Sécheresse : les inquiétudes des professionnels du tourisme fluvial en Côte-d'Or

Tandis que les premiers bateaux s'élancent sur les canaux de la Saône, le risque de sécheresse suscite quelques inquiétudes parmi les professionnels du tourisme fluvial.

Après trente ans à sillonner la France à bord de leur bateau, Jean-Luc et Nadège se sont décidés à fermer ce chapitre de leur vie. "Il faut savoir s'arrêter avant que la santé ne vous rattrape, raconte le retraité. Et puis, ça fait deux ans qu'on a des problèmes de navigation... Il ne faut pas se voiler la face."

La période estivale était autrefois la belle saison, elle est désormais celle des incertitudes. "On voulait faire les Vosges et on nous a dit que c'était pas la peine, qu’on serait bloqué parce que le canal est fermé." De même, lors d'un voyage à Besançon : "Impossible de rentrer dans le port à cause du manque d’eau", résume Jean-Luc.

Déjà pour partie fermés l'an dernier, durant la terrible sécheresse qui avait frappé la France, certains canaux pourraient de nouveau faire l'objet d'interdictions de naviguer.

Des sécheresses à répétition

"Sur la Saône, on ne devrait pas avoir de problèmes pour naviguer parce que nous avons des ouvrages pour retenir l’eau dans les rivières, prédit Cécile Avezard, directrice territoriale Rhône-Saône des Voies navigables de France (VNF). En revanche, sur les canaux du Centre et celui de Bourgogne, il est possible que nous n’ayons pas les réserves nécessaires pour naviguer."

La sécheresse hivernale n'a pas permis aux réserves de se reconstituer par endroit. Le niveau des eaux du canal du Centre est réduit de 40 cm cette année.

Des épisodes climatiques qui se répétent : "A terme, on sera peut-être amené à fermer les canaux à la navigation plus longtemps, redoute Cécile Avezard. Mais il faut bien admettre que les canaux sont une réserve d’eau pour d’autres usages qui sont prioritaires par rapport à la navigation."

Et, déjà, la question de l'usage de l'eau se révèle source de potentiels conflits. En période de sécheresse, l'agriculture prévaut sur les autres activités économiques. Au point de susciter quelques crispations chez les professionnels du tourisme fluvial : "Il y a un juste milieu à trouver, parce qu’il faut de l’agriculture, évidement, mais il faut du tourisme. C’est aussi notre force en France", affirme Max Gérard, gérant de H20, à la tête du port de plaisance de Saint-Jean-de-Losne. 

Des records de fréquentations

"Il va falloir s’adapter, c’est certain", commente Cécile Avezard. "Nous allons engager des travaux pour augmenter nos capacités de stockages en eau, mais il faut aussi que nous soyons plus efficaces dans l’usage que nous faisons de l’eau prélevée dans nos canaux." 

Si les professionnels du secteur s'inquiètent, les effets du changement climatique n'entament pas l'enthousiasme des passionnés du tourisme fluvial, qui a battu des records de fréquentation en 2022, malgré la sécheresse.

L'été qui arrive s'annonce là encore profitable pour le secteur, selon Max Gérard : "Il y a même des Américains et des Australiens qui reviennent maintenant que le Covid est passé."

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