"On est bien, en vacances… On oublie", chez les plus jeunes, le port du masque n'est pas la priorité

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Les jeunes sont de plus en plus touchés par le coronavirus. S’ils ne présentent, le plus souvent, pas de forme grave, les consultations chez les médecins pour suspicion de Covid-19 ont bondi de près de 60 % en Bourgogne Franche-Comté. En cause, le non respect des gestes barrières.

 

Ils sont une dizaine autour de la piscine. Au camping du lac de Panthier en Côte d’Or, un groupe d’amis originaires de Haute-Saône est venu passer ses vacances. Ils ont une vingtaine d’année. Après 5 jours sur place, aucun ne porte le masque.

« On a fait ce qu’on pouvait mais c’est compliqué, explique Céline, 19 ans. On est tous ensemble toute la journée. On fait ce qu’on peut mais ce n’est pas trop possible ». « Pour aller à la piscine, se baigner, mettre les masques et tout ça, c’est pas le top. Et quand il fait chaud, les masques, on en a vite marre » ajoute Guillaume. A midi, à huit autour de la table de pic-nic, pas facile de respecter les distances. « On est tout le temps ensemble donc on ne respecte pas forcément. Après, avec les autres, on essaie de respecter les distances, mettre le masque quand on croise les gens » précise Claudia.
 

Vacances, j'oublie le masque

A leur arrivée, ce groupe avait pourtant pris ses précautions. Chacun sa tente individuelle, des masques, du gel hydroalcoolique et le respect des consignes.

« Lundi quand on est arrivé, on avait tout le temps notre masque, rappelle Céline. Mais à côté de nous personne ne l'a. On voit que les autres ne font pas attention. Alors on ne le met plus. » Selon la jeune femme, un rappel régulier des consignes pourrait être nécessaire. Quitte à paraitre un peu scolaire « On ne nous le rappelle même pas. Les gens du camping ne nous disent pas mettez un masque avant de sortir ou pour aller dans les endroits clos donc finalement… On n’y pense plus »

Ont-ils conscience du risque ? « On n'y pense pas trop en fait. Là on rigole, on est bien, on est en vacances quoi… On oublie » confie Céline. « S’il faut le chopper, on le choppera » sourit presque Guillaume en parlant du coronavirus. Et le risque pour leur famille ? « Oui, peut-être » reconnait Guillaume moins souriant. « Mais chez nous, on va se réhabituer à porter le masque !» promet Claudia.
 

Les nouveaux cas s'envollent chez les 20-35 ans

Selon les derniers chiffres publiés par Santé Publique France le jeudi 13 août, c'est bien chez les plus jeunes que le virus accélère sa progression. Les 25-49 sont les plus concernés avec une hausse du nombre de cas de 55 % en une semaine. Viennent ensuite les 30-34 ans et les 20-24. 

La semaine précédente déjà, le nombre de nouveaux cas chez les 15-44 ans était en forte hausse de plus de 45 %. A l'inverse, elle n'était que de +20% chez les plus de 40 ans et de seulement +5% chez les plus de 65 ans. C'est donc bien via les classes d'âge les plus jeunes que le virus circule davantage. Mais selon les derniers chiffres communiqués par l'agence régionale de santé, le nombre de cas positifs augmente désormais aussi chez les seniors. 

 

A l'échelle de la Bourgogne Franche-Comté, depuis 2 semaines, on note également "une forte hausse du taux de contamination chez les jeunes". Les 15-44 ans représentent près de 60 % des consultations de ville pour suspicion de coronavirus et 30% des consultations aux urgences. Alain Morin est directeur de la santé publique à l'ARS Bourgogne Franche-Comté. "On a un taux d’insidence des tests positifs chez les jeunes qui remonte beaucoup plus fortement que pour la population générale. C’est à la fois une inquiétude sur l’état de santé des jeunes - même si l' on sait qu’ils font des formes souvent moins graves de la maladie- mais la problématique est aussi d’éviter qu’ils contaminent des personnes vulnérables, des grands parents ou des membres de la famille qui sont personnes à risque. Parfois sans le savoir en ayant des formes assymptomatique ou peu symptomatique." 
 

Réussir à parler aux jeunes

Si, selon Alain Morin, pour l'instant "on ne peut pas parler de problème", il reconnait que ces chiffres vont dans le mauvais sens. "Ce sont des chiffres inquiétants qui peuvent entrainer, s’ils ne sont pas maitrisés un rebond de l’épidémie."

Néanmoins, les autorités sanitaires veulent éviter les messages autoritaires jugés peu efficaces. Pour faire oeuvre de pédagogie, elles passent même parfois par le biais d'infuenceurs sur les réseaux sociaux pour toucher les jeunes, souvent assez imperméables aux campagnes de prévention télévisées. En Pays de la Loire, le message passe ainsi sur le reseau TikTok, très suivi par les plus jeunes, grace à une influenceuse suivie par 135 000 personnes. 
 

Le reportage à Panthier et Dijon de Valentin Chatelier et Anthony Borlot