L'ordre des médecins de Bourgogne dénonce les agressions contre les professionnels de santé en pleine crise sanitaire

Depuis le début de la crise du covid, les médecins et personnels de santé constatent une augmentation des violences à leur encontre. Insultes, menaces ou même agressions physiques, ils demandent que cela cesse. Et encouragent leurs homologues à porter plainte systématiquement.

"C'est plus qu'un cri d'alerte, c'est une alarme extrêmement importante sur les comportements déviants de la société sur les professionnels de santé". Les mots de Jean-François Gerard-Varet, le Président du Conseil de l'ordre des médecins de Bourgogne-Franche-Comté, sont forts, choisis.

Avec ses homologues de l'union des professionnels de santé, ils dénoncent les agressions, verbales ou physiques, dont ils sont victimes de la part de certains patients.

"Une tension très nette est en train de monter"

"On a des remontées toutes les semaines d'énervements, d'agacements pouvant aller jusqu'à une gestuelle agressive que cela soit vis à vis des médecins ou de leur personnel, décrit Eric Blondet, de l'URPS Médecin libéral en Bourgogne-Franche-Comté. "Pour le moment sur la région, je n'ai pas de notion d'agression physique réelle mais on sent qu'il y a une tension très nette qui est en train de monter".

L'épidémie a exacerbé des tensions qui existaient déjà.

Une tension qui monte et des agressions qui se seraient intensifiées en même temps que la crise sanitaire perdure. "l'épidémie a exacerbé les tensions qui existaient déjà dans notre société, analyse Romain Thevenoud de SOS Médecins à Dijon. Le vivre-ensemble est de plus en plus compliqué. Tout le monde regarde l'autre avec défiance et on a de plus en plus de mal à communiquer." 

La question de la vaccination, sujet clivant ces derniers temps, est également évoquée dans un communiqué de presse publié conjointement par le conseil de l'ordre des médecins et l'union des médecins libéraux ce lundi 13 septembre. Les entités médicales "confirment que la vaccination permet d’atténuer de façon significative l’impact d’un rebond épidémique et d’éviter une saturation de nos capacités sanitaires."

Un "summun" atteint par un élu de la République 

Par la même occasion, elles dénoncent le "summum atteint" par le député Nicolas Dupont-Aignan. Le samedi 21 août dernier il avait dit : 

"le professeur Raoult a sauvé des vies en soignant précocement ses malades", et "les autres ont des milliers de morts sur la conscience en les confinant chez eux avec du Doliprane alors qu’ils se pavanent dans les médias". 

Le médecin Jérôme Marty avait annoncé porter plainte contre Nicolas Dupont-Aignan pour "propos diffamatoires".

Porter plainte de manière systématique

À en croire ces institutions, la situation est telle que des mesures fortes s'imposent. Jean-François Gerard-Varet détaille : "Malheureusement nous demandons que tout médecin qui est victime d'une agression qu'elle soit verbale, physique, sur internet ou les réseaux de porter plainte immédiatement. L'ordre des médecins appuiera la plainte".

Un médecin violemment agressé à Chenôve au mois de mai

En mai dernier, un médecin avait été agressé physiquement à Chenôve alors qu'il se rendait en consultation. Un homme l'avait violement frappé, entrainant dix jours d'interruption de temps de travail.

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