"On n'a pas l'habitude de nous dire ce qu'il faut faire" les Hollandais du Morvan décryptent les émeutes aux Pays-Bas

Ils sont plusieurs centaines de Néerlandais installés dans le Morvan. Depuis samedi 23 janvier aux Pays-Bas, leur pays est confronté à plusieurs nuits d'émeutes après l'instauration du couvre-feu pour limiter la propagation de la Covid-19.

Des officiers de police néerlandais patrouillent les rues de Rotterdam (Pays-Bas), durant le couvre-feu, le 26 Janvier 2021. Un jour après les affrontements entre des groupes de manifestants contre les nouvelles mesures pour réduire la propagation du Covid-19.
Des officiers de police néerlandais patrouillent les rues de Rotterdam (Pays-Bas), durant le couvre-feu, le 26 Janvier 2021. Un jour après les affrontements entre des groupes de manifestants contre les nouvelles mesures pour réduire la propagation du Covid-19. © STR / ANP / AFP

On estime qu'il y a environ entre 2000 à 2500 Néerlandais installés dans le Morvan. Installés pour certains en villégiature, à la recherche d'espace et de nature, d'autres s'implantent en France en devenant des acteurs économiques et sociaux. C'est le cas de Lonneke Grobben. Avec son mari Maarten, ils ont créé un centre de formation linguistique pour les professions médicales, à Saint-Honoré-les-Bains dans la Nièvre. 

"Culturellement, on n'a pas l'habitude de nous dire ce qu'il faut faire"

La première réaction de Lonneke, c'est avant tout l'émotion et la déception face aux émeutes qui se sont déroulées à Amsterdam et Rotterdam depuis 4 nuits. Elle désapprouve les agressions mais analyse la réaction des néerlandais : il existe en effet une différence culturelle entre les Néerlandais et les Français : "Aux Pays-Bas, on a envie de vivre libres, on n'aime pas quand on nous dicte les choses, on n'a pas l'habitude de nous dire ce qu'il faut faire !"

Le durcissement des règles sanitaires en question

Lonneke explique comment les règles sanitaires ont été dictées au peuple Néerlandais : "jusqu'ici on était à la cool !" Le pays fait partie de ceux, qui au printemps dernier, se sont contentés de s'en remettre au sens des responsabilités et à l'auto-discipline de sa population. Le Gouvernement Néerlandais avait alors dit ne pas vouloir "infantiliser" en la confinant ou en l'obligeant à porter le masque.

Le fait de rendre un couvre-feu plus strict a été mal accueilli, selon elle : "De retour aux Pays-Bas cet été, j'ai vu les gens porter le masque, faire des files d'attente devant les magasins, respecter les consignes sans problème !
Le fait d'imposer un couvre-feu de 21 heures à 4 heures et demie c'est rien du tout ! Mais je perçois le sentiment là-bas : vous nous prenez pour des enfants, faites-nous confiance !"

Le regard d'une expatriée installée en France

Lonneke est installée en France depuis 11 ans, c'est un recul qui lui permet de porter un regard différent sur ses compatriotes : "Aux Pays-Bas, c'est une culture qui donne de la responsabilité, dès le plus jeune âge, à l'école. Les Français apparaissent comme un peuple plus obéissant, mais contestataire. Nous, on a moins cela, on est beaucoup moins conscients de notre histoire, cela autorise peut-être les néerlandais à vivre de façon plus individualiste."
Concernant les récentes émeutes aux Pays-Bas, Lonneke y voit un rapport avec la crise sanitaire : "Là-bas aussi, ils trouvent que la campagne de vaccination ne se passe pas assez bien, pas assez rapidement. Mes copines sont préoccupées par cela, elles ne sont pas à l'aise !"

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
pays-bas international faits divers covid-19 santé société