tribunal correctionnel de Paris.

Ce sera l’occasion pour l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel de retrouver d’anciens collègues, lui qui a exercé au barreau parisien de 1999 à 2004. A 47 ans, il n'est pas question pour l'avocat de faire "de ce procès, un procès politique, le procès des gilets jaunes".

La statue de Marianne par François Rude, vandalisée le 1er décembre 2018
La statue de Marianne par François Rude, vandalisée le 1er décembre 2018 © ETIENNE LAURENT/EFE/Newscom/MaxPPP

"Pour moi, c'est le procès de casseurs, pas celui des gilets jaunes" précise-t-il. Pour autant, les faits sont graves : s'attaquer au monument qui abrite la flamme du soldat inconnu en le taggant et briser les pièces qui s'y trouvent.

Ils n'ont pas choisi l'Arc de Triomphe au hasard : c'est un saccage emblématique, une profanation nationale.

Une réparation symbolique

L'avocat dijonnais a conscience qu'il aura face à lui une poignée de gilets jaunes en regard des 412 interpellations réalisées le 1er décembre 2018.

Après deux années d'enquête, seules 17 personnes sont finalement poursuivies soit devant le tribunal correctionnel, soit devant le tribunal de police. "La justice a pris son temps et l'instruction a été très précise. Entre les prélèvements ADN réalisés sur des morceaux d'objets brisés et les analyses des vidéosurveillance, on peut se dire que les gens qui sont poursuivis étaient bien là" conclut l'avocat.

Plusieurs chefs d'accusation ont été retenus : faits de pénétration ou maintien dans un immeuble classé, vols aggravés, recel de vol aggravé, dégradations aggravées ou participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. 

Ces images ont fait le tour du monde. Elles ont heurté les consciences.

Jean-Philippe Morel, avocat dijonnais

 

Saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018
Saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018 © Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

 

Comment trouver une peine juste lorsque l'on défend un bâtiment ? Un symbole national ?

"Il est nécessaire qu'il y ait une réparation mais, avec l'HAPPAH, nous demanderons plutôt quelque chose de l'ordre de l'euro symbolique."

Il a la confiance de l'association avec laquelle il a fait connaissance en 2013 au moment de l'affaire du Trésor de Laignes. A l'époque, 2000 deniers gaulois avaient été retrouvés par des pilleurs de trésors archéologiques. 

Un engagement républicain

Jean-Philippe Morel est avocat mais il est aussi conseiller municipal à la mairie de Dijon et vice-président de Dijon Métropole, délégué à la commission intercommunale de sécurité. Son parti : le parti radical est dit-il "le plus vieux parti de France, celui de Jean-Louis Borloo, de Edgar Faure et de Clémenceau".  

"C'est le parti radical qui a installé la république s'enflamme-t-il : la loi sur les association, la séparation de l'église et de l'Etat."

Saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018
Saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018 © Lucas BARIOULET / AFP

C'est vrai que, pendant ce procès, je vais être totalement en phase avec mes valeurs.

Jean-Philippe Morel, avocat dijonnais

Le procès sera aussi un formidable révélateur médiatique pour celui qui aime aussi écrire de petites chroniques judiciaires.

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