Parce qu’en magasin elle ne trouvait pas de vêtements adaptés aux mamans qui allaitent, Madeleine Petitjean a décidé de créer un sweat pratique et fabriqué en France. Les précommandes sur internet démarrent très fort.
Madeleine Petitjean vient d’avoir son troisième enfant. Elle a accouché d'une petite fille le 31 août ... et quatre jours plus tard, elle lançait une campagne de crowfunding sur la plateforme Ulule.
Objectif : récolter des fonds pour lancer un produit sur lequel elle travaille depuis plusieurs années : un sweat imaginé pour les mères qui allaitent. Le vêtement a été conçu avec une modiste : il comporte des fermetures éclairs invisibles de chaque côté de la poitrine, ce qui permet de le zipper et de le dézipper facilement pour allaiter en toute discrétion.
La jeune maman, qui a fait des études d’histoire et travaillé dans une agence de communication marketing, n’aurait jamais imaginé se lancer dans une pareille aventure.
L’idée lui est venue parce qu’elle n’avait rien trouvé pour s’habiller de manière pratique et stylée quand elle allaitait.
"Depuis quelques mois seulement, il y a quelques marques qui commencent à émerger sur le créneau de l’allaitement. Mais, je m’étais déjà rendu compte qu’il y avait une vraie demande, car il y a quand même 730 000 naissances par an en France. Des mamans qui allaitent, il y en a de plus en plus parce que cela revient à la mode, on veut plus de naturel. J’ai donc voulu participer à cet essor en proposant quelque chose qui colle à mes valeurs du "made in France" et du local autant que possible", dit Madeleine.
Cette mère de famille de 33 ans, originaire de la Région parisienne, est arrivée en Bourgogne par hasard pour le travail de son mari. C’est à Dijon qu’elle a conçu Lolopop, le sweat d’allaitement entièrement fabriqué en France.
Le tissage est fait à Moreuil dans la Somme, le patronage à Saint-Pardoux-de-Dronne en Dordogne, la confection et le marquage à Paris.
Pour le moment, trois coloris sont disponibles : écru, bleu et moutarde qui est "un clin d’œil à la région Bourgogne". D’autres couleurs seront proposées au fur et à mesure de l’avancée du projet.
La campagne de crowfunding a démarré sur les chapeaux de roue
En moins d’une semaine, l’objectif de récolter 10 000 euros a été atteint.
"Cela me permet de lancer une première production, qui correspond à environ 100 sweats commandés."
Désormais, Madeleine Petitjean vise une deuxième étape : atteindre les 150 préventes pour pouvoir proposer un quatrième coloris (corail) aux contributeurs. Ensuite, à partir de 300 préventes, il y aura un cinquième coloris disponible (vert sapin).
Les pré-commandes ont lieu jusqu’à mi-octobre, la mise en production aura lieu en novembre et les livraisons avant Noël.
Acheter "made in France", c'est plus cher mais ça crée de l'emploi
Seul bémol : le prix de ce sweat entièrement fabriqué en France n’est pas à la portée de tout le monde. Madeleine Petitjean le sait, "le prix de 89 euros va forcément décourager certaines femmes, car aujourd’hui on a une notion des prix qui est faussée. On achète facilement un sweat à 30 euros dans une grande enseigne, en ayant conscience ou pas qu’il est fait à l’autre bout du monde et qu’il implique des conséquences économiques, écologiques et sociales qui sont désastreuses pour l’humain et pour la planète."
Le pouvoir d’achat n’est pas extensible, donc chacun fait en fonction de ses moyens. Moi, j’ai choisi de proposer un sweat qui est fabriqué en France, qui rémunère correctement des salariés, qui crée de l’emploi et qui met en avant des savoir-faire. Malheureusement, ça a un coût et heureusement que ça a un coût, car ça nous permet de bénéficier d’un système social et de santé qui fonctionne.
L’objectif de l'entrepreneuse est d’augmenter progressivement les quantités fabriquées "pour essayer de tirer le plus possible les prix vers le bas et pouvoir m’adresser au plus grand nombre de mamans, en sachant bien que lorsqu’on fait du 100% made in France, on n’est pas au niveau des prix des pays de l’Est."
"Tout se passe bien et je croise les doigts pour que ça continue !"
En attendant, le projet de Madeleine Petitjean l’a amenée bien plus loin qu’elle aurait pensé.
"A force de réfléchir à la question, je me suis rendue compte que de nombreuses mamans avaient échoué dans leur projet d’allaitement, car elles étaient mal suivies. De nombreux professionnels de santé ne sont pas formés à l’allaitement, et on est obligé de se tourner vers des personnes dans le privé (des conseillères en lactation ou des accompagnantes péri-natales).
C’est pourquoi récemment je me suis reconvertie pour devenir accompagnante péri-natale. Je me suis formée et j’ai validé une première partie de mon diplôme. Si tout va bien, je devrais soutenir mon mémoire de fin de formation au mois d’octobre sur l’allaitement maternel."
Alors, bien sûr, les nuits de la mère de famille sont un peu compliquées en ce moment. Mais, "tout se passe bien et je croise les doigts pour que ça continue."