L'hirondelle est-elle en voie de disparition en Bourgogne-Franche-Comté ?

Avec le printemps, les hirondelles sont de retour dans notre région, mais elles sont de moins en moins nombreuses chaque année en Bourgogne Franche-Comté. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) constate une baisse inquiétante des effectifs.

Une hirondelle ne fait pas le printemps ! L'hiver terminé, elles font leur retour en Bourgogne-Franche-Comté, seulement, les Bourguignons risquent de ne pas en apercevoir autant que ces dernières années. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) de la région s'inquiète du déclin des population d'hirondelles. Alors, les hirondelles sont-elles en voie d'extinction dans notre région ?

Plusieurs espèces d'hirondelles en Bourgogne

Dans la région, on retrouve principalement deux espèces. L'hirondelle de fenêtre est très présente dans les villes. Noire et blanche, elle niche sous les toits, les balcons et donc aussi, comme son nom l'indique, les fenêtres. 

L'hirondelle rustique, elle, privilégie les zones rurales. Avec sa queue fourchue et sa gorge rouge brique, elle s'installe dans les granges, les étables et les garages. Plus rare, on trouve aussi des hirondelles de rivage et de rochers dans la région. 

Les hirondelles de rocher sont plus rares. Vous pouvez les retrouver en Franche Comté près des falaises ou dans les habitations à haute altitude. Même son de cloche pour l'hirondelle de rivage, qui vit près des cours d'eau.

Une baisse d'effectifs alarmante

En France, les populations d'hirondelles de fenêtre et rustique ont chuté de 30 % à 40 % en trente ans. Entre 2007 et 2018, la LPO constate un déclin majeur de 18 % des hirondelles de fenêtre en Franche-Comté et près de 40 % à Dijon entre 1962 et 2013.

Entre 2002 et 2019, les chiffres sont tout aussi alarmants pour l'hirondelle rustique qui accuse une baisse d'effectifs de 42 % dans la région dont 25 % en Côte-d'Or.

Pourquoi un tel déclin ?

Selon la LPO, les raisons sont multiples : "l'agriculture intensive et l'utilisation de pesticides éradiquent les insectes, principal régime alimentaire des hirondelles", explique Matthieu Robert chargé d'études de la LPO. L'artificialisation croissante des sols rend la boue rare, alors que c'est une matière essentielle à la construction du nid des hirondelles. 

"Les structures modernes des bâtiments empêchent également la fixation des nids. En campagne, le difficile accès aux garages et granges, qui constituent les lieux de nidification, joue dans son déclin", détaille-t-il. Il se peut également que les mauvaises conditions météorologiques affaiblissent les oiseaux lors de leur long trajet.

L'Homme, principal responsable de sa raréfaction

"L'humain reste l'une des causes majeures du déclin de ces oiseaux par la destruction volontaire des nids, que ce soit les professionnels ou particuliers", ajoute la LPO. Un acte interdit et puni par la loi. Ces espèces sont protégées et la destruction de leur habitat, même l'hiver, est passible de trois ans d'emprisonnement et jusqu'à 150 000 euros d'amende selon le Code de l'environnement.

Comment y remédier ? 

Si vous prévoyez des travaux chez vous mais qu'une famille d'hirondelle niche chez vous, il faut alors contacter la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL). "Des solutions peuvent être trouvées, comme la mise en place de nichoirs", précise la LPO.

Si la cohabitation est difficile et cause des salissures sur la façade, notamment à cause des excréments, il est possible de poser des planches anti-fientes pour éviter tout désagrément.