Économie : les crises successives ont savonné la planche aux cosmétiques Druydès

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Écrit par Maryline Barate .

Comme d’autres PME, la société de cosmétiques solides Druydès, basée à Longvic, est en difficulté. Elle a été placée en redressement judiciaire en novembre dernier.

« On faisait tout de A à Z. On formulait, on fabriquait, on emballait et on expédiait », déplore Fanny Chevillot-Preney. Son labo flambant neuf de Longvic, inauguré en juin 2020 en pleine tempête Covid, est désormais vide. La fabrication a cessé sur le site.

La gérante de Druydès regrette le temps où le marché des cosmétiques surfait non seulement sur le bio mais aussi sur la tendance du vrac et des produits solides (savons, shampooings) sans contenants plastiques.

La chute des ventes a été vertigineuse et très rapide

Fanny Chevillot-Preney, dirigeante de Druydès

Cette PME a été placée en redressement judiciaire début novembre 2022. Parmi les raisons de cette défaillance, Fanny Chevillot-Preney pointe le fait d'avoir perdu près la moitié de ses revendeurs en France. « Ils ont fermé les uns après les autres. La chute des ventes a été vertigineuse et très rapide. Les coûts de certaines matières premières, qui ont doublé voire triplé, et la hausse de coût du transport ont fini de nous achever », ajoute-t-elle.

Comment rebondir ?

Fanny Chevillot-Preney espère faire de ce redressement judiciaire une chance. Pendant un an, le tribunal de commerce gèle les créances de l’entreprise, les emprunts notamment. Cela redonne des marges de manœuvres et de la trésorerie.

« L’objectif est de poursuivre l’aventure de nos marques et de rebondir », exhorte la cheffe d'entreprise qui espère pourvoir compter sur « ses clients fidèles ».

Elle a décidé de faire fabriquer ses produits par un laboratoire cosmétique des Côtes-d'Armor et de sous-traiter l'expédition par une plateforme logistique de Côte-d'Or. « Cela permet de mutualiser les coûts de production avec d’autres entreprises », analyse la gérante de Druydès.

Explosion du nombre d'entreprises en défaillance

La société Dryudès est loin d’être un cas isolé. Le cabinet d’études économiques Antarès publiait ce mardi son rapport annuel. Il en ressort que la France a compté 42 500 entreprises en défaillance en 2022. Elles ont été placées en sauvegarde ou en redressement judiciaire ou, dans une plus grande proportion encore, elles ont été directement liquidées.

Par rapport à l’an dernier, le nombre de défaillances a bondi de 50%. Les TPE et les PME sont les plus touchées.

Les experts avancent plusieurs raisons à ce tableau économique inquiétant. Les entreprises ont subi de plein fouet la fin des aides gouvernementales instaurées pendant la crise du Covid. Elle subissent également l’inflation et un niveau de consommation des ménages en baisse.

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