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Côte-d'Or : la difficile conversion au bio d'éleveurs laitiers

Le GAEC du Creux Bleu en Côte-d'Or compte 65 vaches de race Simmental. / © Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne
Le GAEC du Creux Bleu en Côte-d'Or compte 65 vaches de race Simmental. / © Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne

Les conversions en bio sont en progression constante en Bourgogne, avec toutefois des disparités selon les secteurs. Si beaucoup de conversions concernent la viticulture, elles sont bien moins fréquentes dans l'élevage laitier, par exemple.

Par M. F.

Le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) du Creux Bleu à Villecomte en Côte-d'Or s'est converti au bio en 2010. Ce choix, Philippe et Christophe Daniel ne le regrettent pas une seconde, mais il a fallu changer beaucoup de choses, aussi bien pour les 65 vaches laitières de race Simmental que pour les 50 hectares de prairies de l'exploitation.

"Le gros problème pour nous, c'était de reconstituer la flore des prairies en remettant des graminées qui vont nous apporter de l'azote. On n'a pas le droit d'amener d'azote de synthèse, mais on en a aussi besoin en bio. Il nous faut amener de l'azote d'autres façons", détaille Philippe.

"On a quand même le droit de soigner nos animaux de manière très restrictive, y compris avec des antibiotiques. C'est critiqué dans certains cas, mais on ne se voyait pas ne pas soigner nos animaux s'ils étaient malades. Par contre, on ne peut pas du tout se permettre de faire de traitement systématique."

 
Côte-d'Or : la difficile conversion au bio d'éleveurs laitiers
Les conversions en bio sont en progression constante en Bourgogne, avec toutefois des disparités selon les secteurs. Si beaucoup de conversions concernent la viticulture, elles sont bien moins fréquentes dans l'élevage laitier, par exemple. - France 3 Bourgogne - Michel Gillot, Damien Rabeisen, Chantal Gavignet

"L'idée est aussi de trouver d'autres solutions, de partir plus sur des compléments alimentaires aux plantes pour renforcer l'immunité des bêtes, complète Christophe. Essayer d'acquérir une bonne santé des bêtes sans utiliser les produits chimiques."
 

Des aides vitales

Passer en bio, c'est aussi un choix économique. Moins d'intrants, moins de médicaments et un prix au litre supérieur en moyenne de 10 centimes par rapport au lait conventionnel, cela veut dire à terme un meilleur revenu.

Mais la période de conversion est délicate et nécessite des investissements. Les aides à la bio sont donc vitales, mais elles se font beaucoup attendre. Philippe donne un exemple : "On vient encore d'avoir un ajustement des aides de 2016, en mars 2019. On est complètement perdus parce que c'est le 19e relevé sur les aides de 2016 que j'ai sur mon exploitation."

En Bourgogne, la conversion des élevages laitiers en bio fait du sur place. La défaillance dans le versement des aides est parfois dissuasive, d'autant que quelques fermes en conversion ont même dû cesser leur activité, à cause des retards de versements.
 

L'agriculture bio en chiffres

L'agriculture bio représente 130 000 hectares en Bourgogne-Franche-Comté, dont 48 000 en cours de conversion. Cela place notre région au cinquième rang des régions françaises.

On recense aujourd'hui plus de 2 000 fermes bio dans la région, cela représente 7% des exploitations de Bourgogne-Franche-Comté. C'est la polyculture et l'élevage qui progressent le plus en terme de conversion. Viennent ensuite les grandes cultures, le maraîchage et la viticulture.

Si cette dynamique de conversion s'observe dans tous les départements, elle ne se fait pas partout à la même vitesse. Le nombre d'exploitations bio augmente par exemple plus vite dans des départements comme la Haute-Saône ou le Territoire de Belfort.

Mais la Côte-d'Or reste, et de loin, le département qui compte le plus d'exploitations bio. Cela s'explique principalement par le grand nombre de domaines viticoles qui sont passés au bio.
 

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