INTERVIEW. "Je ne vais pas mentir pour faire plaisir !" : Cyril Gaucher répond à la polémique sur son voyage en Russie

Accusé de cautionner le régime de Vladimir Poutine suite à son voyage en Russie, en passe d'être démis de ses fonctions d'adjoint à Talant (Côte-d'Or) et exclu des Républicains, Cyril Gaucher répond aux critiques.

Il est dans l'oeil du cyclone. De retour de Russie, où il est intervenu en tant qu'"observateur international" de l'élection présidentielle et a vanté le bon déroulement du scrutin, Cyril Gaucher est critiqué de toutes parts en France. L'élu municipal de Talant (Côte-d'Or) est en passe d'être démis de ses fonctions d'adjoint et exclu de son parti, Les Républicains.

Il répond aux questions de France 3 Bourgogne

Le maire de Talant, Fabian Ruinet, vous a retiré votre délégation d'adjoint. Comment accueillez-vous la décision ?

Cyril Gaucher : "Je sors de la mairie de Talant, je me demande si je ne sors pas du quai d'Orsay ! Parce que le maire de Talant s'est un peu pris pour le ministre des Affaires étrangères. C'est toujours quelque chose de très glissant, que de vouloir utiliser des dossiers internationaux en matière municipale".

Comprenez-vous la polémique ?

C.G : "Sincèrement, je suis surpris. Dans le cadre d'une élection présidentielle comme celle qui a eu lieu en Russie, des Etats peuvent nommer des observateurs internationaux. J'avais par exemple dans ma délégation des diplomates, des ambassadeurs, des parlementaires qui étaient là au nom de leur pays. Et puis il y a pour les pays qui ont choisi de ne pas être partie prenante dans l'accompagnement du scrutin russe, des personnes qui sont des experts internationaux, indépendants, qui ne sont pas mandatés, et qui peuvent faire l'objet d'une invitation. Invitation que pour ma part j'ai acceptée. C'était une mission qui n'était que technique, c'est-à-dire observer un scrutin, nonobstant tous les autres aspects de la Russie". 

Avez-vous prévenu de votre déplacement en Russie ? 

C.G : "Le maire de Talant savait que j'allais en Russie. Mais il savait également que j'y allais pour assister aux opérations de votes en tant qu'expert. Cette incohérence de sa part me déçoit énormément. Je ne pensais pas qu'il y aurait une telle volte-face, j'imagine à la suite des réactions auxquelles il a dû faire face. Mais rien ne saurait justifier ça".

Par qui avez-vous été invité ?


C.G : "Je ne suis pas allé en Russie pour la mairie de Talant ou la métropole dijonnaise, j'y suis allé en tant qu'observateur indépendant. Dans ces circonstances, ce sont en général des associations d'amitié entre deux pays qui permettent d'avoir un ficher de personnes qui peuvent être contactées. Sur des critères comme, par exemple, maîtriser la langue russe, connaître un peu la ville de Moscou, les processus... C'est une association d'amitié franco-russe qui m'a sollicité.

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Vos propos sur le plateau de Russia Today ont pu surprendre, voire choquer.

C.G :  "Mes propos ont été très circonstanciés. Je ne suis revenu que sur les opérations de vote. Et je ne vais me mettre à mentir pour faire plaisir à ceux qui aimeraient qu'on invente des histoires ! L'une des différences importantes entre la Russie et d'autres pays occidentaux, c'est ce qu'on appelle "l'unanimisme" : l'appréhension qu'a le peuple russe de ses leaders. Les Russes vont se concentrer sur un candidat s'ils considèrent que leur niveau de vie a plutôt augmenté. Il y a moins cette culture de la contradiction, même si c'est un peuple qui a fait plusieurs révolutions. Moi, je me suis limité à dire que dans les opérations de vote que j'ai constatées, nous n'avons pas du tout noté de malversations ou d'éléments qui pouvaient laisser penser qu'il y a eu des bourrages d'urnes. J'ai même demandé à visiter d'autres bureaux de votes que ce qui était initialement prévu. Je n'ai pas senti de tension ou de pressions particulières, et c'est un sentiment unanime de la part des observateurs. On voudrait que je fasse amende honorable et que je m'excuse ? Je serais tout à fait malhonnête."

Vous ne vous êtes pas senti instrumentalisé par le régime russe ?

C. G : "Je ne suis pas le client idéal. Ceux qui me connaissent savent que je suis opiniâtre. Et pour maîtriser un peu la langue russe, j'étais l'un des plus enclins à pouvoir discuter avec les électeurs, à l'extérieur du bureau de vote, à sonder les coeurs et les reins". 

Comment voyez-vous la suite ?

C.G : "C'est un moment difficile. Je ne démissionnerai pas. Je n'exclus pas des poursuites, car il y a eu des propos erronnés et diffamatoires à mon égard. Mais la politique ne m'abandonnera pas et je ne la laissera pas tomber non plus. Je serai probablement exclu des Républicains, mais cela ne changera rien au fait que je reste un gaulliste. Ce sont d'ailleurs ces valeurs là qui m'ont conduit à aller en Russie". 

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