Côte-d'Or : il veut réhabiliter la mémoire de son arrière-grand-père, condamné pour collaboration

En retrouvant des archives familiales, l'arrière-petit-fils d'un habitant de Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) pense avoir découvert qu'un de ses ancêtres a été à tort condamné pour collaboration après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, il travaille à sa réhabilitation.

À la mort de sa grand-mère, Thierry Floret a récolté des dizaines de documents.
Ils lui sont remis car cet habitant de Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) a entrepris un travail pour retracer la généalogie de la famille.

Tous ces documents concernent son arrière-grand-père, André, condamné pour collaboration avec l'ennemi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais en les parcourant, Thierry découvre une toute autre histoire.

Dans ses mains, des témoignages de Semurois qui attestent qu'André Floret aurait aidé le maquis Bourgogne, soutenu et participé à des actes de résistance. Un écrit signé par exemple du maire de l'époque indique ceci : "Je soussigné Robert Morlevat, certifie que le 19 septembre 1943, lors de l'affaire d'Allerey, Monsieur Fleuret est allé sur ma demande prévenir Monsieur Henri Camp du groupe Bourgogne, qu'un train spécial d'Allemands était annoncé pour la nuit. Cet avertissement a permis aux Résistants de se sauver et de sauver tout leur matériel avant l'arrivée des Allemands le lendemain matin."

À la Libération, André Floret écopera pourtant de six mois d'emprisonnement. Un traitement injuste pour Thierry. "Quand j'ai eu tout ça, ça m'a touché parce que je n'étais pas au courant de tout ça. En découvrant toutes ces archives, j'ai eu envie d'en quelque sorte le réhabiliter."

Thierry cherche donc à retracer la vie de son aïeul. L'un des passages obligés de son parcours, c'est le commerce qu'a tenu André durant près de trente ans, rue Buffon à Semur-en-Auxois. "'Mes arrière-grands-parents habitaient au-dessus dans les appartements. Les Allemands venaient de temps en temps pour contrôler les comptes de ravitaillement de la ville", détaille Thierry Floret. Sur le côté de la boutique il y a aujourd'hui une petite vitrine. "Elle n'existait pas à l'époque pendant la guerre. C'était muré. Il y avait un petit passage. Et mon arrière-grand-père y cachait des armes pour la Résistance."

À côté de Semur, à Massène, il y avait un camp de prisonniers. Des soldats français y étaient détenus dans des baraquements. Dans ses archives familiales, Thierry possède des documents qui témoigneraient de la participation de son arrière-grand-père à des évasions ou au passage clandestin de nourriture pour les prisonniers. "Pour moi, la ville de Semur a retenu cette histoire de collaboration, mais n'a pas retenu toutes les belles choses que mon arrière-grand-père a fait pour la population et pour les prisonniers. D'où mes recherches et mon envie qu'il puisse un jour obtenir une reconnaissance de la ville".

Pour y parvenir, Thierry doit désormais formaliser sa demande à la mairie et y déposer ses documents. Les services municipaux statueront après les vérifications d'usage.

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